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TRAITEMENT DE LA DIARRHEE

encore (qui se révèle, celle-là, par une horrible et caractéristique fétidité). Or, qui ne voit que, dans ces cas, la médication qui n'a aucune prise, comme quoi que ce soit, sur le tubercule, en a, et une puissante, sur l'irritation, l'inflammation, voire môme l'ulcération périphymique?

C'est dans ces cas encore que la médication est rationnelle, qui consiste à porter un caustique sur les ulcérations, origine du mal.

Vous en avez pu voir les effets sur notre malade du n° 54. Astringents, bismuth, opiacés, administrés par l'estomac ou par le rectum, tout avait été employé sans succès. Je pensai alors devoir administrer le nitrate d'argent en pilules. Le premier jour, je donnai une pilule de 1 centigramme qui resta sans résultat; le lendemain, deux pilules diminuèrent un peu l'intensité de la diarrhée, assez même pour que le malade s'en félicitât déjà. Au bout de trois" jours, je prescrivis 3 centigrammes, et notre homme me dit que ses selles sont aujourd'hui réduites à deux ou trois par vingt-quatre heures et qu'elles ne sont plus liquides.

Graves, en Angleterre, donnait même, en pareil cas, de J5 à 25 centigrammes de nitrate d'argent ; mais j'ai voulu précisément vous indiquer ce fait pour vous montrer que le but peut être atteint avec des doses beaucoup moindres. En effet, en allant jusqu'à \ ou 5 centigrammes, nous avons tari au moins pour un temps, chez notre malade, cette source de déperdition des forces.

Malheureusement, il est des cas où vous échouerez, même avec le nitrate d'argent, môme donné à plus forte dose : le mal est trop profond et trop étendu ; la muqueuse n'obéit plus.

La diarrhée colliq native est spécialement de cet ordre ; ce n'esl ni de l'irritation, ni de l'inflammation, ni de L'ulcération ; c'est un laisser-aller, un abandon, un coîlapsus des glandules de l'intestin, par lesquelles, inertes, s'échappe comme par la peau la sérosité du sang ; ce n'esl pas de la sécrétion, c'est de la transsudation, moins encore, une sorte ^ Ûltration, où le dynamisme .1 aussi peu â voir que la thérapeutique à faire. Il n'y a plus qu'à assister, passif el impuissant, à ce phénomène terminal.

Le tuberculeux rejette ou peut rejeter par la toux : 1° des crachats perlés, globuleux, striés parfois de points noirs et venant des glandules hypertrophiées du pharynx et du vestibule laryngé, régions qui sont souvent atteintes d'une phlegmasie chronique que Ton a désignée sous le nom d'angine (( granuleuse » (ou mieux « glanduleuse »); 2° des crachats également perlés, moins régulièrement globuleux que les précédents, parfois étalés ou déchiquetés, parfois encore striés de lignes jaunâtres, et qui ne sont autres que le produit de sécrétion des glandules de la muqueuse de la trachée-artère, plus ou moins chroniquement enflammée.

Ces deux sortes de crachats n'ont aucune espèce d'importance. Ils sont absolument indépendants de la tuberculisation des poumons. 11 en est d'autres, au contraire, qui tiennent à cette tuberculisation même, soit par action de voisinage, soit par lésion directe. Je veux parler des crachats de la bronchite et de ceux des excavations tuberculeuses. Nous avons vu que le tubercule provoquait, à un certain moment de son évolution, une hypérémie rayonnant jusque sur un territoire anatomique absolument différent par la structure comme par les fonctions, je veux dire sur le territoire de la membrane muqueuse des bronches. Eh bien, cette hypérémie rayonnant du tubercule (qui siège dans les poumons) jusque sur la membrane muqueuse (qui n'est nullement tuberculisée) provoque tous les degrés de la sécrétion ; depuis une sorte de salivation des bronches, jusqu'à la production d'un mucus plus épais, simple encore et purement catarrhal, jusqu'à celle enfin d'un muco-pus, où les leucocytes prédominent sur les globules de mucus.

Cette sécrétion, surtout celle de la dernière espèce, est une cause de spoliation pour l'organisme, et à ce titre elle doit être combattue. Nous verrons tout à l'heure comment on le peut faire.

En dernier lieu enfin, le tubercule provoquant autour de soi une phlegmasie de nature ulcéreuse, il en résulte le rejet de crachats où le pus prédomine et qui contiennent, comme nous l'avons vu, des débris fibreux du poumon nécrosé (I); c'est le pus

(I) Voir plus haut, p. 300.

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