‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 179 sur 282 · TRAITEMENT : HEMOPTYSIE ET VOMITIFS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT : HEMOPTYSIE ET VOMITIFS

ptysie tuberculeuse, alors surtout qu'elle est abondante, une médication conseillée par Trousseau, qui l'avait empruntée à Stoll, je veux dire la médication vomitive, et cela avec la poudre d'ipécacuanha à la dose de 4 grammes ; c'était le chiffre de Stoll, accepté par Trousseau; mais j'ai trouvé que Ie, 50 à 2 grammes étaient amplement suffisants. Je vous ai dit les bons effets de cette médication; j'ai essayé même d'en donner la théorie, qui ne serait autre qu'une action exercée sur la circulation interstitielle, produisant une sorte d'anémie parenchymateuse par contracture vasculaire. Quoi qu'il en soit, le fait est incontestable que Thémorrhagie s'arrête par les vomissements. Or, ce qui prouve que ce n'est pas Faction mécanique de vomir, mais l'état nauséeux seul qui est salutaire, c'est qu'on peut obtenir les mêmes effets sans vomissement aucun et sans avoir d'ailleurs recours à Fipécacuanha, qui n'a rien de spécifique. Par exemple, il est des cas où la médication vomitive est assez mal acceptée du malade et surtout de son entourage, et conseillée d'autre part avec une certaine timidité par vous-même, et où vous pourrez alors victorieusement employer le traitement que je vais vous dire : un julep gommeux, contenant 30 centigrammes de kermès minéral, est donné d'heure en heure ; il en résulte un état nauséeux, assez désagréable d'ailleurs, quelquefois même de légères vomituritions ou une à deux selles diarrhéiques; mais dès le premier jour de cette médication l'hémorrhagie s'arrête ou s'amoindrit, pour cesser, dans ce dernier cas, le second ou le troisième jour. Tout récemment même, chez une jeune dame que je voyais en consultation, l'hémoptysie, très abondante et qui durait ainsi depuis sept jours, fut arrêtée dès le premier jour par l'usage de cette potion ; et ce qu'il y eut de plus remarquable, c'est que la malade eut simplement mal au cœur sans éprouver ni vomissements ni diarrhée. Le pouls, qui était, avant l'administration de la potion, après de 430, tombai HO; la respiration, de très fréquente, devint presque naturelle; les râles très fins des parties moyenne et inférieure du poumon avaient presque disparu. En même temps la malade avait très Doublement pâli, ce qui est d'accord avec la théorie que j'ai donnée de l'anémie locale par action sur le grand sympathique vasculaire^ el rouir-e

ture vasculaire consécutive. De tels effets étaient évidemment dus, chez cette malade, à l'action du kermès ; car, bien qu'elle eût eu un second vésicatoire en même temps que la potion de kermès, elle avait été soumise antérieurement à un premier vésicatoire et à l'emploi des moyens les plus variés sans aucun succès. Je cite ce fait, dont je pourrais rapporter d'autres analogues, parce qu'il a été observé sous le contrôle d'un médecin très éclairé, et que l'hémostase, vainement cherchée jusque-là parla série des moyens classiques connus, a été presque immédiatement obtenue à la suite d'un simple état nauséeux.

Vous obtiendrez des effets analogues dans des cas moins émouvants et moins immédiatement pressants; par exemple, alors qu'il n'y a que des crachats sanglants rejetés successivement dans le cours de la journée (au nombre de cinq ou six, je suppose), en faisant prendre de six à huit pastilles d'ipécacuanha dans le cours d'une matinée ; ou encore des pastilles de kermès en même nombre ; ou enfin un sirop kermétisé contenant 2 centigrammes de la préparation antimoniale par cuillerée : deux ou trois cuillerées suffisent ordinairement pour obtenir la diminution ou la cessation de l'expectoration sanglante.

J'ai obtenu également de bons effets dans le cas d'hémorrhagie pulmonaire médiocrement abondante, en associant le sulfate de quinine à la poudre d'ergot de seigle; par exemple, 50 centigrammes de sulfate de quinine mélangés à 2 grammes de poudre d'ergot de seigle et divisés en dix doses, que l'on peut prendre dans le cours de la journée ou même à doses moitié moindres, si l'hémoptysie n'est pas très notable. G'est une médication que conseille le docteur Gimbert (de Cannes), et qui est vraiment efficace au cas dont je vous parle.

Maintenant il va sans dire qu'il ne faut, en pareil cas, négliger aucun des moyens classiques, tels que les révulsifs sur la poitrine et sur la peau des membres inférieurs , tels encore que la respiration d'un air frais et l'usage de boissons ainsi que d'aliments froids.

Gomme intermédiaire entre la diététique et la thérapeutique, il y a la diète lactée, les cures de petit-lait et les cures de koumys;

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