TRENTE-HUITIÈME LEÇON
Comment on se tuberculise. — Inanitiation par les voies digeslioes. — Tubercule et tuberculisation. — Comment on fait du tubercule. — La vie et l'hématopoièse. — Troubles de Fhématopoièse et tuberculisation. — Entrave physique ;i l'alimentation, déchéance de l'organisme et apparition des tubercules. — Comment le rétrécissement de l'œsophage fait devenir tuberculeux. — Que le cancer et le tubercule ne sont nullement antagonistes. — Comment celui-là engendre celui-ci. — Que le cancer de V estomac peut rendre tuberculeux. — Qu'il en est de même de Vulcère simple de l'estomac; — De même encore d'une névrose hystérique de cet organe. — Tuberculisation pulmonaire consécutive aux diarrhées chroniques.
Messieurs
L'idée fondamentale qui domine et inspire toutes ces leçons sur la tuberculisation pulmonaire, c'est que le tubercule n'est pas la tuberculisation, ni la tuberculisation la phthisie. Le tuberii le est h*, produit et le témoignage d'une déchéance de l'organisme ; la tuberculisation;, le mode d'évolution de ce produit ?/ la phthisie, le résultat général et plus ou moins prochain de la tuberculisation, une sorte de cachexie organique, dont nous pouvons, dans un grand nombre de cas, retarder l'apparition et les progrès, alors cependant que nous ne pouvons rien, absolument rien contre le tubercule.
C'est une déchéance de l'être vivant qui le fait produire en lui des tubercules ; mais cette déchéance peut être temporaire ou permanente, rapide ou lente, aggravée ou retardée; et c'est en quoi il vous est donné d'intervenir efficacement.
Les tubercules étant produits par une déviation de la nutrition, tout va désormais dépendre de deux particularités essentielles, et dont je vous ai déjà parlé : la tolérance de V organe et la tolérance de l'organisme. La tolérance de l'organe est celle propriété qu'aie poumon de contenir dans son épaisseur, et pendant
un temps plus ou moins long, des granulations, sans action quelconque appréciable de celles-ci. La tolérance de l'organisme consiste dans l'intégrité des grandes fonctions : digestion, innervation, circulation.
Cette double tolérance fait-elle défaut, c'est la phthisie aiguë; auquel cas nous sommes absolument impuissants contre le mal.
Cette double tolérance existe-t-elle, il y a phthisie chronique. L'association, aux degrés les plus divers, de la tolérance de l'organe et de la tolérance de l'organisme constitue les variétés de la phthisie chronique.
Ainsi le médecin peut et doit se proposer ce double but :
1° Etant donné un tuberculeux, retarder le plus longtemps possible le moment où il deviendra phthisique;
2° Etant donné l'enfant d'un tuberculeux, l'empêcher de devenir tuberculeux, ou retarder le plus possible le moment où il le deviendra ;
Double but qu'une hygiène bien entendue et une médication rationnelle lui permettront parfois d'atteindre.
Maintenant, messieurs, comment fait-on du tubercule? Question la plus considérable que se puisse poser un médecin.
Or, je vous le dis tout d'abord, on ne devient pas malade parce qu'on est tuberculeux, on devient tuberculeux parce qu'on est déjà malade. Le tubercule (je ne le répéterai jamais trop) est l'expression matérielle d'une déchéance de l'être, et cette déchéance survient par le fait des troubles de la nutrition; c'està-dire que, toutes les fois que la nutrition est viciée, la tuberculisation est possible.
L'être vivant est une machine qui s'use et se répare sans cesse, et spontanément. La réparation est proportionnelle aux matériaux d'apport et aux forces qui les utilisent; d'où il suit que la nutrition peut être troublée soit par défaut de qualité ou de quantité des matériaux, soit par langueur des forces réparatrices ou forces plastiques. Mais les matériaux de réparation sont les aliments et l'air, aidés de l'action des agents physiques qui nous entourent : lumière, électricité, calorique. Les forces qui utilisent les uns ou sont influencées par les autres sont l'organisme et ce je