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PHTHISIE AIGUË SIMULANT LA DOTHIÉNENTÉRIE. H

à 120 seulement, plus facile à compter que le matin; la température s'est élevée à 40°, 8, bien que le pouls ait baissé. La respiration est très anxieuse, à 56 inspirations par minute ; la face un peu cyanosée, les crachats mêlés d'un peu de sang. Sonorité presque normale et semblable dans la presque totalité des deux côtés de la poitrine, sinon aux sommets et aux bases, où il y a de la submatité, laquelle est plus dure aux sommets. Râles sibilants aux bases, où la respiration est un peu soufflante; aux sommets, râles sous-crépitants peu nombreux. Diarrhée assez abondante ; on ne peut entendre qu'indistinctement les bruits du cœur, en raison des bruits pulmonaires des bases ; cependant il ne paraît pas y avoir de souffle cardiaque.

27 mai, pouls àH4; température, 40 degrés ; respiration à 56. Les bruits morbides se font entendre à la partie moyenne du poumon gauche, où il y a de la respiration rude et de la sibilance. Le soir, pouls à \ 36 ; température, 40°, 4 ; respiration à 48. Face cyanosée, gémissements continuels; grande anxiété. Les bruits morbides sont d'accord enfin avec cet état fonctionnel : ils se sont généralisés , c'est un mélange de râles sibilants et souscrépitants, mais surtout abondants aux bases.

28 mai, pouls à 144 ; température, 40 degrés ; respiration à 48. Cyanose marquée de la face ; anxiété excessive ; le malade divague. Les râles augmentent d'abondance. En avant, on entend aux deux sommets, dans l'inspiration, des bruits fins, surtout très abondants un peu au-dessous du sommet droit, où ils paraissent dus à la présence de fausses membranes récentes. En arrière, mêmes signes que la veille.

29 mai, je malade meurt dans un état asphyxique à cinq heures du matin.

A l'autopsie, nous trouvons les deux poumons farcis, du haut en bas, de granulations grises, très petites et excessivement nombreuses. Le parenchyme est congestionne âl'entour. Adhérences Unes au bord antérieur du poumon droit; adhérences en avant cl au sommet du poumon gauche. Ainsi les granulations sont partout restées à l'état naissant: elles ne se sont ni caséifléesni l'amollies; il n'y a pas d'infiltration cl, par suite, pas de masse caséeuse; et cependant la congestion periphymique a été en cer-

tains points jusqu'à la phlegmasie non seulement du parenchyme pulmonaire, mais de la plèvre, puisqu'il y a des fausses membranes pleuréliques.

Le cœur est flasque, mais malheureusement altéré par la putréfaction.

Le foie est également très altéré par la même cause; on n'y aperçoit pas de granulations.

Comme dans les maladies infectieuses, la rate est volumineuse (ainsi qu'on l'avait constaté pendant la vie), et de plus diffluente ; de sorte que l'état typhique, qui s'était manifesté pendant la vie par l'aspect général, par les râles hypostatiques des bases, se re* trouvait après la mort caractérisé par l'état delà rate.

Les reins présentent à la coupe deux ou trois petites granulations grises le long des trabécules.

On ne rencontre dans les intestins ni ulcérations ni granulations. Les plaques de Peyer sont saines et sans injection (1).

Remarquez, je vous prie, que ce malade présenta réunis les deux types classiques de la phthisie aiguë, le type typhoïde et le type suffocant : que si, au début, domina le premier, ce fut le second qui régna dans les derniers jours de la maladie. De sorte que, s'il avait été possible de prendre d'abord l'affection pour une dothiénentérie, il l'eût été vers la fin de la confondre avec une bronchite capillaire. Remarquez d'ailleurs que ces deux erreurs possibles et successives sont motivées et justifiées par l'ensemble des symptômes, comme par l'état des organes. Que si la prostration, les épistaxis et la tuméfaction de la rate révèlent un état infectieux et font songer à la dothiénentérie, les râles sont ceux de la bronchite capillaire. Mais remarquez d'autre part que les granulations étaient restées à leur première période, puisqu'elles étaient partout petites et grises; que ce n'était donc pas leur altération intrinsèque qui, par irritation de voisinage, avait déterminé l'altération concomitante du poumon ; que vous les voyez maintes fois, en même nombre et à la même période anatomique, au sein d'un parenchyme semblant parfaitement sain

(J) Cette observation a été recueillie par mon savant ami M. Reverdin, alors mon interne, aujourd'hui professeur à la Faculté de médecine de Genève,

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