CAS TRAITÉ PAR LES BAINS FROIDS
Plusieurs circonstances méritent d'être relevées dans cette observation. Les convulsions épileptiformes semblent en rapport avec une élévation insolite de température, près de 45 degrés ; c'est une complication rare et grave de la fièvre typhoïde. Murchison n'a constaté que trois cas de ce genre et pense que l'urémie e^tla cause la plus fréquente de ces convulsions. Dans notre cas l'urine n'était pas albumineuse; Barthez et Rilliet relatent 5 exemples de convulsions chez des enfants, dont 4 succombèrent.
Le malade prend 52 bains en i2 jours; sous leur influence, le délire agité devient calme, puis disparaît les jours suivants; pendant la nuit seulement, les bains n'étant pas donnés, le déhre devient furieux. Puis, lorsque les -bains sont donnés jusqu'à iO heures du soir, les nuits sont plus calmes ; la somnolence, les selles involontaires ont continué à se manifester entre les bains.
Le malade a pris du sulfate de quinine; une première dose de l'''',50 a produit un abaissement de température d'au moins 2 degrés, qui ne s'est maintenu que \6 heures. Une seconde dose de i ^',50 est restée inelïicace. Une troisième de i^',80 a produit une rémission qui est arrivée à son point le plus bas, à 37''4, au bout de 15 heures; puis la température est remontée lentement et s'est trouvée à 40 degrés 22 heures après l'administration du médicament.
La pneumonie et la bronchite typhoïde se sont résolues pendant les bains froids, et le malade n'a pas eu d'hypostase ultérieure; le pouls est toujours resté peu fréquent.
L'observation suivante concerne une fièvre typhoïde grave compli(|uée d'hémorrhagies, menée à bonne fin gi'dce aux bains froids associés à un traitement tonique.
Observation. — Fièvre typhoïde avec anémie, suite cVépistaxis. — Température très-élevée. — Délire agité. — État catalcptiforrae. — Bains froids et toniques. — Guérison.
Drouol (Eugène), âgé de 15 ans, domestique, habituellement bien portant, entre à l'hôpital le 11 décembre 1874 au soir; il est malade depuis le 4 décembre, a eu et a encore des maux de tête, des vertiges, des bourdonnements d'oreille; il s'est alité le 4 décembre, a de la diarrhée depuis ce jour et du délire agité la nuit. Dans la journée du 0 décembre, il a eu une épistaxis considérable qui a duré une heure à peu près. Les jours précédents, il avait eu des épistaxis moins abondantes, et le jour de son entrée, une autre assez considérable et prolongée pendant une heure. A son entrée, à 4 heures du soir: T., 40^*0; R., 28; à 8 heures du soir : T., 39"5; la nuit est très-agitée; le malade se lève; il faut le maintenir.
12 décembre au matin, lO-^ jour: T., 38"2; P., 88;R., 24. Le pouls est petit et dépressible. Pâleur, anémie profonde; tremblement nerveux; assoupissement; répond de traversa toutes les questions. Selles et urines involontaires. Souffle anémique à la base du cœur et dans les carotides. Taches rosées rares. Ventre tendu, ballonné, indolore à la percussion. 'Respiration assez nette, peu de râles. Prescription : Lait, 1 litre; bouillon, 4 lasses; 2 verres de vin; rhum, 40 grammes; potion avec extrait de quinquina, 4 grammes; ergotine, 1 gramme; vin rouge, 100 grammes; sirop d'écorces d'oranges, 30 grammes. — Soir : T., 41^6; P., 123; R., 40. A 4 selles involontaires dans les vingt-quatre heures. Délire jour et nuit. .V crié pendant la nuit et a voulu se sauver.
13 décembre, 11« jour: T., 41°; P., 100; R., 28. Langue sèche, lèvres fuligineuses; tremblement généralisé; raideur; état catalepliforme. Ce matin intelligence obscure; répond aux questions. Ventre assez tendu. Respiration un peu obscure dans les deux bases. Pouls petit, dépressible. Même traitement. De plus, lotions au chlorate de potasse sur les lèvres et la langue. On donne les bains froids à 20°.
A 10 heures du malin: T., 41°; P., 100; R., 28; P'' bain. Après le bain: T., 38°;?, 104; R., 26. A midi: T., 41°8; P., 120; R. 26; 2« bain. Apres le bain: T., 38''2; P., 108; R., 24. A 2 heures : T., 41"; P., 118; R., 28; 3« bain. Après le bain: T., 38°4; P., 112; R,28. A4heures:T.,41''6;P., 140; R.,32; 4« bain à 15°. Après le bain : T., 38"; P., 124; R., 28. Le malade est couché sur un matelas en