‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 145 sur 287 · L'OEIL EXTERNE · texte numérisé non relu

L'OEIL EXTERNE

L'examen du cristallin n'a pas moins d'importance, mais il est déjà plus difficile que celui des parLies superficielles de l'œil. (Juand l'opacité du cristallin ou cataracte n'est pas congénitale ou traumatique, elle résulte toujours d'un trouble de la nutrition. Eh bien, quand celle-ci n'est pas défectueuse par le fait de l'altération du sang comme dans le diabète, elle l'est par le fait des vaisseaux (i). Examinez donc attentivement, chez l'individu cataracté qui n'est pas glycosurique, l'état de son système cardiovasculaire, et vous arriverez ainsi à reconnaître indirectement, même chez des sujets que leur âge encore peu avancé paraissait mettre à l'abri de semblables lésions, une altération très manifeste de ce système. Vous comprenez maintenant pourquoi la cataracte spontanée est une lésion qui frappe simultanément ou successivement les deux cristallins ; pourquoi c'est une maladie de vieillard; comme aussi pourquoi, la sénilité vasculaire venant alors avant l'âge, c'est une maladie de goutteux ou, plus généralement, d'arthritique. Ainsi, chez un cataracté, ne vous bornez pas à l'examen de l'œil et à la constatation de l'opacité du cristallin, mais recherchez-en la cause probable dans une lésion générale du système vasculaire, dont la lésion des artères nourricières du cristallin n'est qu'une manifestation locale; encore une fois, n'isolez pas dans votre diagnostic ce qui n'est pas isolé dans l'organisme, la sénilité du cristallin de la sénilité du système vasculaire, et vous arriverez ainsi non plus seulement à bien connaître le cristallin de votre malade, mais aussi son cœur et ses vaisseaux, à découvrir parfois une grave altération de l'aorte que |ien jusque-là n'avait fait soupçonner, et presque toujours à prévoir ce qu'il en sera de son avenir cérébral.

Je ne m'arrê terai pas à vous parler de l'état des paupières, bien qu'elles trahissent parfois à un haut degré la sénilité vasculaire et par suite celle de l'individu; ainsi Vhypérémie chronique, la blépharite ciliaire, la chute des cils, la lippitude par blépharite glandulaire chronique, ïectropion par relâchement de la paupière inférieure ; Vhypérémie chronique de la conjonctive, V inflammation consécutive, finalement l'oblitération du point lacrymal infè-

grZfaMqÙÏ' ma U'é0rie la Cala,'aClU dans la ,e«on LXXXI1 sur la G an-

352 ENDA.RTÉRITE ET DÉGÉNÉRESCENCES ARTÉRIELLES.

rieur et le larmoiement : toutes choses dues à l'altération des parois vasculaires, à la langueur circulatoire locale et aux troubles de la nutrition ainsi que du fonctionnement.

J'aime mieux insister sur un accident causé par la dégénérescence athéromateuse des vaisseaux, et qui, lorsqu'il survient et surtout qu'il est intense, a la plus haute importance séméiotique et pronostique : je veux parler de Yépistaxis des vieillards. Cette hémorrhagie, vous le savez, est aussi fréquente dans la jeunesse qu'elle est rare dans la vieillesse; eh bien, c'est cette rareté môme qui doit vous mettre en garde lorsque vous l'observez chez un vieillard. Dans ce cas, si elle n'est pas symptomatique d'une lésion du foie (et, par suite, d'une altération du sang), ou d'un polype, le plus ordinairement alors cancéreux, elle est la conséquence et l'indice d'une dégénérescence des vaisseaux de la pituitaire. Or, comme cette lésion n'est nullement isolée, vous arriverez ainsi rapidement à la notion de l'état général du système vasculaire tout entier, et parfois ce sera pour vous l'occasion des diagnostics les plus intéressants ; à preuve le fait suivant :

Un jour, dans le service que je dirigeais à l'hôpital Samt-Loins, je trouvai à ma visite du matin un vieillard, chiffonnier et ivrogne, qui était entré pour une épistaxis si abondante, qu'elle avait nécessité le tamponnement. Deux ans auparavant, ce vieillard avait éprouvé le même accident qui avait exigé la même opération. Cette circonstance permettait d'éliminer de suite le cancer de la pituitaire, lequel, en deux ans, aurait détermine des ravages qui n'avaient pas eu lieu; aussi ne doutais-je pas que la lésion génératrice ne fût une altération vasculaire : explorant aussitôt et sans mot dire la radiale, je la trouvai dure, noueuse et serpentine; le diagnostic était fait. Mais ce n'est pas tout j'auscultai l'aorte pour le compléter et j'annonçai alors aux assistants, quelque peu étonnés, ainsi qu'à 1 interne fort instruit d'ailleurs, mais qui ne s'était pas préoccupé de létat des seaux, que ce vieillard, que cet ivrogne avait un anévrysme de l'aorte; et, en effet, ce vaisseau avait S centimètres de diamètre (3 de plus qu'à l'état normal); il était le siège de fort battements et l'on percevait sur tout son trajet un buffle rude et intense. Seulement, comme la lésion artérielle n avait dote-

ANÉVRYSMES MILIAIRES. 353

miné ni tumeur, ni douleur, le malade ne s'en doutait guère, et les médecins pas davantage. Ce diagnostic, dont la rapidité avait surpris les élèves, n'avait cependant rien que de fort naturel et de simple; c'était par une induction très logique que j'y étais arrivé. Il ne se peut pas, me disais-je, qu'une pareille épistaxis et aussi abondante, chez un individu dont les vaisseaux doivent èh ■(■ doublement altérés par la vieillesse et l'ivrognerie, ne soit due à cette altération môme ; cherchons donc dans la radiale d'abord, dans l'aorte ensuite, la vérification de mon hypothèse; et c'est ainsi que je trouvai non pas seulement la rudesse des bruits ou le souffle de la dégénérescence athéromato-calcaire, mais bel et bien les signes indicateurs d'un anévrysme. Le pronostic se déduit trop naturellement ici du diagnostic pour que j'aie à m'y appesantir.

Vous comprenez bien que je ne veux pas dire que vous trouverez toujours en pareil cas un anévrysme de l'aorte, mais croyez que vous percevrez généralement alors les indices d'une lésion interne de ce vaisseau.

L'épistaxis du vieillard n'étant pas et ne pouvant pas être un accident fortuit, mais la conséquence d'une altération générale du système vasculaire, vous autorisera à porter le pronostic le plus sérieux quant à l'avenir cérébral de votre malade. Craignez pour lui les congestions par langueur circulatoire ou hypérémie passive, ce qu'on appelle vulgairement et d'une façon si pittoresque (, le coup de sang» : craignez surtout l'apoplexie par hémorrhagie. J'avais pu prédire ainsi à deux ans de distance des accidents de cette nature au fils d'un vieillard de soixante-douze ans, qui avait le pouls irrégulier par dégénérescence granuleuse du myocarde, l'artère dure par athérome artériel, l'ectropion par les raisons que je vous ai dites tout à l'heure, et qui venait d'avoir une très abondante épistaxis : à soixante-treize ans, il avait de requentes attaques de congestion cérébrale qui le privaient parois, pendant plusieurs heures de suite, de toute connaissance. A 'eur suite, la mémoire baissa considérablement, et l'intelligence autrefois des plus remarquables, fit de même. De temps à autre' ce pauvre vieillard, se souvenant de lui-même, se cherchait,' douloureusement étonné, et ne se trouvait plus. A soixantepeter.- Ctin. rndd. 3« édit. , 2a

„, BOTARTeWIE M îUsmmmUm ABTÉB1F.1.I.ES.

ouatoKS ans, il eut une attaque d'apoplexie qui le laissa paralytique; un au ,.lus tard, il succombait en quelques jours a une nouvelle attaque de môme nature.

Je n'aurais pas épuisé mon sujet si je ne vous disais que MM. Oharcot et Bouchard ont étudié et décrit dans ces de,™ temps sous le nom i'aUvryma mïZtom une lésion qm n est nue chose que l'extension aux petites artères de l'affeetmn qe, MU o^t de ces leçons : il s'agit, en effet, dans ces cas, d'une elrtLe des pet.ts vaisseaux Dès -6, dit M. Lmnv e dans un travail très complet sur la ques on (1), M- Cruvedh e avait décrit et figuré sous le nom d'Wtae 'J^ ' ^Z Maires une certaine altération des va.sseaux cérébraux rencon trée par lui chez des infirmes déments

Maintenant, que ces lésions des arlénoles sotent le fai .d une elrtérite et' que celle-ci soit généralisée non pas seu emenj aux artérioles, mais a tout le système de 1 aorte qu enfin ce U| ,ésionsi générale soit due aux causes mêmes que a «Wj dans le cours de ees leçons, c'est ce qu. resso très «P«« ment du travail de M. Uouville. De sorte qn d faudra t b en ,e Zer de » — ** "» * «. a-tex «oies et

^ Te serait exclusivement aux artérioles de l'encéphale, , ou I produirait exclusivement aussi des M^ ^lî qu'un eas particulier d'un fait général : ams., on ^ névrysmes miliaires dans le eervean, parce qu d de les y découvrir qu'eu d'antres organes, en raison delà mollesse

miliaires dans la moelle, le foie, les rems, etc., M. Qumquau r ncoutré dans l'intestin, le tissu cellulaire sous-pentoneal> IZÏL (et ici je ne peux m'empêcber ^^Z u Lion des vaisseaux de la pitm tarre les as d ép» ^ vieillesse). 11 est dès lors évident que e est alla,, e pat recherches pour les trouver un peu Partout

En même temps que ces lésions des arlér o le , ^ Plaque, alhéromato-calçaires ^°«*™X2^ pales - parfois des anévrysmes de celles ci (l) D,l. ginirallmlloo d,s w,«;ymes mitai.», !««■

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