TRAITEMENT DE LA DIARRHEE
ment de pesanteur extrême, lorsque les aliments avaient été introduits dans l'estomac.
Pour rappeler son appétit, nous lui donnâmes, avant chaque repas, une tasse de macération de quassia amara, mêlée à du sirop d'écorces d'oranges amères, puis, après chaque repas, 3 gouttes d'acide chlorhydrique dans 30 grammes d'eau. Dès le 15 février, l'amélioration se faisait sentir, l'appétit renaissait. La malade devenait très gaie et mangeait avec grand appétit. Le 28 février, cette femme nous quittait, par cette raison qu'elle trouvait la nourriture de l'hôpital insuffisante.
La diarrhée (et je suis de l'avis de M. Fonssagrives) est bien moins fréquente qu'on ne l'a dit; mais elle l'est encore trop. Il en est de plusieurs espèces : diarrhée catarrhale, diarrhée par surcharge alimentaire et insuffisance digestive, diarrhée par ulcérations tuberculeuses, diarrhée colliqualive.
La diarrhée catarrhale, qu'on observe parfois au début de l'affection, doit être traitée par le régime, d'abord, associé à l'emploi du sous-nitrate de bismuth, à la dose de 5 ou 10 grammes par jour, donné par paquets de 1 gramme à la fois, soit dans du pain azyme, soit simplement délayé dans l'eau. Je -préfère ce mode d'administration aux émulsions sucrées, qui sont assez mal supportées par l'estomac. Quand la diarrhée est liée à l'usage de l'huile de foie de morue ou du lailage mal toléré, ou d'une alimentation systématiquement trop généreuse, le régime doit être, à plus forte raison, modifié : on doit d'abord supprimer l'huile; on peut alors avantageusement la remplacer par le koumys; le lait, si utile aux tuberculeux, pourra être toléré en l'additionnant d'une cuillerée à café d'eau de chaux par lasse, ou encore en faisant précéder celle-ci d'un paquet de sous-nitrate de bismuth de 1 gramme. Enfin, la diarrhée par surcharge gastrique (les matières alvines contenant parfois des aliments mal digérés cl encore reconnaissables en partie), cette diarrhée fédéra à l'einplui d'un vomitif (1 gramme à lg,50 de poudre d'ipécacuanha, en trois doses, à dix minutes d'intervalle), pour débarrasser l'estomac, suivi d'un léger laxatif le lendemain, pour balayer les entrailles ; el elle ne se reproduira plus, si l'on règle mieux l'alimentation.
Quand l'irritation de la membrane muqueuse est plus profonde, qu'il y a entérite ou gastro-entérite, la médication doit être plus complexe; contre la gastrite : le régime alimentaire convenable; petites quantités de lait; un œuf à la coque, sans pain, ou poché dans du bouillon ; viande crue, râpée, par 20 grammes à la fois ; un vésicatoire volant à l'épigastre ; contre l'entérite : le bismuth, associé ou non à la poudre d'opium brut, à la dose de 1 centigramme par gramme; le diascordium, seul, à la dose de 2 à 4 grammes (par un gramme à la fois), ou concurremment à l'emploi du bismuth, ou encore la thériaque, à la même dose et de la même façon, en électuaire ou sous forme de poudre. Les astringents ont beaucoup moins de pouvoir et ne sont guère bons qu'en lavement. Le laudanum de Sydeuham est excellent, par 1 à 2 gouttes, quatre à cinq fois par jour, et par la bouche, simultanémenjt à son emploi par le rectum, à la dose de 5 à 10 gouttes d'emblée, une ou deux fois par jour.
En même temps, je fais faire de la révulsion sur la peau de l'abdomen, soit en l'excitant matin et soir simplement par des frictions sèches, à la flanelle, ou stimulantes, à l'aide de baume de Fioraventi, d'alcoolat de mélisse ou d'eau de Cologne, suivies d'un léger massage de la région ; soit en recourant à une médication bien plus énergique et très efficace, à laquelle on ne pense guère cependant, et qui consiste dans l'application, sur la peau de l'abdomen, de vésicatoires volants, de 6 centimètres sur o, le long du trajet des côlons ou à l'entour de l'ombilic, au nombre successif de trois, quatre ou cinq, appliqués chacun à quatre ou cinq jours d'intervalle et pendant une dizaine d'heures; j'en ai obtenu de ces résultats que les gens du monde appellent « merveilleux ».
Cette dernière et énergique médication réussit même, au moins pour un temps, dans le cas de diarrhée persistante et profuse, liée aux ulcérations intestinales d'origine tuberculeuse. 11 y a là, en effet, bien des éléments morbides en action : l'irritation par le processus tuberculeux, provoquant d'abord l'hypercrinie ou diarrhée catarrhale ; l'inflammation et la diarrhée plus abondante ; l'ulcération et la diarrhée plus abondante