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ET DE LA DILATATION GASTRIQUE

SOMMAIRE

Comparaison de deux malades atteints de dyspepsie et de dilatation gastrique. — Diflicultcs du diagnostic des dilatations simples et des dilatations symptomatiques du cancer du pylore, en Tabsence de tumeur. — L'analyse des symptômes fonctionnels, le degré d'inappétence et d'anorexie, la présence ou l'absence de douleurs, la nature même des vomissements ne constituent pas des. caractères décisifs. — 11 en est de même de la recherche de lacide chlorhydrique libre de l'estomac. — Les signes physiques d'induration pylorique peuvent, d'autre part, induire en erreur. — Présomptions actuelles en faveur d'un cancer, tirées de l'âge, des conditions écologiques, do la marche des accidents et de l'efTet du lavage gastri(|ne. — Possibilité d'ericur entre le cancer de l'estomac et l'urémie gastrique : exemple à l'appui.

Le cancer de restomac est une affection tellement commune et si bien connue depuis les travaux de Trousseau et de ses élèves, qu'il semble presque superflu d'insister à nou veau sur les difficultés de son diagnostic. Elles sont cependant très réelles, et parfois si considérables, que les meilleurs cliniciens restent dans l'incertitude. Je ne fais pas seulement

CLl.NIniE MKUICALK. — T. il. i

allusion ici à ces cas oii la lésion, absolument latente jusqu'alors, traduit sa présence par un accident insolite et tout à fait étranger, en apparence, à une maladie de l'estomac ; en pareil cas, l'évolution ultérieure des symptômes fait seule éviter l'erreur. Je parle de ceux plus rares, mais encore relativement fréquents, où les troubles fonctionnels sont franchement gastriques, où l'on ne peut méconnaître une affection de l'estomac, mais où l'analyse la plus minutieuse ne conduit qu'à des présomptions de diagnostic sans aucune

certitude.

Nous avons en ce moment, dans nos salles, deux malades qui, précisément, présentent cet ordre de difficultés, et dont la comparaison fera ressortir, mieux qu'une leçon didactique, par quelles hésitations et par quelles perplexités passe technicien en pareil cas.

Le premier de ces malades est un homme de soixantequatorze ans, couché au lit n° 2^2 de la salle Chauffard. C'est un Auvergnat robuste, fort bien conservé pour son âge, ayant encore les cheveux noirs et les dents parfaites. Depuis trentecinq ans il est employé chez le même patron comme homme de peine : il a toujours été d'une sobriété absolue et n'offre aucun symptôme d'alcoohsme. Ses digestions ont été constamment bonnes, son appétit régulier : il n'a jamais su ce que c'était que d'être dyspeptique.

Sa maladie actueUe remonte seulement à six semaines. A cette date, sans malaise prémonitoire, et sans cause occasionnehe appréciable, il a commencé à vomir. Dès le débat, l'intolérance gastrique a été complète, persistante; elle ne s'est jamais calmée depuis : aujourd'hui encore, il rejette a peu près tous les ahments et la plupart des boissons qu il

ingère.

Les vomissements sont copieux, composés d'ahments, parfois de bile et de mucosités : jamais ils n'ont été hémorrhagiques : il n'y a jamais eu non plus de selles sanguinolentes. Ce caractère négatif des matières vomies permet à priori d'affirmer qu'il ne s'est produit aucune exhalation sanguine

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