HYDROTHÉRAPIE DANS LES MALADIES DU COEUR
Par une singularité du hasard, cette dame était parente de notre aide de clinique, M. Quertier, qui nous a confirmé les détails du fait, et nous a appris que la dame a succombé quatre ans plus tard aux conséquences de son affection cardiaque. Celle-ci n'est donc pas plus douteuse que les bénéfices du traitement hydrothérapique ne sont contestables.
Vous avez vu clans les détails de cette observation que la première douche en pluie produisit de la suffocation ; c'est là un des côtés périlleux de l'hydrothérapie ainsi appliquée, et vous comprenez que, dans telle forme des affections du cœur, dans les lésions aortiques, par exemple, où la mort subite est à redouter pour les raisons que je vous ai dites, on doive s'abstenir de produire de tels saisissements, susceptibles de retentir sur le plexus cardiaque et de le sidérer. C'est dans de pareilles circonstances qu'on a eu à déplorer un cas de mort subite sous la douche. Pour ces raisons, la douche en pluie est à rejeter dans le traitement des affections du cœur, surtout avec lésion ventriculoaor tique.
Je conseille ordinairement les lotions froides, faites d'abord avec l'éponge simplement imbibée et non ruisselante, sur la partie antérieure du corps les premières fois et non sur la partie postérieure, qui est beaucoup plus vivement impressionnée par l'eau froide, particulièrement le dos. Au bout de quelques jours on fait ces lotions sur tout le corps, en commençant toujours par la partie antérieure et supérieure du tronc; enfin, quelques jours plus tard encore, lorsque la peau est suffisamment apprivoisée et le malade aussi, on fait ces lotions à l'éponge ruisselante, les deux ou trois premières épongées étant exprimées toujours sur la partie antérieure du corps. '
Pour stimuler la peau davantage, je fais parfois ajouter un dixième d'alcool à l'eau de la lotion. L'évaporation est plus rapide et par suite la réfrigération plus grande; d'ailleurs, l'alcool agit lopiquement sur l'innervation cutanée, f.es lotions à l'eau alcoolisée sont plus facilement acceptées des malades que les lotions à grande eau et sont réellement très bienfaisantes ; à leur suite, les malades éprouvent un vif sentiment de bien-être et de légèreté.
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On a vu, par l'analyse des observations qui précèdent, le bon effet des frictions au drap mouillé ; c'est un moyen qui, comme , l'éponge, a l'avantage de pouvoir être employé au logis. Plus tard, quand l'apprentissage bydrothérapique est fait, que les premiers bons effets en sont obtenus, on pourra confirmer la cure par la douche en jet, promenée pendant quelques secondes sur la colonne vertébrale, puis sur toute la cage thoracique, sur la région précordiale et la région hépatique.
11 va sans dire qu'on devra procéder avec la plus grande prudence dans l'application locale de ces douches, et en graduer la durée sur les sensations du malade.
Dans la seconde période des affections du cœur (dyspnée et anémie par anoxémie), j'ai conseillé avec grand avantage la simple immersion dans la mer, en proscrivant la natation, qui fatigue. Au sortir de l'eau, on frictionne vigoureusement le malade, principalement sur la poitrine et le dos.
Il est bien évident que l'hydrothérapie agit, dans ces cas, comme toujours, d'une façon très complexe; par exemple, chez les malades de Fleury, elle fit disparaître l'anasarque et les hydropisies, et cela sans spoliation aucune; car.il n'y eut certainement ni action diurétique ni action purgative exercée. Force est donc d'admettre que l'effet bienfaisant fut réalisé par une action générale et très indirecte, par une sorte de tomfication en bloc de l'organisme, tonification dont on peut ainsi concevoir les éléments :
4» Il y à une action spéciale, directe et incontestable, sur la peau action qui est tout à la fois physique et vitale. L'action physique est d'enlever du calorique à la peau, de déterminer la contraction des tissus et la diminution du calibre des vaisseaux, d ou une plus grande tension dans les vaisseaux de la peau. L'action vitale porte et sur les nerfs propres de la peau et sur les nerfs des vaisseau* de la peau. Que la sensibilité de la peau soit émue, la chose n'a pas besoin d'être démontrée; que, par un systèmj d'actions réflexes multiples, il y ait rapidement une stimulation de la moelle et du grand sympathique, c'est encore la un M d'observation : d'où s'ensuit une respiration plus ample, une digestion plus active. Maintenant, l'action sur les nerfs des vais-