‹ Leðcons de clinique mâedicaleChapitre 205 sur 282 · SOIXANTE-NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SOIXANTE-NEUVIÈME LEÇON

Ce qu'il faut penser de l'anémie des femmes enceintes. — Anémiques par qualité, pléthoriques par quantité. — Congestions viscérales par pléthore d'un sang même moins riche en globules. — Peut-on prévoir l'éclampsie?

Messieurs,

Ainsi, par les chiffres que je vous ai cités, nous voyons que, depuis quarante ans, la fréquence des cas d'éclampsie a été graduellement croissante, suivant une progression régulière :

Ecîampsie. Progression.

De 1834 à 1843 17 cas = 1

De 1844 à 1853 27 » = 1,587

De 1854 à 1863 35 » = 2

De 18G4 à 1871 54 » = 3/176

Ou, assez exactement, la progression régulière

Or, cette plus grande fréquence n'est pas relative, elle est absolue, la population féminine de Paris n'ayant pas triplé depuis quarante ans, et les lits de la Clinique non plus.

Je vous ai dit que ce fait si remarquable coïncide avec une révolution doctrinale opérée par l'hématologie, révolution doctrinale qui consiste à voir dans toute femme enceinte une anémique. Je vous ai dit encore que, docile à la nouvelle doctrine, la thérapeutique s'est complètement et brusquement modifiée : on ne saigne plus les femmes grosses.

Or, est-il vrai que les femmes enceintes soient anémiques? Est-il vrai qu'elles le soient toutes? Est-il vrai qu'elles le soient de par leur grossesse? Enfin, à quel degré celles qui le sont le sont-elles?

Autant de questions qui méritent bien qu'on les soulève.

Andral et Gavarretont analysé le sang de trente-quatre femmes

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