OBSERVATION XXIX
Lywphadénome du testicule, — Castration. — Compression du cordon
spe7*7natique avec deux pinces.
M. F..., à Charenton, quarante-trois ans, est atteint depuis plusieui*s années d'une tumeur du testicule droit qui a distendu considérablement les bourses, et atteint aujourd'hui les dimensions d'une tête de fœtus à terme. La peau du scrotum adhère partout à la tumeur, qui est lisse et très-dure. — Le malade se plaignant de vives douleurs abdominales, et la marche étant devenue impossible, l'opération est prati(|ué(^ par M. Péan, le 18 septembre 1874, en présence de MM. les docteurs A. Fournier et Desportes. Pendant la dissection de la tumeur, sept à huit pinces S(mt placées sur les vaisseaux des bourses, qui fournissent du sang, La tumeur remonte assez haut dans le canal inguinal; une fois la limite du mal atteinte, M. Péan place, comme le montre la ligure, d(»ux pinces sur la partie saine du cordon qu'il sectionne immédiatement au-dessous. — Quelques points de suture. ferment la plaie, qu'on ne laisse ouverte qu'à la partie inférieure. Pas de ligatures. Comme le malade était très-aHaibli, et qu'on redoutait beaucoup la moindre perle de sang, les pinces furent toutes laissées en place et retirées le lendemain matin, sauf les deux pinces du cordcm qu'on laissa jusqu'au surlendeniain de l'opération. Nuit
jiiurs après, mms eiiiius oirasioii de n^voir It' malade; il n\ avait pas on d*hi''morriia;;i('. rt la plai«* iHait ni Ihuiik' voit* dr rinitris;ition.
VIII. — De i/aitlication dks imncks sir i.ks vaisskmîx NON nivisi^s : Anévuvsmks, vahicks, ktc.
La plu|)arl des chirurgiens adiiietleiit aujouid'hui que la ligaliire des artères, pratiquée dans la continuité du vaisseau, comme cela se fait en particulier pour la cure des anévrysmes, ne présente pas le même dejjré de sécuritt' cjue celle qui porte sur les vaisseaux sectionnes d'une plaie.
Les expériences de Travers, tentées sur des chevaux, ont cependant montré qu'une ligature, appliquée pendant queltjues heures seidemeut sur la carotide, avait pour résultat robliléralion permanente du vaisseau. Travers fit môme, sur un homme, la ligature de la brachiale d'après ces indications, et l'enleva cinquante heures après son application, sans que les pulsations reparussent dans la tumeur anévrysmale qui Tavait conduit à cette opération (1).
M. Robert, de son c(Mé, ayant laissé, pendant vingt et une heures, une ligature sur Tartère fémorale dans un cas d'anévrysme poplité, a obtenu Toblitération définitive de la plaie (2).
D'autres faits analogues ont été suivis d'insuccès, néanmoins ils étaient assez concluants pour autoriser à remplacer les ligatures temporaires, toujours difficiles à enlever, siins tiniiller Tarière, par un autre moyen plus pratiijue pouvant égal(Mn(»nt procurer les bénéfices d'une oblitération rapide du canal artériel.
Ces considérations ont engagé M. Péan ii ne pas rés^^rver TappHeation des pinces hémostatiques aux vaisseaux sectionnés dans
* I ) Fnlliii et Diiplay, Inco ritafo.
r2) CliJissaiîrnar, Ti*. ff^\' }iuil. t-hn-nrtf.