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TRAITEMENT DES VOMISSEMENTS

rendait un liquide filant et transparent, mélangé de bile ; en outre, il avait des digestions difficiles, pénibles et un peu d'anorexie.

Le 15 février, les troubles digestifs ne faisant qu'augmenter malgré le traitement général, je prescrivis, avant chaque repas, un paquet de la poudre suivante :

Sous-nitrate de bismuth 10 gr.

Opium brut 0,10

En cinq paquets;

et, après le repas, 2 gouttes d'acide chlorhydrique dans un peu d'eau. Dès ce jour, le malade cessa de vomir et digéra plus facilement.

Le 7 mars, il y eut de la constipation, et le chef de clinique supprima la poudre de bismuth et d'opium. Les fonctions digestives continuèrent néanmoins à s'accomplir régulièrement, et, vers le 22 avril, le malade, amélioré, partit pour Vincennes, sur sa demande.

En pareil cas, indépendamment de Thyperesthésie, il y a de lhypercrinie de la membrane muqueuse de l'estomac, et les malades se trouvent bien d'une substance qui, comme le bismuth, a l'avantage de modifier la sécrétion exagérée des muqueuses. L'addition d'un peu de poudre d'opium brut est nécessaire, parce que Thyperesthésie est cause et partie dans le mal, de sorte que, si on la laissait persister, le soulagement ne serait que momentané.

Nous avons également en ce moment, dans notre salle des femmes, une malade chez laquelle nous avons traité, par le même moyen, une gastrorrhée douloureuse, mais en réduisant les doses à I gramme de bismuth et i centigramme d'opium. La réussite a été complète; vous voyez combien faibles peuvent être les doses; seulement il importe de les donner immédiatement avant le repas.

Ces petites doses ont leur importance, aussi bien au point de vue pécuniaire qu'au point de vue thérapeutique, le bismuth étant aujourd'hui assez coûteux-.

A quelques Lits plus loin, au n" 19, se trouve une autre jeune

■:. — Clin, méâ, ". édit. n.

femme dont je vous ai déjà parlé au sujet de douleurs névralgiques de deux ordres différents qu'elle éprouvait. Elle se plaignait surtout, lors de son entrée (en tant que troubles digestifs), de manquer d'appétit et de digérer difficilement. Immédiatement j'ordonnai 2 gouttes de teinture amère de Baume avant chaque repas, et 2 gouttes d'acide chlorhydrique après. Dès le 4 juillet, la malade avait un meilleur appétit et une digestion plus facile; aujourd'hui elle se porte si bien, qu'elle demande à aller au Vésinet. Or, chose remarquable ! à mesure que les digestions se font mieux et que l'organisme se répare, la névralgie intercostale (qui était de celles que Beau a si bien signalées dans la dyspepsie) va chaque jour diminuant, l'effet disparaissant ainsi avec la cause.

Vous voyez, messieurs, qu'il peut être bon de combattre l'anorexie comme la dyspepsie ; mais là encore la substance employée n'est pas indifférente. Il est évident, par exemple, que certains phthisiques, qui ont ce qu'on appelle la dyspepsie des liquides, ne pourraient supporter la macération de quassia amara, et auraient plutôt envie de vomir que de manger. Au contraire, avec la teinture amère de Baume, qui a l'avantage de se donner sous un petit volume, vous faites coup double en agissant : d'une part, avec le principe amer, sur la sensibilité de la membrane muqueuse qui, sollicitée de la sorte, laisse pleuvoir du suc gastrique ; d'autre part, avec la strychnine, sur la tunique musculeuse de l'estomac, dont l'atonie se trouve ainsi modifiée.

Maintenant, messieurs, je voudrais vous parler d'une autre substance qui réussit souvent contre les vomissements là où les opiacés ont échoué; je veux parler de l'alcool. Au n° 41 de la salle Saint-Paul, se trouvait un phthisique dont je ne pouvais venir à bout d'enrayer les vomissements. Le laudanum, la morphine à l'intérieur, les vésicatoires au creux épigastrique, les injections sous-cutanées de morphine, tout avait échoué. C'est alors que je me déterminai à lui donner de l'alcool, à raison de 60 grammes pour 100 en potion; et cette dernière médication fut couronnée d'un succès complet. Ici je me suis inspiré d'un médecin très distingué, le docteur Tripier, qui a présenté à l'Académie de médecine trois observations, desquelles il résulte

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