QUARANTIÈME LEÇON
Comment on se tuberculise (suite). — La vie urbaine. — Tuberculisation dans les maisons d'éducation par rumination de l'air; épuisement cérébral et réparation insuffisante. — Tuberculisation dans les casernes, les ateliers, les bureaux, les cercles, par la réunion de toutes les causes tuberculisantes. — Tuberculisation des villageois transplantés à la ville. — Tuberculisation par sédentarilé forcée à la suite de paraplégie, de rhumatisme chronique ou d'ataxie locomotrice.
Le 17 mars dernier, j'avais l'occasion de voir avec mon très honorable ami M. le docteur Gratiot, à la Ferté-sous-Jouarre, un grand jeune homme de vingt et un ans, fils d'un père robuste et d'une mère plus robuste encore. Malgré cette saine origine, et bien que sa jeune sœur participât de la bonne santé de ses parents, le pauvre jeune homme était, au plus haut degré, phthisique par les poumons et phthisique par les intestins. Or, voici comment il l'était devenu :
Doué d'une remarquable intelligence et d'une grande aptitude au travail, il avait eu au collège des succès brillants et prématurés qui avaient attiré vivement l'attention sur sa personne. Devenu ainsi comme une réclame vivante pour la maison d'éducation, on y surmena son jeune organisme. A l'époque solennelle de la puberté, où l'enfant devient homme, où toutes les fonctions de l'organisme doivent s'accomplir parallèlement et harmoniquement, où la recette doit être supérieure à la dépense — le surplus de la recette étant destiné à la croissance et à la perfection définitive de l'être — notre adolescent fonctionnait exclusivement et exagérément par le cerveau, et cependant l'alimentation monotone autant qu'insuffisante était hors de propor-