‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 203 sur 282 · SOIXANTE-HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SOIXANTE-HUITIÈME LEÇON

Encore l'augmentation de la masse du sang chez la femme grosse. — Hypertrophie physiologique du cœur consécutive. — Pléthores pulmonaire, hépatique, rénale, également consécutives. — Gomment la déviation du fait physiologique produit chez la femme grosse les étouffements et l'hémoptysie, l'ictère bénin et l'ictère grave, le pissement du sérum et l'urinémie. — Que l'éclampsie puerpérale est de l'urinémie. — Doctrine de l'anémie et fréquence graduellement progressive des cas d'éclampsie.

Messieurs,

« Toutes les femmes grosses atteintes d'éclampsie sont albuminuriques. » Telle est la proposition formulée par Cazeaux, confirmée par Frerichs, par un professeur de Vienne, Braun, et par la plupart de ceux qui ont étudié l'éclampsie chez la femme grosse.

A cette proposition on a objecté : « qu'il est des femmes grosses frappées d'éclampsie sans être albuminuriques. » Et l'on cite à l'appui jusqu'à six cas, six cas contre des centaines d'autres où l'éclampsie coïncide avec l'albuminurie ! Il n'est donc pas douteux d'abord que ces faits ne soient exceptionnels; il n'est pas douteux davantage qu'ils ne rentrent dans la règle, si l'on veut bien considérer qu'un très grand nombre de femmes grosses atteintes d'albuminurie cessent de l'être temporairement. C'est un fait signalé par Bailly, dans le remarquable article Éclampsie du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. Bailly fait observer en effet qu'il n'est pas rare de voir l'albuminurie des femmes grosses disparaître pendant quelques heures, pour reparaître ensuite ; ce qui, suivant moi, se conçoit parfaitement, étant connue la cause prochaine et toute matérielle de cette albuminurie, cause prochaine qui est une congestion, laquelle peut brusquement et à de courts intervalles diminuer ou augmenter, entraînant des modifications corrélatives dans son effet, le pisse-

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