‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 138 sur 282 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

ver depuis — et par le fait de mon attention attirée sur ce point — il y avait également pouls veineux du dos de la main, sans pouls veineux jugulaire concomitant, sans coïncidence de pouls veineux au dos du pied. Et peut-être n'est-il pas sans intérêt de faire observer que, dans ces trois cas, il s'agit encore de femmes, de femmes phthisiques, de phthisiques fébriles, et à la période ultime de leur phthisie.

Voici d'ailleurs ces fàils résumés :

1° Jeune fille de 19 ans, entrée le 27 avril 1875, salle Sainte- Adélaïde (hôpital Saint-Antoine), lit n° 23. Jusqu'au 12 mai la malade s'affaiblit de plus en plus ; l'amaigrissement est extrême. Ce jour-là on remarque sur la face dorsale de la main une veine distendue qui présente de petites pulsations.

La faiblesse est si grande, qu'on ne peut plus ausculter la malade.

La mort a lieu le lendemain 13 mai (1).

2° Femme de 30 ans, entrée le 23 février 1876, salle Sainte- Adélaïde (hôpital Saint- Antoine), lit n° 13, dans un état déjà avancé de cachexie tuberculeuse, avec œdème des extrémités inférieures.

Le 0 avril, on constate sur une des veines du dos de la main gauche (la salvatelle), au niveau d'un léger coude qu'elle forme, des pulsations très visibles à l'œil, isochrones aux pulsations artérielles. Ce pouls veineux ne se retrouve ni aux jugulaires, ni en aucune autre région.

Le 8 avril, on ne peut constater le pouls veineux au dos de la main ; l'œdème s'étant généralisé et ayant gagné les membres supérieurs ainsi que les mains.

Le 10 avril, l'état général devient pire encore ; la face est bouffie , la faiblesse excessive et l'oppression beaucoup plus grande. On constate de nouveau des pulsations bien manifestes sur la même veine du dos de la main, rendues plus évidentes encore en exerçant au-dessus d'elles une très légère pression, l'a^ de pouls veineux aux jugulaires.

(1) Observation recueillie par M. Ed. Duvcrnois, actuellement interne des hôpitaux.

La. malade meurt le lendemain 14 avril (i).

3° Femme de 44 ans, entrée le G octobre 1877 (salle Sainte- Glaire, n° 12, hôpital de la Pitié), pour une tuberculisation pulmonaire, revêtant depuis peu le type fébrile continu.

Le 22 mars 1878, œdème des deux jambes, asphyxie de plus en plus marquée. Pouls à \cent trente-huit et très vif. En même temps pouls veineux dorsal de la main, surtout évident à gauche. La veine salvatelle, où s'observent les pulsations, est distendue, violacée ; le pouls veineux y est assez fort pour redresser en partie la courbure d'inflexion du vaisseau.

Il n'y a pas de pouls veineux jugulaire.

Le soir du même jour, pouls artériel à 132, le pouls veineux du dos de la main est très accentué ; les veines sont très distendues.

23. Le pouls veineux n'existe plus; les veines sont à peine dessinées. Le pouls artériel est devenu très petit ; il a diminué de fréquence ( à 112). L'épuisement général est excessif. La malade meurt le soir de ce jour (2).

Je dois ajouter que dans aucun de ces cas je n'ai trouvé, à l'autopsie, de dilatation de l'orifice auriculo-ventriculaire droit, ni d'insuffisance de la valvule tricuspide.

On remarquera que dans tous ces faits la mort a suivi de près l'apparition du pouls veineux au dos de la main : après vingtquatre à quarante-huit heures dans trois cas ; au bout de huit jours seulement dans un quatrième : d'où il suit que ce phénomène s'ajoute aux autres symptômes pour indiquer que la fin du malade est proche.

Je ne veux pas terminer sans faire observer que l'asphyxie produit la parésie de certains autres muscles circulaires : d'où, dans certains cas, la dilatation de l'iris, l'émission involontaire possible de l'urine et des matières fécales.

En résumé, dans quatre cas de phthisie pulmonaire fébrile continue, et non de phthisie aiguë, à la période de marasme, et au dernier degré de cette période, dans un état d'asphyxie pro-

(1) Observation recueillie par M. V. Latil, externe du service.

(2) Observation recueillie par le docteur Cuffer, médaille d'or, interne du service.

Page 1