LYPÉMANIE PUERPÉRALE
Quantité d'urine 600 grammes>
Densité j 011
Réaction légèrement acide.
^fe 6^45 pour 1000
Albumine Traces.
Acide phosphorique 0 72}
™f e '.'■'■ B,M pour 1 000
Acide urique 0 10 )
Dépôt : leucocytes, quelques tubuli, quelques cellules épithéliales.
8 mai. Temp., matin, 38 degrés; soir, 38°,6.
L'amaurose a presque disparu ; la bouffissure de la face est moins accentuée. La malade a rendu 2 litres d'urine au moins et cette urine ne renferme plus ni albumine ni cylindres. (Par conséquent, l'accouchement provoqué, en faisant cesser la congestion rénale, a mis un terme, comme je l'espérais, au trouble fonctionnel, et fait disparaître la sérumurie.)
Malheureusement, il y a de la diarrhée et des selles fréquentes.
Le soir, la malade se plaint d'une céphalée persistante dans le côté gauche de la tête. Malgré la fièvre qui s'est déclarée, il n'existe aucune complication du côté du ventre, mais l'auscultation révèle des râles de bronchite aux deux bases.
1) mai. Temp., 37°,8;soir, 37°,8.
Amélioration considérable. L'œdème et la céphalée ont disparu ; seule la vue reste un peu trouble. Les urines renferment de nouveau un peu d'albumine et quelques cylindres. Voici du reste, les résultats de l'analyse :
Quantité d'urine g ,itres>
Réaction légèrement acide.
Densité \ 014
Vr(iG 5t,i2« j
Albumine (i K,, j Pour I 000 ,
Dépôt : leucoeyfes abondai,!* ; fuelqtiei cylindres granuleux.
iOmai. Temp., matin, 38%6j soir, 37%2. Léger Wti on hieP soir; somnolence; raies de bronchite dans I* ,\vux pornnow Pour W rtste, étal stationnai™.
Ventouses sèches, i.,«i. pot, i gramme; tannin, Ot ,50,
il mai. Temp., matin, 38 degrés ; loir, :w.'i.
708 LES MALADIES PUERPÉRALES.
Analyse des urines :
Quantité d'urine en 24 heures. ... 2 400 grammes.
Densité 1 0L4
Réaction neutre.
Urée 5^,145
. pour 1 000 Albumine 4 gr. )
Leucocytes abondants, plus de cylindres.
12 mai. Frisson hier au soir, sans cause appréciable. Mômes signes : céphalée le soir, râles de bronchite disséminés. Température, 38%4. Huile de ricin.
13 mai. Abattement ; frissons depuis hier au soir ; urine, 750 grammes. Temp., matin, 41 degrés ; soir, 37°, 6. Pas de localisation morbide, pas de signes de péritonite.
14 mai. Temp., matin, 38°, 2; soir, 37%5.
1 litre d'urine. Même état, mais plus de frissons. Apparition de vésicules d'herpès aux lèvres.
15 mai. Amélioration notable signalée par la malade. Plus de céphalée, plus d'œdème, plus de troubles oculaires.
Apyrexie. Urines, 850 grammes; mais une purgation donnée bier a dû en diminuer la quantité.
Voici l'analyse des urines :
Quantité d'urine 850 grammes.
Densité 1 015
Urée 45,31 )
.,, . o Pour 1 000
Albumine 8 gr. ) '
Dépôt : leucocytes nombreux.
D'après les caractères des urines, la réaction par l'ammoniaque, l'examen histologique, on peut affirmer qu'il s'agit maintenant non plus d'albuminurie, mais depyurfe. Cette pyurie indique une suppuration sur un point des voies urinaires que rien ne permet de déterminer. Mais cette suppuration même explique les accès de fièvre qui se sont produits ces jours derniers.
Les jours suivants, les urines restent purulentes, mais l'état général est satisfaisant. 11 est à remarquer néanmoins que la malade présente un état cérébral singulier, se plaint de rêves pénibles et accuse ses voisines d'une série de vexations.
Le 18 mai. Nouveau mouvement fébrile sans conséquences.
LYPÉMANIE PUERPÉRALE. TOy
Le 21 mai. La malade était hier en état de subdélirium. Cette nuit le délire a été assez violent pour nécessiter la camisole de force.
Temp., matin, 38 degrés; soir, 38°, 8.
En examinant avec soin les divers organes et les régions du corps, on finit par constater une rénitence spéciale avec tuméfaction notable et douleur vive à la pression dans la région du rein droit. La douleur existe aussi bien en arrière dans la région lombaire qu'en avant sous le foie. Le diagnostic le plus probable me semble être celui d'un abcès périnéphrétique.
Les urines sont rares et toujours purulentes.
Yésicatoire sur la tumeur abdominale.
22 mai. Temp., matin, 38°,7 ; soir, 40°, 2.
État plus calme depuis que la malade a été changée de salle pour la soustraire aux soi-disant persécutions de ses voisines. Mais sa conversation est toujours incohérente, et nul doute que cette femme ne soit atteinte de manie puerpérale.
On constate aujourd'hui l'existence d'un léger épanchement pleurétique du côté gauche.
23 mai. Temp., matin, 38°, 9; soir, 40°, 1 ; délire toute la nuit. La malade a voulu « se jeter par la fenêtre »; c'est-à-dire qu'elle a cette manie meurtrière, suicide, sur laquelle j'ai insisté à dessein. — Albuminurie et pyurie persistante.
24 mai. Temp., matin, 38°, 6 ; soir, 40°4.
25 mai. Temp., matin, 38 degrés; soir, 40°, 4.
Mutisme absolu et « refus de tout aliment liquide ou solide ».
Ventouses sèches ; injections d'éther.
Soir. Môme état de mutisme; sourire continuel avec expression d'une vive gaieté à l'aspect de son image dans une glace qu'elle tient constamment à la main.
Signes persistants d'une pleurésie gauche avec épanchement moyen. Râles sous-crépitants à la base du côté opposé.
26 mai. Temp., matin, 38 degrés; soir, 39 degrés; P. 126. Même état. Mutisme et refus des aliments. La malade est
nourrie à l'aide de la sonde œsophagienne introduite par le nez. Bile ne reconnaît personne, môme pas son mari (elle ^rsi mariée à l'hôpital .
710 LES MALADIES PUERPERALES.
27 mai. Temp., matin, 37o,6; soir, 39 degrés.
A mangé seule aujourd'hui. Hier soir, lucidité passagère, a reconnu son mari.
28 mai. Temp., matin, 38 degrés ; soir, 38 degrés.
Refuse de nouveau les aliments ; a passé sa nuit à pousser des cris, répétant sans cesse les mêmes mots sans cesser un moment- Incontinence de l'urine et des fèces.
29 mai. Temp., matin, 38 degrés; soir, 38°, 2. Même état.
Le délire des persécutions est manifeste chez cette malade ; elle repousse son mari, lui disant qu'il l'a trompée, etc.
30 mai. Temp., matin, 38 degrés; soir, 38°, 6.
31 mai, Temp., matin, 38°, 6; soir, 38°,4-
La malade est plus calme, mais toujours inconsciente ; elle maigrit beaucoup.
1er juin. Temp., matin, 37°, 8; soir, 39°, 6. Même état. Raideur de la nuque.
2 juin. Temp., matin, 38°, 2; soir, 39°, 6. Calme complet, mutisme absolu. La malade boit machinalement quand on lui offre à boire, mais ne demande aucun aliment.
Soir, fièvre plus vive. Dyspnée, 142 respirations. Pouls à 150. Estomac très ballonné. Epanchement pleurétique stationnaire.
3 juin. Temp., matin, 39°, 8; soir, 39°, 2. Dyspnée. Rotation de la tête à gauche. Congestion hypostatique des deux bases. Face très altérée.
Ventouses scarifiées à la nuque.
4 juin. Temp., matin, 41°, 8. Pouls à 150. Face congestionnée; dyspnée. Résolution complète. Mort dans la journée.
L'autopsie n'a pu être faite, mais on a pu enlever les reins et constater :
1° Que le rein droit était plongé dans une atmosphère purulente, ce qui confirmait le diagnostic d'abcès périnéphrétique droit ;
2° Que les deux reins ne paraissaient pas avoir subi d'altération profonde. A l'œil nu, ils étaient légèrement anémiés et présentaient à leur surface un certain nombre d'ecchymoses superficielles ; de plus, le rein droit était le siège d'un petit abcès