‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876Chapitre 31 sur 150 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Le Dombre des malades qui entrent dans notre service pour des accidents syphilitiques est toujours peu considénble, parce que nous adressons, en règle générale, aushùiiitaux ou aux services spéciaux, ceux qui se présentent pour des accidents primitifs ou secondaires, et que, parmi accidents tertiaires, nous choisissons, de préférence, «H qui, en raison de leur siège, de leur étendue, de leur aspeS ou de leur marche, offrent un intérêt particulier au poinl vue du diagnostic, ou bien ceux qui, ayant abouti à quelqœ complication sérieuse, nécessitent une intervention chirurp'

ant à la sarface de la tumeur, Fintégrité de rarticulalion SOS nous firent porter le diagnostic : gomme suppurée, et alternent par les badigeonnages de teinture d'iode et ire de potassium, \int confirmer pleinement ce diagnostu bout de sept semaines, la guérison était obtenue, seconde observation se rapporte à un malade atteint ^crose de la cloison des fosses nasales, avec élimination îlle de celte cloison, chez lequel nous dûmes pratiquer noplastie, parla méthode indienne (Obs. XLV). — Voir \l de notre musée particulier.

contagion, due à un chancre induré du gland, remontait te ans; les accidents tertiaires du côté du nez s'étaient oppés dix ans plus tard et avaient abouti à Taffciissement Jet de la pyramide nasale. Il en résultait une difformité Dent considérable et des troubles fonctionnels tellement Aes, que nous n'hésitâmes pas à faire Tauloplastie du nez. tte opération présenta des particularités intéressantes, reconnûmes, en effet, qu'un fragment important de la t supérieure de la cloison était resté dans la cavité nasale, lé à plat, transversalement et adhérent à la muqueuse aire.

as songeâmes immédiatement àl'utiliser pour servir de de sustentation au lambeau frontal. Dans ce but, après incisé le bas du nez et avivé largement les bords de sion, nous disséquâmes la face adhérente de la lame carneuse, afin de la mobiliser et de la redresser, tout en îrvant ses insertions sur la muqueuse du plancher des g nasales.

fallait, en outre, restaurer la sous-cloison réduite à un le nodule cicatriciel. A cet effets nous taillâmes, sur la 3 médiane de la lèvre supérieure, un petit lambeau à supérieure que nous renversâmes au devant des débris sous-cloison avivée. Nous eûmes soin de conserver, au e du lambeau frontal, une portion de périoste et après fait pivoter ce lambeau autour de son pédicule, nous tiquâmes au devant de la perle de substance, de façon à 8 la portion médiane, périostique, correspondît au bord

calera

3(il ACCIDENTS SYPEilLlTIOUES.

supérieur Je la lame cartilagineuse redressée verlîcalf et les bords aux faces latérales avivées de la pyramide nui

A l'aide d'uue douzaine de fils métalliques isolés, nousfll la suture, d'une part, du lambeau frontal, d'autre part, lambeau labial. Au point de rencontre de ces deux Ïambe au niveau du lol)ule médian du nez, nous passâmes OB métallique, de façon h les unir l'un à l'autre et à leur n cher la cloisoncarlilagineuse. Des plumes d'oie, placées) les narines pour faciliter le passage de l'air, contribuèi en outre, à maintenir en place cette cloison. Grâce à ces positions, nous eûmes la satisfaction de voir la réunion dei diverses parties s'elfectuer sans accidents. Toutefois, quai nous enlevâmes les tuyaux de plume, la face latérale gaa du nez s'affaissa et détermina une déformation à laqi nous nous proposâmes de remédier ultérieurement. Quoi en soit, les troubles fonctionnels disparurent complètenM à la suite de l'opération. 1

Dans l'observation suivante, il s'agit d'une nécrose dl deux dernières phalauges du médius, qui nécessita l'abUw des séquestres, sans amputation (Obs. XLVl). La syplifl remontait h dix ans et avait été contractée par un chancreil gland. Depuis, le malade avait eu des accidents spécifiqad tels que : syphilides ulcéreuses, pempliigus, onyiis. Sis moî

ACCIDENTS SYPHILITIQUES. 3fl5

ecoDde grossesse il y a sepl ans, tioisième il y a six ans; les deux Braiers enraots sont mort-nés. Il y a quatre ans, à la suile d'un vionl effort de tractioa, elle aurait entendu un craquement au niveau B l'articulation sleroo-claviculaire gauche et senti une douleur à ce iwau. Peu après une tumeur indolente, dure, du volume d'une •OBse noii, s'est développée en ce point, a progressivement augmenté S tolume, s'est peu à peu ramollie et s'est ouverte spontanément en Kli points, au-dessus et au-dessous de l'extrémité interne de la claetde, un an après le début. Évacuation d'une faible quantité d'un {aide séro-purulent, roussàtre, finement granuleux, empesant le ||e. Les orifices sont restés fistuleux et ont continué à laisser nuler un liquide de même nature. Dadigeonnages et injections de btnre d'iode dans les fistules. Sirop d'écorces d'oranges améres à pdure de potiissîum. Les fistules se sont alternativement fermées .rouvertes. La tumeur s'est étendue du c6té des insertions clavittùres du sterno- mastoïdien, elle a peu diminué de volume et bien nd)e n'occasionne ni gène ni douleurs, la malade se décide à entrer ||!kApitaL

JStat actuel. ~ Tuméfaction diffuse, mal limitée, de G centimètres I diamètre dans tous les sens, convexe en voire de montre, occuttlle tiers interne de la clavicule et l'ailiculatton sterno-clavicun, débordant inférieu rement la clavicule de 2 centimètres et pODtant supérieurement vers les faisceaux sterno -claviculaires du ■Mie sterno-mastoïdien. La peau est lisse et unie, légèrement ten- Ib, d'une coloration brun ■ rouge Atre. Pas de vasculaiisation anor- {^ ou de nouvelle formation. Il exi:ite deux ulcérations, l'une à nx centimètres au-dessus, l'autre à un centimètre au-dessous de Rrtrémité interne de la clavicule. La supérieure de 2 centimètres de bmètre, excavée, à bords laillés à pic est recouverte d'une pseudo- ■mbrane grisâtre et de pus gommeux. L'exploration avec le stylet ■Mire qu'elle ne dépasse pas la profondeur du tissu cellulaire sousjtfuié et que ses parois ne communiquent avec aucun trajet fistutas. L'inférieure moins large, régulièrement circulaire, à bords tail- ■1 pic comme la précédente, oD're un fond rouge-ocreux au centre ■quel s'ouvre une fistule. L'exploration avec le stylet montre que le |i||et s'enfonce dans les parties molles en haut et en arrière, dans la irectioa de la clavicule, pour se terminer en cul-dc-sac à une prondeur <le 5 centimètres. Ë^n aucun point les os ne sont à découvert, klouctier. induration dans toute l'étendue de la tuméfaction, le pé- Étla de l'extrémité interne de la clavicule parait épaissi. It n'existe loMUienients anormaux, ni crépitation. Indolence. Pas de troubles ■etionaels. Hien dans les autres régions. État général satisfaisant. Oûgnotlic:' Gomme syphilitique.

Noui loumettons la midade au traitunieiit ioduré. Badigeonnages

306 ACCIDENTS SÏPnlLlTlQUKS.

et injections de teinture ti'iode. lodure de potassium 2 gtammes par jour pendant huit jours, puis 4 grammes. Sous l'inQueutedece traitement la tuméfaction diminue rapidement, la tumeur a rt mollit et donne lieu à une suppuration abondante.

Au bout d'un mois la tuméfaction et l'induration ont dispan ulcérations sont réduites dans tous leurs diamètres.

2 avJil. — Guérison complète, la malade retourne chez elle.

Obs. XLV. — Nécrose de la cloison des fosses nasales, élmimiwk partielle de celle cloison. Affaissement de la pyramide nasaU. Hhimplatà parla méihoile indienne. Amélinration. — Tournel (Auguste), Ireotehuit ans, cai'tonnier, enti'e le 18 juin 1880, salle Saint-Auguilia, n° 81. Pas d'hérédité, ni scrofule, ni tuberculose; syphilis : cianoi induré en 1861, éruption cutanée, chute des cheveux et laryngiU, Il y a dix ans, lunicfactiou douloureuse et rougeur inOiimmatoin dl nei et des parties voisines, suppuration par les narines et élimiDaliH d'une partie de la cloison des fosses nasales, au bout de troi« maines. Consécutivement le dos du nez s'est affaissé et ils'eslprodiii un rétrécissement do la cavité nasale s'accentuant progressiTcme^ comme la rétraction des parties moites. 11 en est résulté une génedeî respiration assez grande pour déterminer le malade à entrer à l'h6piUt

Elit actuel. — Le nez est complètement déformé par suite del'J faissement et de la dépresi^ion des parties moites qui ne sont plt soutenues par la cloison. 11 existe une dépression profonde des os " nez entre le bord inférieur des os propres et le lobule médian, faces latérales et les ailes sont aplaties et étalées ; les orifices an rieurs des narines sont réduits à deux petites fentes linéaires diri* gées transversalement et séparées sur la ligne médiane par un nodel

juillet 1880. — Chloroforme. Héraostasie préventive avec des s appliquées sur la lèvre supérieure de chaque côté de la ligne me, sur les ailes du nez et sur la sous-cloison. A Taide du bisnous incisons le dos du nez jusqu^à sa racine, nous détachons i^es latérales afin de les mobiliser et nous avivons les bords de ion aussi largement que possible, ainsi que ce qui reste de is-cloison. Après avoir de même mobilisé et redressé ce qui de la cloison et qui adhère à la muqueuse pituitaire du piaules fosses nasales, nous en avivons le bord supérieur afin d*en une base de sustentation au nez que nous nous proposons de sliluer. Ceci fait, nous taillons sur le front un lambeau triangu- . base supérieure, d*un tiers plus large que la perte de substance DUS voulons combler et dont la portion centrale contient le pédu frontal. Nous faisons pivoter ce lambeau sur son pédicule» e renversons au-devant de la solution de continuité et nous en >ns les bords aux bords avivés des faces latérales de la pyranasale. Nous taillons enfin sur la partie médiane de la lèvre suire on petit lambeau destiné à remplacer la sous-cloison, nous Ions' sur son pédicule et nous le suturons aux restes avivés de la loison et à la partie moyenne du lambeau principal, sutures isolées, au nombre de douze, ont été faites avec des fils ni. L'opération terminée, nous introduisons dans les narines fragments de plume d'oie afin de soutenir la cloison et le au. La plaie du front est pansée à plat avec Teau alcoolisée quée.

d'accidents consécutifs. Pas de réaction fébrile. Réunion par ère intention; on enlève les fils les quatrième, cinquième et le jours.

6 août, nous enlevons les tuyaux de plume, la face latérale e du nez s'affaisse immédiatement et s'accole à la cloison. Cette ire est solide dans sa nouvelle situation. Les troubles fonction- Qt cessé. Nous remédierons plus tard à la difformité. La plaie mt est presque cicatrisée. Le malade quitte le service le a 1880.

. XLVI. — Nécrose d*origine syphilitique des deux dernières phadu médius gauche. Ablation des parties nécrosées, Guérison, — nçois, vingt-huit ans, cordonnier, se présente à la clinique du irs 1880. Pas d'hérédité. Ni scrofule, ni tuberculose. Syphilis 10 : chancre induré du gland. Laryngite. Chute des cheveux, j, malgré l'emploi continu d'un traitement spécifique, il a isieurs accidents. Syphilides ulcéreuses, il y a sept mois, ligus, il y a un mois. Depuis six mois, il soufl're de l'index et du s gauches; les deux doigts ont àié atteints d'onyxis syphilitique, andis qu'à Findex le mal s'est localisé à matrice unguéale, au

3âS ACCIDENTS SÏPKUJTIOUES-

médius un abcès s'est développé dans l'épaisseur de la pulpe et audessous de l'ongle. L'abcès onvert spontanément est demeuré Gilnleux, l'e^ilrémité iibi'o du doigt s'est peu à peu hypertrophiée etU tuméracLion a fait de tels progrès que le malade se décide à Tenir i l'hôpital.

Etat actuel. — Le médius gauche est déformé ; son extrémité litira renflée en massue, présente le volume d'un petit œuf de poule. Ulcération rouge ocreuse au pourtour de la matrice unguéale. Desquamition épithéliale de la peau des deux dernières phalanges qui esl rou^c, luisante, amincie. A 2 millimètres au-devant du bord libre de Von^ s'ouvre une fistule en activité qui laisse pénétrer le stylet jusque iut la phalangine dénudée de son périoste, sonore, nécrosée. Au toucher, consistance lardacée des tissus atteints d'inOammation cbroniqua. Désorganisation de l'articulation des deux dernières phalanges, cnquements secs, mobilité anormale. Douleurs sourdes, continues, lancinantes, à exacerbation nocturne. Impuissance fonctionnelle du do^ Le malade porte sur diverses parties du corps des cicatrices de s;> phi tides. Trace de chancre induré sur te gland. Adénopathieinguinocrurale double et sous-occipitale. Bulles de pemphigus sur la face dorsale du poignet gauche.

26 mars 1880. — Pas d'anestbésie. A l'aide du bistouri, nous agrandissons le trajet flsluleuK et nous extrayons par cette voie la dernière phalange nécrosée et complètement mobile. Nous faisons rétracter les lèvres de la plaie par des aides avec des pinces hémostatique» el reconnaissant que le tiers antérieur de la seconde phalange est aunt nécrosé, nous le réséquons avec des pinces coupantes Réunion dM lèvres de la plaie à l'aide d'un point de suture métallique. Paoseï

Page 1