CANCER DE L ESTOMAC ET TUBERCULISATION
môme, mais rien ne put arrêter les vomissements ni lesdouleurs. L'appétit est également resté nul, et la petite quantité d'aliments que la malade prenait était souvent rendue une ou deux heures plus tard. Le lait lui-même n'était pas supporté; une seule chose paraît avoir été tolérée par la malade, c'est la pâtisserie grossière qu'on fait dans les campagnes. Plus tard, la malade remarqua que les aliments vomis n'étaient pas toujours ceux qu'elle venait de prendre, mais souvent ceux de la veille. Parfois, elle avait de la diarrhée, mais elle n'a jamais eu de mélsena. Le plus ordinairement, d'ailleurs, il y avait de la constipation. Pendant toute la durée de son séjour à la campagne, la malade ne toussait pas; elle est à ce sujet des plus explicites.
En janvier 1873, elle est entrée à l'hôpital Lariboisière, dans le service de M. Siredey. Cet habile médecin découvrit à la région épigastrique la présence d'une tumeur dont la malade ne s'était nullement aperçue jusque-là. Pendant les deux premiers mois de son séjour à Lariboisière, les accidents que j'ai déjà signalés persistèrent. Il se manifesta même pour la première fois, à la fin de janvier, un symptôme caractéristique, je veux dire un vomissement marc de café très abondant (un demi-litre environ), si l'on en croit la malade. Trois semaines après, il y eut un second vomissement de même nature.
M. Siredey diagnostiqua un « cancer de l'estomac » et fit faire de la révulsion au creux épigastrique ; il combattit la douleur par des injections de morphine et fit prendre de la pepsine à la malade. Au début du traitement, le lait fut mal supporté. Au bout de trois mois, il y eut une amélioration notable. Les douleurs vives n'avaient pas complètement disparu, mais elles ne reparaissaient que de loin en loin ; quant aux vomissements, ils avaient cessé de se produire. Pendant deux mois et demi, la malade ne vomit pas une seule fois, et l'appétit revint avec une certaine vivacité.
M. Siredey ne nota aucun symptôme Lhoracique.
La malade resta ainsi à l'hôpital Lariboisière jusqu'au milieu du mois d'août, c'est-à-dire plus de six mois, e1 elle partit en convalescence pour le Vésinét ; mais elle fut obligée d'en sortir au bout de huit jours en raison de ses douleurs gastriques et
peter, — t Un méâ, -ir édit, ir. 8
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de sa faiblesse. C'est alors qu'elle fut admise clans mon service de l'hôpital Saint-Antoine. Elle y est restée assez longtemps sans vomir, jusque vers la fin d'octobre, où les vomissements se reproduisirent, toujours à la suite de violentes attaques de douleurs et plusieurs heures après avoir mangé.
Dans le milieu de ce même mois d'octobre, la malade me dit qu'elle ne pouvait se coucher sur le côté droit, sous peine d'éprouver aussitôt de la douleur, de l'oppression et de la toux. Ce symptôme, signalé par Beau dans les affections tuberculeuses, et qui indique le côté de la lésion ou le côté le plus lésé, me fit aussitôt penser qu'il existait une lésion grave des voies respiratoires et spécialement du poumon droit ; aussi l'examinai-je incontinent avec le plus grand soin, et voici ce que je fis constater aux assistants : au sommet droit et en arrière, matité absolue, avec râles humides et même cavernuleux ; en avant, même matité et mêmes râles, surtout quand la malade tousse ; expiration soufflante plus marquée dans l'expiration et au voisinage de l'aisselle ; au sommet gauche, en arrière, submatité ; entre l'angle externe de l'omoplate et le rachis, inspiration rude, expiration prolongée et soufflante.
La malade tousse et rejette par la toux des crachats assez abondants, dont les uns sont aérés, tandis que les autres sont volumineux, purulents et recouverts par un liquide spumeux incolore et filant.
Il y a, de plus, un peu de fièvre le soir ; ainsi la température est alors de 38 ",2 et le pouls à 120. Enfin la malade a des sueurs nocturnes.
Ces signes locaux et généraux (qui sont ceux de la tuberculisation pulmonaire, et que j'étudiais avec le plus grand soin, en raison même de l'étiologie toute d'inanition de cette tuberculose) ne firent que s'accentuer davantage dans le cours du mois de novembre ; la température s'élevait parfois le soir à 39 degrés et le pouls à 132. L'émaciation, déjà considérable, devint excessive ; la faiblesse était telle, que la malade ne pouvait plus quitter son lit. Dans le mois de décembre, l'état s'aggrava plus encore : des cavernes se formèrent aux deux sommets ; l'expectoration purulente était des plus abondantes; d'ailleurs, de