PLAIRS PAR INSTRUMENTS PIQUANTS
Comparée à celle de certains établissements hospitaliers d'autres contrées, notre statistique est bien pauvre, puisque nous n'avons que trois cas ; encore deux de ces plaies n'ont-elles point été faites avec des instruments piquants proprement dits, mais avec des instruments à la fois piquants et tranchants. Cette
difTérencc tient à ce qu'elles offrent rarement assez d'importance pour que nous admettions les malades dans nos salles. Nous avons rangé dans ce paragraphe les plaies dans lesquelles le couteau qui a seiTi d'arme a frappé plutôt comme un instrument piquant que tranchant. La réunion s'est faite aisément, sauf dans deux Ccis. A la suite d'une piqûre de la face dorsale de la main, il y eut un phlegmon de la main et de Tavant-bras. La simple piqûre de la plante du pied par un clou de la chaussure a suffi pour produire un phlegmon de tout le pied (obs. XXIX).
Obs. XXVI. — PL simple du dos. — Triquemeaux (François), diz-Mif ans, sellier, entré le 18 février 1875. A reçu hier un coup de couteau, doit la pointe a seule atteint la peau à 4 centimètres en dehors et à droîle des apophyses épineuses des huitième et neuvième vertèbres dorsales. Li plaie a 1 centimètre 1/2 de long^uour ; elle est superficielle. Compressa d*eau alcoolisée. Guérison au bout de trois jours.
Obs. XVII. — PL simple de la main. — Maur (Arnault), sans profession, soixante-dix-sept ans, entré le 27 avril 1874 pour une plaie bHe il y a dix jours par un des crochets qui servent à relever les fenêtres mobiles des omnibus. Depuis lors, il a fait des lotions avec de Tean de guimauve, et mis des cataplasmes.
La plaie est longitudinale, siège sur la face dorsale de la main an-dnsus du quatrième métac^irpien ; elle est rectangulaire, et n*a point mis Foi à découvert. La peau du dos de là main est d'un rouge violet asseï pnnoncé. Zone inflammatoire de 0",01 de largeur autour de la plaie. Iimobilisation de la main et cataplasmes jusqu'au 1*' mai. Les accidents îiflammaloires étant disparus, on remplace le cataplasme par de la charpie imbibée d'eau alcoolisée.
Guérison complète le 15 mai.
Obs. XXVIII. — Petite pL de la face dorsale de la mamparla poMif d'un couteau. Phlegmon consécutif. Ponction^ drainage^ lausget iêiÊi, Guérison. — Cofoit (Alphonse), vingt-sept ans, garçon boncher, esirt le 10 juillet 1874. Pendant son travail, le malade s'était piqué fl ji huit jours, avec la pointe d'un couteau, vers la partie moyenne du premier espace interdigital de la main gauche. Toute la face dorsale de h main est le siège d'un vaste abcès qui a produit un gonflemcuit énonMi Peau violacée, luisante, chaude et tendue ; fluctuation évidente. Lesdflî|li eux-mêmes sont le siège d'un œdème qui gène la circulation en retov; ils sont engourdis; la poau est noire.
Ponction et passage d'un drain ; il s'écoule une quantité considéndikde
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pus mêlé de sang noirâtre. Deux jours après, on commença des lavages phéniqués, puis iodés, et le malade pouvait quitter la salle au bout d'un ' mois, complètement guéri.
0ns. XXIX. — Piqûre de la plante du pied par un clou de la chaussure ; phlegmon du pied. Incision. Guérison. — Proust (François), papetier, seize ans, entre le 4 septembre 1874. Ce jeune homme a été piqué il y a trois jours par un clou de sa chaussure. La plaie était très-étroile, la douleur peu vive ; il a continué de marcher pendant un jour mais non sans ressentir cependant quelques douleurs dans le pied. Le soir, le pied était tuméfié et douloureux, la marche n'était plus possible. Il se décide à venir à rhôpital le lendemain. Le pied est fortement tuméfié, douloureux à la pression ; il est le siège d'élancements insupportables ; la peau est chaude et rouge; la voûte plantaire a disparu. Peau chaude. P =:. 104. La langue est recouverte d'un enduit blanchâtre. Inappétence et insomnie. Constipation ; plusieurs frissons dans la journée. Immobilisation du pied dans une gouttière de fil métallique. Cataplasmes.
G septembre. — A beaucoup souffert, n\i pas eu cette nuit un instant de repos, éprouve des battements continuels dans le pied.
7. La nuit a été très-agitée; on sent du pus profondément. On pratique deux incisions en avant des deux mîilléoles pour donner issue au pus. P = 108 ; TA z= 39°,6.
9. La suppuration se fait bien par les deux ouvertures. La tension a diminué; la douleur est moindre. Pas d'appétit. P= 100.
12. Le gonflement de la face dorsale est resté sensiblement le même ; la peau de la face plantaire est décollée dans une grande étendue. Le malade a pu dormir un peu les deux dernières nuits; il a pris quelques aliments d'assez bon appétit. P = 90.
15. La suppuration est toujours active ; douleurs presque nulles; le sommeil et l'appétit tardent à venir. La langue est blanche. P = 100. Peau chaude.
19. Se plaint de nouvelles douleurs dans le pied ; la peau est tendue et chaude en avant de l'articulation, et principalement en dedans. P=llâ, petit et serré, a eu des frissons.
20. On trouve un peu de fluctuation sur le bord interne du pied : aucun repos pendant la nuit.