TRAITEMENT : LES CORPS GRAS
raie, de squale, de sardine, qui ne peuvent remplacer la première, bien que l'analyse chimique n'y décèle que des différences presque insignifiantes. Le mieux pour faire tolérer l'huile de morue est de la donner immédiatement avant le repas, quelquefois en faisant suivre l'ingestion de l'huile de celle d'une petite quantité de vin de quinquina ou de Bugeaud : une cuillerée à dessert ou une cuillerée à soupe d'huile de foie de morue blonde, suivie ou non d'une quantité égale de vin de quinquina au bordeaux ou au malaga, et manger tout de suite. L'huile de foie de morue ne peut être ainsi donnée que lorsque l'estomac s'y prête, et la température extérieure également. On ne peut la faire prendre à certains malades chez lesquels elle provoque des vomissements ou de la diarrhée. On ne peut guère la donner non plus pendant la saison chaude ; enfin il est difficile de l'administrer pendant un long temps.
M. J. Rendu (de Lyon) a démontré les propriétés reconstituantes de l'huile de foie de morue par ses recherches faites en 1877 à l'Hôtel-Dieu de Lyon. Sur trente-cinq tuberculeux, M. Rendu a trouvé : par l'expectation , une diminution de 4k,965 pour 100 kilogrammes de malade ; par l'arsenic, une diminution de -i\793 pour 100 kilogrammes de malade; par l'huile de foie de morue, une augmentation de 2^,45 pour 100 kilogrammes de malade, ou plutôt, en ajoutant à cette dernière série, comme il est légitime de le faire, ce qui n'a i>ns été perdu à ne qui a été gagné, il a obtenu par l'huile de foie de morue une augment \ai ion réelle de plus de 7 kilogrammes pour 100 kilogrammes de malade. 11 serait même plus exact de dire que cette augmentation dépasse 11 kilogrammes pour 100 kilogrammes de malade. L'arsenic n'a donc guère plus donné de résultats que l'expeetation pure et simple ; les malades, au contraire, soumis à l'huile de foie de morue ont seuls gagné en poids et en force. La lésion pulmonaire ne paraît pas aussi heureusement influencée par l'huile de foie de morue que Trial général et la nutrition du malade. Le médicamenl agit très peu ci même ne paraîl pas agir du toul lorsquecette lésion pulmonaire est considérable.
Récemment aussi, deux médecins américains, MM. Cutler et
Bradfort, ont vu que, chez les sujets sains, l'huile de foie de morue produisait une augmentation notable dans le chiffre des globules rouges et une augmentation légère dans celui des globules blancs. Il en est de même, selon eux, dans la phthisie quand le médicament est bien supporté.
Chez des individus qui ne pouvaient supporter l'huile de foie de morue et qui avaient de l'anorexie, j'ai donné avec avantage de petites doses de caviar avant le repas, c'est-à-dire des œufs d'esturgeon conservés et quelque peu fermentes. Progressivement on arrive à le faire prendre avec de petites doses d'huile de foie de morue.
Ou encore, on associe cette huile à des sardines, en la substituant à celle qui avait servi à conserver celles-ci. Les sardines font digérer l'huile de morue, et tout est pour le mieux.