TRAITEMENT DES VOMISSEMENTS
repas, et dès lors les fonctions digestives s'accomplirent assez régulièrement pour que, le 16 décembre, notre malade nous quittât ayant repris en partie ses forces, ses couleurs et son embonpoint. Il fallait l'ausculter pour savoir qu'elle était tuberculeuse. Vous avez appris tout à l'heure une partie de son histoire ; voici maintenant ce qu'on entendait à l'auscultation, d'après l'observation que j'ai déjà citée : « La percussion donne de la submatité à la partie moyenne du poumon droit; l'élasticité est légèrement diminuée. A l'auscultation, respiration assez rude au-dessous de la clavicule droite. Au sommet et en arrière, il y a des craquements. » Ces signes n'étaient pas douteux.
On se tromperai! si l'on croyait que c'ait été là une amélioration transitoire et de courte durée. Un élève du service est passé la voir il y a quelques jours ; elle-même est venue rendre récemment visite à la religieuse, elle est toujours relativement aussi bien portante; tuberculeuse, elle n'est pas encore phthisique.
C'est là, messieurs, un fait extrêmement consolant de voir qu'on peut enrayer révolution de la phthisie, en mettant un terme aux vomissements et à la dyspepsie.
Maintenant voici un cas dont vous avez pu être, plus récemment encore, les témoins au n° 21 de la salle Saint-Paul. Il s'agissait d'un homme de quarante-sept ans, qui toussait depuis six mois environ et avait eu déjà une hémoptysie, lorsqu'il entra ici le 20 juillet. Un séjour d'un mois à Saint-Louis n'avait pas beaucoup amélioré son état, et il était très affaibli et très-amaigri quand il nous arriva. Depuis quinze jours environ, il vomissait tous ses aliments. Je passe rapidement sur les autres symptômes (diarrhées, sueurs nocturnes), et sur les signes physiques (matité aux deux sommets avec craquements secs et râles souscrepitants).
Le 21 juillet, on institua un traitement général, et (je cite la feuille d'observation) «contre les vomissements on lui administra 2 gouttes de laudanum dans une cuillerée d'eau avant les rtpas.
Li lendemain le malade ne vomissait plus. On continua le laudanum, et depuis qu'on le lui administre les vomissement^ ont été lout à l'ait supprimés. ».
5H LES TUBERCULEUX ET LES HITH1SHJUES.
Il est évident qu'avec 2 gouttes de laudanum vous ne sauriez stupéfier tout le système nerveux, mais qu'il y a simplement une action topique et de contact sur les expansions terminales du pneumogastrique dans la muqueuse de l'estomac, dont vous avez ainsi diminué la sensibilité exagérée et décidément morbide.
J'insiste sur cette théorie et sur ce point de fait, parce que je ne voudrais pas vous voir donner des doses trop fortes, qui n'aboutiraient qu'à supprimer l'appétit en narcotisant la muqueuse au lieu d'en émousser simplement la sensibilité. (Et permettez-moi de vous rappeler, alors précisément que je vous parle de cette sensibilité exagérée, la réussite obtenue par le même moyen sur trois cancéreux de l'estomac de notre service, dont les vomissements se sont ainsi arrêtés.)
Cependant il est des cas où échouent les préparations opiacées prises comme il vient d'être dit ; c'est surtout alors qu'il existe de la douleur au creux de l'estomac, alors que le trouble du pneumogastrique stomacal s'est élevé jusqu'à la gastralgie ; dans ces cas, un petit vésicatoire volant de 5 centimètres carrés, appliqué seul à l'épigastre, ou concurremment avec de petites doses d'opiacés à l'intérieur, fait justice du vomissement.
D'autres fois, en ces cas de gastralgie symptomatique, c'est à l'injection hypodermique de morphine qu'il faut recourir — et le plus souvent c'est avec succès.
Enfin — il est bon de le dire — vous trouverez des cas absolument rebelles à tous ces moyens ; mais c'est le petit nombre. Et, le plus habituellement, la persistance et l'alternance dans l'emploi des moyens précédents finissent par triompher du symptôme.
En définitive, dans le vomissement par la toux, il faut comprendre qu'il y a réaction du pneumogastrique de l'estomac sur les nerfs expirateurs, d'où la toux; puis réaction de la toux sur l'estomac, d'où le vomissement.
D'autres troubles gastriques peuvent accompagner la phthisie pulmonaire. Ainsi, le 26 janvier, nous avions au n° 47 de la salle Saint-Paul un jeune homme de vingt-six ans qui, malade depuis cinq ans, et aussi tuberculeux que possible, était entré ici avec une sorte de gastrorrhée douloureuse. Chaque matin, il