‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 3)Chapitre 282 sur 283 · OBSERVATION XXVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVII

(^arfnnome de la partie inférieure du rectum et de la cloison recto-vaginale, — Extirpation avec Vécraseur linéaire et le galvano-cautère. — Quatorze pinces hémostatiques sont laissées dans la plaie, — GuéiHsmu

Klisa ï^.., cinquanle-(|uatre ans, entre à rhôpital Saint-Louis le 6 juin 187/i.

C(4te malade se plaint d'une tumeur au fondement qui aurait débuté depuis un an ou quinze mois. Depuis six mois elle accuse des pertes de sang par lanus qui durent plusieurs jours de suite. Il n'y a pas de constipation et les selles ne provoquent pas de douleurs. Pas d'écoulement v<iginal. Pas de douleurs dans les reins, ni dans le bas-ventre. La miction s'accomplit normalement. La malade manp:e et digère bien quoiqu'elle ait U*aucoup maigri depuis six semaines.

En l'examinant on constate que la vulve se prolonge presque jus(|u'à l'anus. Celui-ci est obstrué pardes saillies mamelonnées de la grosseur du |K)Uce. La peau de cette région est indurée, violacée, et présente plusieurs petits noyaux cancéreux durs, perforés à leur centre, d'où s'écx)ule du pus.

Le doigt introduit dans le rectum sent une tumeur bosselée, inégale, qui en an'ière dépasse à peine le sphincter, mais en avant remonte assez haut pour que sa limite ne puisse guère être franchie par l'extrémité dû doigt. Par le toucher vaginal on reconnaît que toute la paroi postérieure de ce canal est le siège de la même dégénérescence. L'utérus, les culs-desac et les autres parties du vagin ont conservé leur souplesse normale et paraissent.ftarfailement sains.

I^s ganglions inguinaux sont légèrement engorgés et douloureux.

L'extirpation de toutes les parties malades fut pmtiquée le 13 juin 1874 par M. Péan. La dissection fut portée au delà des limites du mal avec le couteau galvano-caustique et les lambeaux ainsi formés sectionnés avec l'écraseur linéaire. iMalgré la lenteur avec laquelle furent maniés ces instruments, il fallut à plusieurs reprises réprimer quelques jets de sang fournis par les artères hémorrhoïdales, ce qui fut facilement ol)l(»nu au moyen des pinces hémostatiques. Tous les points saignants de la surface de la plaie furent comprimés avec ces instruments, de façon à ménager le plus possible les forces de la malade. Quatorze pinces furent ainsi laissées en place avec des éponges, au milieu du vaste infundibulum ({ui résulta de l'opération. Le tout fut maintenu par un bandage en T. Il n'y eut pas d'hémorrhagie dans la journée, ni les jours suivants. Eponges et pinc4's furent retirées ensemble le lendemain matin. Des injections

54 DE I.A FOKCIPRESSL'KE.

lurent pratiquées avec douceur malin et soir dans la plaie dont la cicatrisation marcha rapidement, puisqu'un mois et demi après la malade quittait l'hùpilal (le 2'\ juillet). Xous l'avons revue au bout de deux mois, à la fin de septembre, dans un état très-satisfaisant.

VU. — Opérations sur i.ks organes (îénitaux. — Castrations.

On sait qu'une grande divergence d'opinions règne parmi les chirurgiens sur la manière de pratiquer la section du cordon sperraaiique dans l'opération de la castration, les uns voulant qu'on lie le cordon en masse, les autres qu'on jette un fil sur chaque vaisseau séparément après la section. Quelques chirurgiens appliquent même l'écrasement linéaire à celte opérjition, et ne font pas de ligatures.

Le procédé employé par M. Péan dans les deux observations qui suivent est d'une grande simplicité, et n'expose pas, comme les autres, à voir le cordon remonter dans le canal inguinal, et y donner lieu à une hémorrhagie fort difficile à réprimer. Il consiste à comprimer simplement le cordon, avant de le sectionner, avec deux pinces qu'on laisse appliquées pendant vingt- quatre ou quarante-huit heures (fig. 10) Si on le préfère, on peut les retirer immédiatement après la section, et saisir ensuite diVèclemenl, avec une ou deux pinces les vaisseaux qui donnent. Chez les cimj malades auxquels nous avons vu pratiquer la castration, pendant Tannée 1874, le premier procédé a toujours été employé comme plus expédilif, et a toujours été suivi de succès.

OFkSEUVATION XXVIII

SnîX'ome du testicule. — Castration. — Pas de ligature du cordon.

Guérison.

D... lîenolt, trente-cinq ans, entre le 12 décembre dans le service de M. Péan, salle Saint-Augustin, n° fil), pour une tumeur du testicule droit

UK l.A KOlICIPIIKS&lJIlB. 55

(lalaiil de deux ou ti-ois ans. Il y a deui: mois, une ponction failfi par un mûlerrii d« la vitlf donna issue ii imc pelite quanlitédc sémsitt^; l'ouverlure est dès iors reslf-e (istiileuse et doimn Mou à un écoulement séreux peu abondant.

est rniiiprimi!

Ifiognostk. — Canci'r du testicule, (^slralion le \h dècomluv, l)eu\ îiirisions onurhes se i-ejoi^iiiint par leurs r>\lrémilés sont faites sur les lêpiimeiils par M. l'éaii, ([ui dierrlie ensuite à is«der la tumeur, (k-tteoiM'-

5<; DE LA FORaPftESSUUE.

ralion est rendue difficile dans la moitié .inférieure 'par rinflammalion adhésive qui s'est manifestée dans la tunique vaginale à la suite de la ponction ; il fallut faire une dissection attentive, pendant laquelle quelques pinces furent placées sur les petits vaisseaux divisés. Dans la moitié supérieure, l'absence d'adhérences permet d'arriver facilement sur le coixloii qui paraît normal. M. Péan le saisit en masse avec deux pinces hémostatiques placées très-obliquement de façon à pouvoir facilement plus tard les amener dans la plaie, puis il sectionne le cordon immédiatement audessous des mors. Les pinces qui avaient été placées sur les téguments sont enlevées immédiatement, celles qui compriment le cordon restant en place, puis les deux tiers supérieurs de l'incision étant fermés par quatre points de suture, une mèche contenant un tube à drainage est introduite dans la plaie. Les pinces sont retirées le lendemain matin, vingt heures après l'opération. Pas d'hémorrhagie. La cicatrisation fut un peu retardée par la formation dans l'aine d'un petit abcès situé sur le trajet du cordon.

L'examen histologique de la ()ièce a été pratiqué au laboratoire de M. Banvier.

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