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ULCÈRE DE L ESTOMAC ET TUBERCULISATION

temps à autre il y avait des accès de douleur gastrique suivis de vomissements de matières alimentaires; de sorte que, sous l'influence combinée de ces deux causes de dépérissement, le marasme devint excessif. La malade succomba enfin le 6 janvier 1874 (1).

A cette observation la sanction de l'autopsie fut refusée, les parents ayant fait à l'ouverture une résistance absolue ; mais, si nous n'avons pas eu les preuves anatomiques, on avouera que les évidences cliniques ne nous ont pas manqué. Et d'abord, troubles digestifs continuels et caractéristiques, vomissements de matières alimentaires, non pas avec, secousses préalables de toux, ainsi qu'on l'observe alors qu'ils sont sympathiques de la tuberculisation pulmonaire (et par le fait d'un retentissement sur le pneumogastrique stomacal (2), mais vomissements précédés de violentes douleurs, comme on le voit au cas d'affection grave de l'estomac ; puis vomissements marc de café, enfin tumeur épigastrique, que mon distingué collègue M. Siredey avait avant moi considérée comme de nature cancéreuse. Plus tard, toux, et finalement signes physiques de tuberculisation déjà très prononcés quand je les constate pour la première fois en octobre, puis qui s'accusent de plus en plus, en même temps que se développe rapidement le marasme à double origine, stomacale et pulmonaire. 11 n'est donc pas douteux que la lésion des poumons ne fût chronologiquement consécutive à celle de l'estomac, et je n'hésite pas à croire qu'elle en a été pathogéniquement la conséquence.

De son côté, Lebert a observé la coïncidence de la tuberculisation pulmonaire 11 fois sur 57 cas do cancer de l'estomac, c'est-à-dire dans un cinquième des cas ; et dans 5 de ces il cas il est positivement noté que les tubercules étaient de dale récente.

Maintenant, il est une affection de l'estomac qui porte à la nutrition une atteinte des plus graves ; qui procède ordinairement par attaques successives, avec périodes de rémission qucl-

(1) Observation recueillie par M. Léon Amiral, Interne du servioe.

(îl Voir plus loin, leçon LIV, Pneumogastriques et tuberculisation pulmonaire.

quefois très prolongées ; de telle sorte que la vie est longtemps compatible avec cette affection, mais une vie misérable, minée par la souffrance, ruinée par l'alimentation insuffisante; cette affection, c'est Yulcère simple de l'estomac. Eh bien ! voulez-vous savoir combien de fois se trouvent des tubercules dans les poumons de ceux qui succombent à cette maladie ? Voici les chiffres de Jaksch, de Prague (1), et je n'en sais pas de plus intéressants, comme vous allez pouvoir en juger :

Le consciencieux médecin a divisé ses 155 cas d'ulcère de l'estomac en

20 cas d'ulcère rond proprement dit; 78 cas de cicatrices rayonnées; 57 cas d'érosion de la muqueuse.

Or, il a trouvé des tubercules pulmonaires :

7 fois sur 20 cas d'ulcère rond c'est-à-dire dans 1/3 des cas.

26 fois sur 78 cas de cicatrices rayonuées. c'est-à-dire dans 1/3 — 18 fois sur 57 cas d'érosion c'est-à-dire dans 1/3 —

Ainsi, résultat inattendu, les chiffres de Jaksch nous donnent la même proportion de tuberculeux, un tiers, au cas d'ulcère de l'estomac, et quelle qu'ait été la forme de la lésion ; je ne vois rien, pour mon compte, de plus probant quant à la relation causale qui relie la maladie de l'estomac à la tuberculisation pulmonaire.

En résumé, les chiffres de Lebert nous donnent les résultats suivants :

TUBERCULISATION PULMONAIRE AVEC

Cancer de V œsophage, plus de 1/2 des cas.

Ulcère simple de V estomac (et quelle qu'en soit la forme). .1/3 — Cancer de V estomac 1/5 —

C'est-à-dire que le nombre des cas de tuberculisation pulmonaire concomitante est d'autant plus grand que l'affection des voies digestives a permis, tout en portant à la nutrition une profonde atteinte, une plus longue durée de la vie ; ou, en d'autres

(I) Leberl, Traité des maladies cancéreuses, p. 532, 1851.

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