‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 140 sur 287 · NATURE DU POULS · texte numérisé non relu

NATURE DU POULS

ration s'étend ici sur une surface de 2 centimètres de long sur 1 de large. Le fond en est comme hémorrhagique; ce n'est qu'une illusion : sur les parois anfractueuses de la perte de substance s'est coagulée la fibrine du sang, et de l'hémoglobine est restée adhérente à cette fibrine coagulée. Quant à la perte de substance, elle provient de la rupture d'un kyste athéromateux. D'autres fois la membrane interne, restée saine, se rompt au pourtour d'une plaque calcaire et celle-ci se détache sur une étendue plus ou moins considérable.

Vous voyez également cet épaississement du tissu conjonctif au voisinage de l'aorte malade, cette gangue de tissu proliféré qui enveloppe les nerfs du plexus cardiaque, cette vascularisation anomale de la paroi externe, ces plaques du péricarde aortique ; ce sont là autant de lésions de voisinage sur lesquelles je reviendrai à loisir en temps opportun (1).

Vous comprenez, messieurs, que V endartérite n'a pas de symptômes tant qu'elle n'est que l'endartérite, c'est-à-dire tant que l'endartère seul est lésé. Et il ne peut en être autrement, puisque cette membrane est et devait être insensible, n'ayant pas de nerfs et n'en ayant nul besoin. Il en est ici de l'endartère comme de tous les tissus insensibles : la cornée transparente, les tissus articulaires, les membranes séreuses, etc.; ils sont et ils restent ce que Dieu les a faits, à l'état de maladie comme à l'état de santé, parfaitement insensibles. La phlogose sur ce point ne change rien à leur manière d'être et ne leur donne point la sensibilité douloureuse, ne leur fournissant pas la condition matérielle de celle-ci, les nerfs. C'est donc par une inexacte interprétation des faits que des auteurs ont pu dire, en pareil cas, que « des tissus, insensibles à l'état physiologique, pouvaient devenir excessivement douloureux à l'état pathologique. » Ce qui devient douloureux, ce n'est pas le tissu épithélial, fibreux ou séreux (il reste indolent, quoique enflammé) : ce sont les tissus adjacents ou les nerfs du voisinage envahis par l'inflammation rayonnante. I e travail morbide de l'endartérite s'accomplit donc silencieusement

p Voir la leçon XXIII sur Y Angine de poilri,

et ne se révèle au malade que lorsque la maladie n'est plus seulement l'endartérite, mais quand, par son extension aux autres tuniques de l'artère, ou par la propagation du mal aux tissus ou nerfs voisins, ou enfin par la compression de certains organes, elle produit des phénomènes de voisinage et se donne ainsi des symptômes d'emprunt.

L'endartérite a^uë n'entraînant aucune de ces conséquences - elle n'en a pas le temps - reste absolument inconnue du malade comme du médecin ; mais il n'en est pas ainsi de l'endartérite chronique ; aussi le médecin peut-il la diagnostiquer avant que le malade en sache la moindre chose et s'en plaigne aucunement.

L'investigation physique consiste à « tâter le pouls ,, , j entends des artères centrales comme des artères périphériques. Quand la lésion s'est suffisamment généralisée pour avoir envahi celles-ci, l'artère radiale est rigide, flexueuse, moniliforme : elle est rigide, parce que ses parois ont augmenté de consistance et d'épaisseur ; moniliforme parfois, parce que ces modifications n'occupent pas toute la continuité du tube artériel ; flexueuse, parce que, 1 élasticité de celui-ci diminuant ou se perdant, l'artère cesse de revenir

sousl'action de l'ondée sanguine, quila distend etl'allonge a chaque systole cardiaque, de sorte qu'elle reste définitivement plus longue qu'à l'étatnormal, et, comme elle est située entre deux points Les elle devient nécessairement flexueuse. C'est pour les mêmes raisons que le pouls semblefort, parce que l'artère estresistante Quant aux irrégularités du pouls, que vous observerez parfois en même temps que cette modification du tube artériel el les ne tiennent pas et ne sauraient tenir à la lésion des artères lesK* sénile ou autre; elles dérivent et ne peuvent dénvei - que d m lésion du myocarde on de ce qui l'anime, à savoir : le plexu ( diaque. J'ai déjà(l) réfuté cette erreur ^tej^»^^ reviens actuellement que pour faire ressortir ce fait, à savoir que raortite pouvant entraîner une périnévrite du p exus card ia coïncidence assez fréquente de l'irrégularité du poul d. m cas de dégénérescence athéromateuse du système \ conçoit non pas par une influence directe de la lésion >urle

(1) Voir les leçons sur le Pouls dans les maladies ducœur, p. 213, 214,21»

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