‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 141 sur 287 · SIGNES PHYSIQUES · texte numérisé non relu

SIGNES PHYSIQUES

rhythme du pouls (que cette lésion est absolument, physiquement, impuissante à troubler), mais par une influence indirecte et très éloignée, par le trouble fonctionnel du plexus cardiaque, dont les filets sympathiques et pneumogastriques sont altérés par inflammation de voisinage. Ainsi s'explique (quand il ne tient pas à une lésion granuleuse du cœur, si fréquente alors) le trouble possible dans le rhythme de l'organe, et, par conséquent, du pouls dans les dégénérescences artérielles : c'est un contre-coup de la lésion aortique sur le cœur par l'intermédiaire du plexus cardiaque.

Quand les lésions sont moins généralisées, ou trop peu intenses périphériquement pour être accessibles au toucher, on reconnaît encore la dégénérescence artérielle à l'aide d'un instrument plus délicat que le-doigt, le sphygmographe : le tracé donne alors une ligne d'ascension verticale, suivie d'un plateau horizontal, puis d'une ligne de descente oblique et sans dicrotisme (fig. 28).

Fig. 28. Vieillard de quatre-vingt-deux ans (1).

Quant aux artères centrales, vous pouvez encore leur tâter le pouls, mais indirectement, à l'aide de l'auscultation et de la percussion. Ainsi, pour l'aorte thoracique, vous entendrez, au cas de dégénérescence endartérique, que le bruit diastolique est sec au lieu d'être doux; que les battements sont plus forts qu'à l'état normal ; ou encore, et la lésion est alors plus intense et plus étendue, qu'il existe un bruit de souffle au premier temps et sous le sternum, au timbre sec, rude, et qui se propage tout le long de l'aorte descendante. Ce bruit peut être dû soit aux rugosités de la paroi interne de l'aorte dans l'endartérite déformante, soit à ce que les valvules aortiques épaissies, rigides, ne Rappliquant plus exactement contre la face interne du vaisseau au moment de la systole du cœur, opposent ainsi un obstacle à la sortie

(1) Fig. 118 de la Physiologie médicale de Marey.

du sang et constituent une sorte de rétrécissement aortique. On a invoqué encore, pour expliquer ce souffle, ou l'anémie, qui ne manque guère alors en effet, ou un rétrécissement qu'on dit être relatif, si, par le fait de l'altération de toutes ses tuniques, l'aorte est dilatée au-dessus de l'orifice aortique resté sain.

En môme temps que ce bruit systolique, ou même isolément, vous entendrez parfois un souffle au second temps, lié à une insuffisance des valvules aortiques altérées, ratatinées, ou à l'existence d'une véritable pocbe anévrysmatique, l'aorte ascendante ayant cédé dans un point de son trajet. Indépendamment de ces anévrysmes faux, qui sont une des conséquences de l'endarterite déformante, vous trouverez le plus souvent, par le fait de cette maladie, une dilatation générale de la portion ascendante de l'aorte, dilatation que la percussion vous révèle très exactement. La percussion à l'aide du plessigraphe, qui permet de limiter les organes à 1 millimètre près, donne en effet alors des résultats

très significatifs.

A l'état physiologique, et chez l'adulte, si vous percutez la région rétro-sternale immédiatement au-dessus de la base du cœur, vous obtenez une surface de matité d'une plus grande étendue chez l'homme que chez la femme, et qui est due à la présence du tronc de l'aorte et de l'artère pulmonaire. Toutes les fois que vous trouverez en ces points une surface de matité plus large qu elle ne doit être, et que vous aurez été autorisés par l'examen a éliminer certaines tumeurs non vasculaires du médiastin, vous serez en droit de conclure à une dilatation de l'aorte (les dimensions de l'artère pulmonaire restant fixes). Quel est donc e diamètre de matité normale des troncs aortique et pulmonaire car .ous save qu'ils sont accolés de telle sorte qu'il est impossible de les i o L dans la percussion)? Une série de recherches personnelles, contméespar celles qu'a bien voulu faire le docteur Choyau ec mon plessigrapbe, me permet de vous affirmer que ce diamL de matnJ vasculaire rétro-sternale est chez 1 homme minimum de 4 centimètres et demi, fréquemment de 5, et a ri de 5 centimètres et demi ; chez la femme, au minimum de 3 centimètres et demi et de 4 au maximum La connaissance de ces chiffres nous permet donc d affirmer

Page 1