DIFFÉRENCE EN PLIS
pour la easéeuse.
Hyper- l - '
thermie j 3° — . . . . 1°,4 . . . =
générale, ( 0„ j0 j
Ainsi l'hyperthermie générale comme l'hyperthermie locale, au cas de tuberculisation easéeuse, dépasse, et de beaucoup, ces deux formes de l'hyperthermie au cas de tuberculisation bronchitique.
En résumé, de mes recherches sur la température locale et générale dans les cas de pneumonie easéeuse, il s'ensuit que c'est la forme de tuberculisation qui élève le plus la température générale, premier fait ;
Que c'est également celle qui élève le plus la température locale, second fait ;
Qu'elle élève même parfois celle-ci au point de la faire égaler et surpasser celle-là ;
Que le foyer de tuberculisation easéeuse est un foyer thermogène, que c'est même le plus puissant foyer thermogène tuberculeux -,
Que la température locale tuberculeuse élève la température morbide générale ;
' Que, ici encore, le processus tuberculeux fait la fièvre, et non la fièvre le tubercule ;
Qu'enfin le tubercule n'est pas un produit de l'inflammation, mais l'inflammation un résultat possible du tubercule.
Il semblerait que la température locale dût être moins élevée au niveau d'une caverne tuberculeuse, c'est-à-dire d'une cavité à parois épaisses, indurées, peu vivantes, et où l'air a remplacé le parenchyme ; il n'en est rien : j'ai trouvé la température locale de 1°,5 à 2°,5 plus considérable qu'à l'état normal (de 37°,3 à 38°, 3) et de 0°,3 à 0°,8 plus élevée que du côté opposé, où les
lésions étaient moins avancées; où il n'y avait, par exemple, que de la respiration saccadée ou quelques craquements secs. C'est qu'en effet il y a là, aux alentours de cette caverne et dans son intérieur, un travail phlegmasique persistant, ulcéreux et sécrétoire, avechypérémie corrélative et hyperthermie proportionnelle . Dans un cas d! 'hydropneumothorax que j'ai suivi avec soin, l'ayant vu se produire, la température locale, au niveau de l'hydropneumothorax, était, vingt-quatre heures après l'accident, de 2 degrés plus élevée que la normale (37°, 8) et égale à l'axillaire (37°, 8); le soir de ce jour, la surélévation était de 3°, 5 (39°, 3) et la température axillaire de 39°, 9 (de 2°,1 plus élevée que le matin); le troisième jour, surélévation locale, 2°, 6 (38°, 4) le matin, 2°, 5 seulement le soir (38°3); plus basse deO°,l que la paroi opposée (à 38°, 4) et que l'aisselle (à 39 degrés) ; le quatrième jour, la température locale s'abaisse encore (à37 degrés); la surélévation n'est plus le matin que de 4°, 2 au lieu de 2°, 6 ; du côté opposé à l'hydropneumothorax, la température locale est au contraire de 37°, 6 (de 0°,6 plus élevée que du côté de l'hydropneumothorax et de 0°, 4 plus élevée que l'axillaire, laquelle est à 37°, 2) ; enfin le cinquième jour, fait inattendu ! la température locale du côté de l'hydropneumothorax retombait à la normale (à 35°, 8), tandis que la température locale du côté opposé était de 1°,5 plus élevée (à 37°, 3) et la température axillaire à 37°, 7.
A partir de ce jour l'hydropneumothorax fut bien supporté par la malade, et les températures locales restèrent les mêmes : plus basses du côté de rhydropneumothorax. A l'autopsie, qu'on put faire dix jours plus tard (quinze jours après l'accident), on trouva i litre à peine de liquide trouble dans la plèvre du côté de l'hydropneumothorax; tout le reste de la cavité pleurale était envahi par de l'air, tandis que le poumon ratatiné, gros comme le poing, était refoulé en haut du médiaslin. Le poumon opposé en rapport avec la paroi Lhoracique, était farci de tubercules Comme le poumon ratatiné.
Cel état de choses explique parfaitement la discordance entre les chiffres de la température locale des deux parois thoraciques aux derniers jours de L'hydropneumothorax : si le cinquième prter. — Clin, méd. 8« édit, u. — :<i>
jour de l'accident el les jours qui suivirent, chose inattendue et en apparence irrationnelle, la température était plus basse du côté le plus lésé, du côté de l'hydropneumothorax, après y avoir été plus élevée aux premiers jours de l'accident, c'est que, d'une part, le processus phlegmasique local (pleurétique) s'y était éteint, ainsi qu'il appert des chiffres de la température axillaire, tombée de 39 degrés aux alentours de 37°, 5, et c'est que surtout, d'autre part, la paroi Ihoracique n'était plus en rapport qu'avec un épanchement d'air et non point avec des tubercules pulmonaires, lesquels étaient refoulés au loin de la paroi, en haut du médiastin, avec le poumon qui les contenait ; tandis qu'au contraire la paroi thoracique opposée à l'hydropneumothorax, étant restée en rapport avec le poumon tuberculeux, devait ainsi subir et transmettre les variations de température dont ce poumon était le théâtre. En résumé, la température plus élevée du côté le moins lésé était celle des processus tuberculeux en contact ; la température plus basse du côté de l'hydropneumothorax était celle des produits d'une phlegmasie désormais éteinte.
Un nouveau cas de pneumothorax tuberculeux vient de me fournir des chiffres thermiques généraux et locaux tout aussi intéressants.
Un jeune homme de dix-neuf ans entre dans mon service de la Pitié, le li octobre dernier, et y présente tout à coup les signes d'une perforation pulmonaire : angoisse terrible, avec point de côté à gauche, dyspnée excessive, tendance à la lipothymie, sueurs froides, sensation de déchirement à l'épigastre ; en même temps, pouls petit, accéléré, intermittent. Aussitôt mon interne, M. le docteur Cuffer, prend la température axillaire et intercostale des deux côtés. Dans l'aisselle, la température est de 37°, 4; dans le cinquième espace intercostal gauche (du côté où s'est faite la perforation), la température est de 36 degrés ; elle est de 36°, 4 du côté droit.
Il n'y a encore que les signes d'un épanchement de gaz dans la plèvre gauche, voussure de la paroi, sonorité tympanique à la percussion, souffle amphorique, sans tintement métallique. Cœur refoulé à droite.
Le lendemain matin, les conditions physiologico-pathologiques
ont changé; comme aussi les chiffres thermiques : il y a commencement de pleurite, le pneumothorax est devenu un hydropneumothorax : tout à fait à la base, matité à la percussion ; partout ailleurs, son tympanique (excepté au niveau de la fosse sous-épineuse, où existent probablement des fausses membranes et des adhérences) ; souffle amphorique, tintement métallique, bruit d'airain de Trousseau, rien n'y manque que la fluctuation hippocratique. En même temps, voici ce que sont devenues les températures générales et locales : dans l'aisselle, 37°, 5 ; au cinquième espace intercostal gauche, 37°, 3 ; au cinquième espace intercostal droit, 36°, 8.
Ainsi, du côté de la perforation, la température pariétale s'est élevée, en seize heures, de 1°,3.
Et il est tout à fait instructif et révélateur de voir ce qu'était devenue dans le même temps la température générale ; elle était restée sensiblement la même qu'avant l'accident, ne s'étant élevée que de 0°,1 (37°, 5 au lieu de 37°, 4).
Le surlendemain 13 octobre, au bout de quarante heures, le souffle amphorique persiste, mais le tintement métallique s'entend difficilement. Il n'y a toujours pas de bruit de succussion hippocratique. On ne trouve de matité, et très faible, qu'à la partie inférieure. Je dis aux assistants que le pneumothorax prédomine sur la pleurite, et que peut-être la perforation pulmonaire s'est bouchée.
Voici maintenant les chiffres thermiques axillaire et locaux: aisselle, 37°, 8 ; espace intercostal gauche, 37°, \ ; espace intercostal droit, 37°, 4.
Au bout de quarante heures, la température axillaire s'est ainsi élevée de 0°,4, tandis que la pariétale gauche s'esl él< de 1°, I, en vertu de la lésion de voisinage. Quant à la température pariétale droite, elle était plus élevée de I degré qu'avanl l'accident et de 0°,3 de plus que le côté Le plus lésé. Nous verons tout à l'heure de voir pourquoi.
Le il, il n'y a plus de tinteinenl métallique, plus même de souffle amphorique; on n'entend que l<i silence, un lilenoc absolu: c'est-à-dire qu'il ne s'agit vraiment plus que d'un pneumothorax.
La température axillaire est tombée à 37 degrés ; la pariétale gauche, à 35°, 8 ; la droite, à 36°, 9. Au bout de soixante-quatre heures, la température axillaire est redevenue ce qu'elle était avant l'accident ; la température pariétale gauche a baissé de 0°,2 (35°, 8 au lieu de 36); et la pariétale droite est, au contraire, de 0°,5 plus élevée qu'auparavant, et de l°,i plus élevée que celle de la paroi gauche, en rapport avec le pneumothorax.
Le 14 au soir, la température axillaire reste à 37 degrés ; la pariétale gauche s'abaisse encore et tombe à 35°, 3 ; au contraire, la pariétale droite s'élève encore et monte à 37 degrés. Il n'y avait certainement plus de pleurite, puisque la température axillaire était abaissée de 0°,4 et que la température locale, à gauche, avait baissé de 0°,7 tombant aussi de 0°,5 au-dessous de la moyenne normale. Et, cependant, la température locale s élevait toujours à droite (comme il est arrivé dans mon premier cas d'hydropneumothorax, et pour les mêmes raisons).
Le 15, l'état général est lamentable; le malade, couché sur le dos, reste immobile; pâle comme un cadavre, il en a presque la température périphérique, le nez est absolument glacé, les mains et les pieds sont froids ; une sueur visqueuse couvre le corps. 11 ne prend que quelques cuillerées de bouillon, de thé chaud et de vin. C'est la réalisation de la double inanitiation digestive et respiratoire.
Cependant, la température axillaire est de 37°, 3; la pariétale gauche, de 35°, 8 ; la droite, au contraire, de 37°, 2. Le soir, la température axillaire était de 37°, 5 ; la pariétale gauche, de 35e, 9 ; la pariétale droite, de 37°, 2.
J'abrège, pour vous dire que l'état général alla nécessairement s'aggravant toujours et que le malade succomba dans la nuit du 19.
Voici ce que furent les températures axillaire et locales dans les deux derniers jours de la vie :
Le 18, dans l'aisselle, 37°,2 ; à la paroi thoracique gauche, 35 degrés (1 degré de moins qu'avant l'accident; 0°,8 de moins que la moyenne normale) ; à la paroi thoracique droite, 36°, 1 (0°,3 de moins qu'avant l'accident).
Le 19, dans l'aisselle, 37 degrés; à la paroi thoracique gauche.
35 degrés ; à la paroi thoracique droite, 36 degrés. Les trois températures sont plus basses qu'avant la perforation pulmonaire, mais surtout la température du côté où la perforation s'est accomplie.
A l'autopsie, la ponction de la paroi thoracique gauche faite sous l'eau donne issue à une quantité considérable de gaz, et l'on ne trouve à la base de la cavité pleurale gauche qu'un demi-litre environ de liquide non purulent, mais un peu louche et contenant quelques flocons fibrineux. La plèvre ne présente ni rougeur ni épaississement ; on n'y voit aucune trace d'inflammation récente. En arrière et en haut, il y a d'anciennes adhérences (là où on avait trouvé de la matité pendant la vie, et qu'on avait diagnostiquées). Le poumon gauche est complètement rétracté et refoulé en arrière et en haut. Par l'insufflation, on n'y découvre aucune trace de fistule pleuro-pulmonaire (la perforation s'est évidemment bouchée). Ce poumon est le siège de cavernes tuberculeuses et de dilatations bronchiques ; à la surface, ulcérations superficielles de la plèvre, par lesquelles auraient pu se faire d'autres perforations.
Le poumon droit est infiltré ; au sommet, on trouve des parties ramollies; les deux lobes supérieur et inférieur présentent quelques granulations. Le lobe inférieur offre à son bord postérieur un noyau caséeux ramolli. 11 n'y a de ce côté aucune trace d'adhérences ou de pleurésie.
Les ganglions bronchiques sont assez volumineux ; les nerfs vagues (douloureux à la pression au cou pendant la vie) sont accolés à ces ganglions, mais non adhérents ni englobés. 11 n'y ;i aucune rougeur du névrilème. — Cœur petit et pâle. Foie gras(t).
11 n'est peut-être pas sans intérêt de voir, et d'ensemble et successivement, ce que furent les variations de la température dans l'aisselle, ainsi que sur les parois thoraciques gauche et droite, du moment de l'accident au huitième jour qui le suivit.
D'abord le tableau d'ensemble :
(l) Cette observation a été recueillie par mon Interne, M. Cuffcr, médaille d'or, el M. Cambillard, externe, que je remercie publiquement de leur zèle,