TRAITEMENT DES FORMES TRAITABLES
taires, en même temps que la fièvre cessait et que se rétablissait la santé générale.
Mais ce qu'il y eut de curieux dans cette observation, c'est qu'un professeur de mes collègues, appelé près d'elle en consultation dans une de ces phases fébriles de la maladie, constata l'existence d'une caverne et en porta un pronostic prochainement mortel. Or, cette malade, traitée par les révulsifs, puis bientôt transportée à la campagne où elle passa tout l'été, fut revue six mois plus tard par le même professeur, qui chercha vainement et avec une certaine surprise la caverne qu'il avait constatée antérieurement et dont il ne pouvait pas méconnaître la guérison.
Cette dame, il est vrai, « succomba après plusieurs reprises d'une semblable évolution pathologique, épuisée par trois grossesses successives et rapprochées, et par le fait de l'extension de la tuberculose au péritoine abdominal et pelvien (I). »
Telles sont les formes traitables de la tuberculisation pulmonaire ; je ne dis pas qu'elles soient curables, mais les faits démontrent qu'elles sont tout au moins justiciables d'une médication rationnelle et suffisamment énergique; c'est là un des côtés les plus consolants et les plus utiles à la fois de la longue étude que nous avons faite.
Maintenant je n'ai plus à dire, hélas 1 que quelques mots sur les formes intraitables. Autant il faut avoir d'espoir, de courage, d'audace et d'initiative, autant il faut savoir s'inspirer des conditions si variables du malade et de son milieu, dans les formes traitables, autant on a lieu de désespérer dans les formes intraitables; lesquelles sont : \a.phthisie chronique fébrile continue, la phihisie galopante et la phthisie aiguë. Là on ne peut, en aucune façon, concevoir la pensée d'enrayer la marche du mal ; théoriquement, le processus inflammatoire local ou tout au moins congestif, la fièvre qui en est l'expression, on pourrait les croire justiciables de la médication antiphlogistique ou contro-stimulante; il n'en est rien, et, pratiquement, nous avons vu précédemment la déplorable impuissance de celte médical ion rationnelle dans ces formes de la tuberculose (2). On ne peut que
(I) Voir, plus haut, [>. 127, Grossesse et Tu^erculisalion. I) Voir, plus haut, leçon LXIV, p. 5*7.
soulager le malade ou s'efforcer d'amoindrir ses souffrances. C'est de ces formes qu'on peut répéter avec vérité ce que Fonssagrives dit de la phthisie pulmonaire en général : « C'est une maladie qu'on ne guérit pas, mais qu'on panse. »