‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 3)Chapitre 35 sur 283 · PLAIES. — CONTUSIONS · texte numérisé non relu

PLAIES. — CONTUSIONS

Les traitements appropriés à retendue de la plaie, à la région et à l'intervalle qui séparait l'application du pansement du moment de l'accident, ont été les suivants :

Six plaies furent réunies immédiatement soit par des sutures, soit au moyen de bandelettes agglutinatives (tarlatane collodionnée le plus souvent), deux (dont une plaie pénétrante de poitrine), qui, au moment de l'entrée des malades, étaient encore le siège d'hémorrhagies assez sérieuses, furent soumises à une compression légère avec des rondelles d'amadou, et réunies un peu plus tard. Dans un seul cas (plaie de l'index par de forts ciseaux), on fit l'irrigation continue. Deux plaies superficielles et très-légères furent traitées par un pansement simple, trois autres par l'alcool pur ou l'eau alcoolisée.

Les plaies par scie mécanique ont produit les accidents les plus graves : L'une d'elles, qui intéressait l'avant-bras, a été suivie d'un phlegmon diffus de cette région. Une autre de môme lïature siégeant sur l'index a produit un tétanos mortel (obs. XII).

La seule plaie pénétrante de poitrine dont l'observation soit rapportée a été suivie de pneumo-thorax et d'accidents inflammatoires aigus du côté des organes respiratoires ; mais le tout a disparu au bout d'un temps assez court (obs. V).

A la suite d'une autre plaie des parois thoraciques, on a vu la mort survenir par le fait d'une pleurésie purulente. Cette dernière affection, il est vrai, ne doit pas nécessairement être mise sur le compte de la plaie, car celle-ci n'intéressait pas dans toute son étendue la masse musculaire du dos; en outre, elle était arrivée à une période de cicatrisation avancée quand la pleurésie se déclara.

Une petite plaie du cuir chevelu, réunie par première intention, fut néanmoins suivie au bout de quelques jours d'une lymphangite du cou (obs. I). — Enfin un malade entré pour une plaie pénétrante de l'articulation radio-carpienne droite quitta le service au bout de 13 jours incomplètement guéri et portant un appareil (obs. XVII).

i8ri DES PLAIES.

OiiSKRVATioN I. — Plaie superficielle du cuir chevelu. Adénite tariite. — Hébert (Vincent), trente et un ans, entré le 23 fémer 1874 pour me plaie produite par un iraj^ment de verre n'intéressant que le cuir cker-Hu, Uéunion innnédiato, et sortie au bout de deux jours.

Le 9 mars, le malade se présente à la consultation aver une luMidr aiijuf^ de tous les ganglions lymphatiques de la moitié latérale gauche di cou. Néanmoins, la cicatrisation de la plaie est complète ; on sent pailatf'nient sous le doigt la dureté des ganglions. Couleur rouge de la peao et fliictuation évidente. Ouverture de Tabcès et passage d'un tube à iranage. Ce malade sort guéri le 23 mars.

Ohs. If. — PL du cuir rherelu. Troubles iierveux légers primiiift.^ Roinaneschi (Jean, Agé de quarante-sept ans, TÎtrier, entré le 16 aoil IKTi. 11 était tond)é d'un troisième étage sur un vitrage, et s'était biti la région pariétale gauche um^ |>laie large de 5 cent, environ, et intéressant loulc répaisseur du cuir chevelu. Il existait eu même temps une fractnre des deux os de Tavant-bras à l'union du tiers inférieur avec la tiers mojea; ecchymoses des deux pau|)ières iid'érieures, surtout de celle du côté gauche.

Pendant six jours, délire et insomnie, hébétude; les yeux sont démesurément ouverts et sans expression. Ces symptômes disparurent hieBlit par suite de l'application de conqiresses glacées sur la tête. Le troisièae jour, |)ansement simple ; appareil pour la fracture de l'avant-bras. A partir de ce moment, tout se passa simplement, et le malade partit guéri pov Vincennes le 19 septembre.

B. - Cor.

Ons. III. — PL superficielles du cou et du sein, — Boulzo (Véronique), cntré(> le 8 juillet 187-i. Deux plaies superficielles l'une à la partie anté^ rienre du cou et Tautre au-dessous du sein gauche. La malade s*était bit clie-niéme avec un couteau de poche ces blessures, qui n'intéressaieii pie la peau. Pansement .s'/////;/e. Elle put sortir au bout de deux jours.

(]. — Tuoxc.

Ors. IV. — Double plaie pénétrante de poitrine. Blessure du poumm f/auche : pneumothorajc, pleuro-pneumonie trauwaîique, Guérisau, — Ualbuliet (Charles), vingt et un ans, entré le 3 mars 1874. II a refs deux coups de couteau dans la paroi thoracique gauche. Il existe en effet deux plaies à bords nets de "i centimètres à peu près de longueur, et dot*

liant issue à une grande quantité de sang : J*une est située en arrière vers le sixième espace intercostal, l'autre plus bas, et en avant, dans le septième. Le sang qui s'écoule est spumeux et aéré. L'hémorrhagie augmente notablement pendant l'inspiration ; elle est accompagnée d'une dyspnée considérable.

A la percussion, en avant et en arrière, on trouve une résonnance tympanique très-nette. A l'auscultation, on ne peut constater qu'une absence complète de murmure vésiculaire, sans bruits morbides. Le rnalade crache quelques filets de sang. — Compression légère avec des rondelles d'amadou; immobilité absolue.

4 et 5 mars. — Fièvre très-vive; anxiété. A l'auscultation, souffle amphorique ; tintement métallique à la percussion ; matité complète âia base.

6. Même état ; crachats visqueux et rouilles, TA=39.8. Malité ii la base ; le souffle est rude, râpeux, et a perdu le caractère amphorique. Rhum, 200 gram. ; sulfate de quinine, 0fc'r,50.

7. Même état. Larçe vésicatoire du côté malade. 8 et 9. Même état.

10. L'épanchement semblr* diminuer : la matité remonte un peu moins haut.' Le malade a moins de fièvre; plus de crachats rouilles; toujours du souffle. On commence à entendre le murmure vésiculaire dans le tiers inférieur du poumon; il est en partie recouvert par de gros rùles sous-crépitants.

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