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VIEILLESSE, DIATHÈSES ET VAISSEAUX

poire môme des lésions du système veineux. Il y a artériosclérose, dit Lépine; artérite diffuse, dit Hayera; les artères de la base sont scléro-alhéromatcuscs, dit enfin Liouville. Il n'y a vraiment pas lieu d'insister pour montrer les relations des anévrysmes miliairea avec la lésion générale du système artériel que j'ai décrite dans ces leçons ; une phrase résume toute la question : générale est la cause, générales sont les lésions.

Aussi, pour l'étiologie, est-ce la vieillesse (toujours la vieillesse!), sujets de soixante-cinq à quatre-vingt-six ans; ou l'alcoolisme chronique (c'est encore la vieillesse!) ; ou enfin les diathèses et les cachexies (I). On dirait un décalque de tout ce que je vous ai dit de l'endartérite en général. Pour toutes ces raisons, qu'il serait superflu de développer davantage, les anévrysmes miliaires doivent être considérés comme la conséquence de cette affection, dont ils ne sont qu'un cas particulier, mais un cas redoutable' par ses effets sur la nutrition des organes.

En résumé, messieurs, si je me suis étendu comme je l'ai fait sur le mécanisme des lésions artérielles et si j'ai montré les analogies morbifiquesdela vieillesse, de l'alcoolisme et des diathèses c'est afin de mettre en lumière, d'une part, l'influence des actions physiques locales sur l'endarlère, et, d'autre part, l'influence de 1 état général de l'organisme sur la qualité ou force de résistance de cette membrane ; - si j'ai étudié avec tant de soin et un tel luxe de détails ces lésions dans les gros troncs et les petits vaisseaux, c'est pour en faire ressortir aussitôt les conséquences sur la circulation ou la nutrition ; -.si enfin j'ai volontairement confondu (que les anatomistes mêle pardonnent!) l'athéromeet 1 endartérite chronique, c'est qu'il n'y a pas seulement analogie dans les causes qui engendrent ces lésions artérielles, mais dans les effets qui en résultent, et qu'ainsi, en définitive, elles deviennent une môme chose pour le clinicien.

Je ne veux pas terminer non plus sans vous dire que je n'ai " -,nt forcé les analogies en rapprochant la Vieillesse des ^thèses, la vieillesse étant elle-môme un état diathésique, c'est-

0) Uouviiio. op. rit., p. r,7 ai pastfm,

à-dire un étal de l'organisme où tout ne vaut guère, et où, en môme temps que les vaisseaux, le cœur est altéré daus son endocarde comme dans son tissu musculaire.

Si maintenant, dans ces mauvaises conditions générales de la vieillesse, les troubles nerveux sont plus fréquents et plus intenses que tout autre, la cause en est à l'importance de la fonction ou a la nature de l'organe. Je dis, par exemple, que, si dans l'estomac, par suite d'une lésion locale des vaisseaux, un certain nombre de glandes à pepsine sont atropbiées ou dégénérées ; si, pour les mêmes raisons, dans le rein un nombre plus ou moins^ considérable de canalicules sécréteurs ont subi le môme sort, néanmoins la digestion ou la sécrétion rénale continuent, mal, il est vrai, mais enfin continuent tant qu'il en reste assez pour la fonction. Tandis qu'il n'en saurait être ainsi du système nerveux central ; là chaque portion, si minime soit-elle, possède une attribution tellement spéciale que, supprimé l'organe, supprimée la fonctton : toute suppléance est impossible en effet pour les cordons nerveux émanés d'un point central altéré. D'ailleurs, dans la v^llesse les lésions cérébrales sont plus fréquentes encore que les lésions médullaires - si fréquentes cependant - parce que les vaisseaux de l'encéphale, étant plus tortueux que ceux de la moelle, sonti de par la loi des courbures, plus fréquemment et plus fortement

altères i De tout ceci il résulte encore que, clans la plupart des cas ma gre la diversité des accidents qui le frappent, « le vmdlard meurt en réalité, par ses vaisseau,» : et c'est ce qm donne une . haute importance à l'étude que nous venons de faire.

11 est inutile, je pense, d'insister pour faire comprendre : ,ue uous ne pouvons rien contre .a lésion des artères - ft» l'hygiène et donner des conseils. Par exemple le vredlar I du n:y3o de la salle Saint-Paul,, ni est un type de sé mh té d Fartère radiale est si dure et si llevueuse, et cbe* lequ o tend un bruit de soufQe le long de son aorte ascendante,

n entrant dans notre service un ensembie de troubles foncU» nels des pins variés, il avait jusqu'à de l'albummune : e b« je lui ai fait faire chaque jour des Mettons simulantes, avec

baume de Fioraventi, le long de la colonne vertébrale, pour exciter, s'il était possible, les origines des nerfs vaso-moteurs et solliciter ainsi la contraction de ce qui reste de valide dans sa musculature artérielle ; pour les mêmes raisons, je lui faisais prendre tous les deux jours un bain sulfureux, afin d'agir sur les vaisseaux de la périphérie ; il prenait du vin de quinquina et de Bordeaux; on le nourrissait du mieux que l'on pouvait; et, sous ces influences multiples, son état s'est amélioré notablement, l'albuminurie même a disparu. Néanmoins, la débilité est excessive, et si ses organes continuent à fonctionner, c'est qu'ils le font au minimum; ce vieillard, restant couché une partie du jour, réclame un bien faible travail de son organisme usé, et végète bien plus qu'il ne vit.

En pareil cas, de faibles courants induits, dirigés de la nuque au bas des reins, stimulent la moelle d'une façon bienfaisante : cinq minutes chaque fois et une fois chaque jour.

C'est de l'hygiène encore et surtout que nous devons faire au cas d'alcoolisme : il faut, à la lettre, que le malade « mette de l'eau dans son vin » . Indépendamment de ce renoncement à de funesteshabitudes, on prescrira l'hydrothérapie (d'abord frictions à la serviette mouillée, puis lotions froides à l'éponge, puis la douche en pluie sur tout le corps et la douche en jet sur la colonne vertébrale) ; on donnera de petites doses d'iodure de potassium (25 à 50 centigrammes par jour dans 20 à 40 grammes de sirop d'écorces d'oranges amères, le tout dans un verre de houblon) ; c'est encore le meilleur résolutif que nous connaissions, et il a l'avantage de stimuler légèrement l'appétit; on fera prendre un peu de bicarbonate de soude (i gramme par jour de temps à autre pendant quinze à vingt jours de suite), ou deux verres d'eau de Vichy durant le même temps, bien moins pour agir sur les plaques calcaires des vaisseaux que pour neutraliser la pituite stomacale.

Dans ces conditions de sénilité vasculaire, il faut soigneusement éviter aux membres inférieurs toute cause de traumatisme, les contusions, voire même les pressions continues pouvant devenir la cause d'ulcères douloureux interminables, et parfois de phlegmons diffus.

On devra également éviter à ces membres où la circulation est si languissante, le refroidissement intense et prolongé, qui pourrait devenir l'occasion d'une gangrène spontanée.

Pour les rhumatisants, pour les goutteux, ce sont encore les bains qui sont le plus bienfaisants (bains sulfureux, bains de sel de Pennés, bains de gélatine et de sel à la dose de 500 grammes de gélatine pour 1000 de sel de cuisine). Quant aux autres accidents des diathèses-, vous vous inspirerez de la situation, comme je l'ai fait, par exemple, pour la dame de Limoges (I). Ce que je veux dire ici, c'est que, considérant la nature de la lésion artérielle, vous ne pouvez mieux faire que d'essayer de stimuler la portion restée saine de la paroi vasculaire.

(I) Voir, plus haut, p. 337-341.

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