OBSERVATION VIII
rumeur érectile de la lèvre inférieure et de la joue gauche. — Injectiom de perchlorure de fer après hémostase préalable au moyen des pinces. ; — tiuénson.
Mademoiselle Fi... est atteinte depuis son enfance d'une tumeur érectile artérioso-veineuse occupant la lèvre inférieure dans sa totalité, la face interne de la joue gau(*lie, et la moitié antérieure de la langue et du plancher de la bouche.
La tumeur de la lèvre était assez volumineuse pour retomber en avant jusque sur le menton (fig. 9); la diiïormité et les inconvénients qui en résultaient décidèrent la malade à venir à Paris chercher la guérison de nette infirmité (mai iSlU).
M. Péan pensa qu'à l'aide des pinces hémostatiques spéciales qu'il venait de faire construire, il pouvait be mettre assex sûrement à l'abri
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mors étanlplacéà la Tare muqueuse el l'autre à la face cutanée de la lèvre afin d'empêcher complékment l'arrivée du sang dans In tumeur. M. Péan injecta ensuite au centre de la masse morbide sur trois points opposés quelques gouttes de percfalorure de fer à 30 degrés. Les pinces restèrent en place pendant dix à quinze minutes ju.squ'à la formation des caillots chimiques qui transformiVcnt la tumeur en une masse dure et irréductible. Le soir même une inflammation violente se déclara, sur quelques pointset particulièremeiilau niveau des piqûres où seformèi-ent de |)etites
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eschares dont on favorisa l'élimination. La suppuration s'tHablit et, le sang cessant d'affluer dans la tumeur, celle-ci ne tarda pas à s atrophier et à se flétrir, de sorte qu'au bout de deux mois la lèvre avait pivsqiie complètement repris sa forme et ses dimensions normales.
La malade qui était retournée chez elle revint il y a environ trois mois se faire op^^rer de la masse érectile qu'elle portait à la joue gauche. Cette secx>nde portion de la tumeur fut traitée également avec succès par les mêmes movens et à laide des mêmes instruments. Aucune hémorrhagie primitive, ni consécutive, ne survint.
M. Péan se propose d attaquer prochainement par la même méthode la masse spongieuse qui occupe encore la langue et le plancher de la bouche.
Comme on le voit, les petites pinces hémostatiques ordinaires eiLSsent été dans ce cas insuffisantes, et c est grâce aux instruments perfectionnés dont il s'est servi, que iM. Péan a pu mener à bonne fin une opération que plusieurs chirurgiens avaient refusé de pratiquer, pensant avec raison que l'affection dont il s'agissait élail au-dessus des méthodes de traitement généralement usitées.
N'ayant pas la prétention de décrire ici toutes les opérations dans lesquelles les pinces pourront être applicjuées à Thémostase préventive, nous nous contenterons des faits qui précèdent, laissant à chacun de nos lecteurs le soin de compléter ce chapitre, suivant les exigences de sa pratique.