‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 189 sur 282 · TRAITEMENT DES FORMES TRAITABLES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES FORMES TRAITABLES

J'ai cité tout à l'heure un exemple de cette forme hypérémique sans fièvre, où la révulsion et l'hygiène furent d'une telle puissance, emprunté à la pratique d'un médecin de premier ordre. Voici un autre cas que me fournit mon savant ami le docteur Ferrand, où l'hygiène fit à peu près exclusivement les frais de la guérison, ou mieux de la prolongation indéfinie de l'existence :

« Un jeune homme, fils de parents bien portants (la mère souvent souffrante est cependant morte âgée), eut vers dix-huit ans une abondante hémoptysie à la suite de laquelle Récamier le déclara phthisique. Repoussé pour ce motif d'une communauté dans laquelle il désirait entrer, il fit l'éducation de quelques jeunes gens chez lesquels il trouva une vie active et un régime largement réparateur.

« Quelques années après il pouvait donner suite à ses premiers projets d'avenir, et aujourd'hui, âgé de soixante ans, il mène encore la vie laborieuse de cette communauté, se levant à quatre heures du matin, etc.

« Une fois cependant (il y a de cela dix ans environ), à la suite de fatigues excessives dues à de grandes prédications, les signes thoraciques se reproduisirent (craquements humides manifestes) vers les deux sommets. Une hygiène plus sagement ménagée permit encore une fois de conjurer pleinement le danger. »

Voici encore un autre fait emprunté à la pratique du môme judicieux médecin :

« Un jeune homme de vingt-deux ans est atteint d'une forte hémoptysie que je constate. Son frère est mort phthisique à dix-huit ans; un frère de son père est mort probablement phthisique et encore jeune.

« Après un séjour de deux hivers en Afrique et une saison aux Pyrénées, ce jeune homme, qui avait eu des signes (craquements) vers les sommets, revient guéri ; il se fixe à la campagne, s'adonne à la culture et s'y emploie fort activement.

« Il se marie, a successivement quatre enfants, dont un seul meurt en bas âge. L'aîné a aujourd'hui douze ans. Le père en ;i plui de quarante et se porte à merveille. »

Je ne ferai que mentionner sommairement le cas d'un homme

PITIR, - Clin. méd. 3« édit n. — 38

qui mourut à plus de soixante ans, après avoir eu à diverses époques de sa vie de fortes hémoptysies et qui ne prolongea ainsi son existence que grâce à une hygiène rigoureuse au point d'en être, dit M. Ferrand, suspecté de manie. Il était' néanmoins si bien tuberculeux, que ses six enfants sont morts avant lui ou d'arthrite tuberculeuse, ou de méningite, ou de péritonite, tuberculeuses également, ou de phthisie pulmonaire.

Ces faits d'autrui, je les cite beaucoup plus volontiers que les miens, qu'ils confirment et corroborent.

Dans la forme chronique des auteurs, c'est-à-dire dans la tuberculisation pulmonaire chronique avec fièvre, soit intercurrente, soit terminale, il faut considérer deux phases : une première correspondant à la forme hypérémique sans fièvre, laquelle reste telle au début et pendant un assez long temps ; et une seconde phase où la fièvre apparaît.

Le danger possible de cette forme est dans le passage de l'hypérémie à la phlegmasie et de la phlegmasie circonscrite à une phlegmasie plus étendue. Le danger encore est surtout dans le retentissement de la lésion locale sur le grand sympathique vasculaire du poumon, et dans le retentissement ultérieur du grand sympathique vasculaire du poumon sur le grand sympathique général, de façon à ce que la fièvre s'allume, auquel cas le péril est double : la fièvre symptomatique de la lésion pulmonaire, qui s'étend et s'aggrave, déterminant une altération telle de l'organisme, qu'une nouvelle germination tuberculeuse à marche rapide va s'ajouter, par le fait même de la fièvre et avec une forme particulière (1), aux lésions primitives, et empirer d'autant l'état du malade.

C'est dans de telles conditions qu'il importe d'agir et le plus vite et le plus énergiquement : ventouses scarifiées ou sangsues si le sujet est suffisamment robuste ; vésicatoires d'abord, teinture d'iode ensuite, si le malade est moins résistant; exutoire au bras placé en permanence ; préparations kermétisées si l'expectoration le réclame; arsenic, alternant avec le sulfate de quinine; pour alimentation, laitage, œufs, viande, quelque chose comme l'ali-

(1) Voir, plus haut, p. 275 et suiv.

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