‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 148 sur 287 · RHUMATISME AIGU, AFFECTION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

RHUMATISME AIGU, AFFECTION GÉNÉRALE

posphère très basse de la cave, doivent être, par suite de ces brusques changements de température si souvent renouvelés, tort exposés aux affections rhumatismales. Ce malade est bien une preuve de ce que j'avance, car c'est la deuxième attaque de rhumatisme qu'il éprouve.

Lors de son entrée, l'articulation tibio-tarsienne gauche seule était atteinte ; la droite fut ensuite affectée, puis les genoux, et enfin successivement les articulations scapulo-humérales, les coudes et les poignets ; ces deux dernières articulations sont encore prises aujourd'hui.

Ce malade offrait également, à son entrée, le bruit de souffle de l'insuffisance mitrale avec un frémissement cataire très prononcé au-dessous du mamelon. Aujourd'hui, le bruit de souffle est bien diminué, maison entend au-dessous du mamelon, immédiatement après le second bruit, un léger frottement péricardique très superficiel et circonscrit. Ce frottement est déterminé par une de ces plaques laiteuses que l'on rencontre si souvent dans les autopsies et dont la formation aura été déterminée ici par une péricardite remontant à l'époque de la première attaque.

Au n° 26 de la même salle se trouve un malade qui, à la suite d'une scarlatine, a eu une endocardite et une endarlérite ; on entend très bien au cœur un bruit de souffle indiquant une insuffisance, et le long de la colonne vertébrale un bruit de souffle évidemment dû à un athérome généralisé de l'aorte. Je vous ai déjà longuement parlé de lui ; je vous ferai seulement remarquer que chez lui aussi les articulations tibio-tarsiennes et celles des deux genoux ont été prises les premières ; celles des phalangines avec les phalanges ont été également envahies.

Au n° 6 de la salle des femmes se trouve une chiffonnière; ici encore on peut invoquer comme cause occasionnelle de la manifestation morbide, l'influence du froid et de l'humidité. Cette femme fait remonter au 12 novembre le début de sa maladie, début caractérisé par de la douleur et du gonflement dans les articulations des genoux ; après quoi, c'est dans l'articulation scapulo-humérale gauche que s'est manifesté le rhumatisme : chez elle, l'orifice mitral et l'orifice aortique ont été atteints.

g G2 LE RHUMATISME AIGU.

J'arrive enfin à un castres intéressant. Je veux parler de la jeune tille de dis -huit ans couchée au n° il de la salle Saint- Charles. Domestique chez un marchand de vin, elle a été, comme le garçon de café dont je parlais tout à l'heure, soumise à l'influence des causes occasionnelles du rhumatisme. VÀ\e a eu également deux attaques ; la première remonte au mois d'août dernier et a persisté jusqu'au mois de novembre.

A son entrée, les articulations malades étaient les articulations tibio-tarsiennes et les genoux; actuellement, elle se plaint encore de douleurs dans les articulations coxo-fémorales, scapulohumérales, dans les coudes et les poignets. L'auscultation, à son entrée comme aujourd'hui, nous a révélé l'existence d'une insuffisance mitrale.

Cette malade est très intéressante, parce qu'elle offre le type complet du rhumatisme articulaire aigu. Ainsi, elle a éprouvé la fièvre rhumatismale avant toute manifestation locale. Vingtquatre heures avant de ressentir la moindre douleur articulaire, elle a eu de l'accélération du pouls, une chaleur vive de la peau, de l'inappétence, de la lassitude. La maladie générale a donc précédé chez elle l'expression locale du rhumatisme. Avant et depuis son entrée, elle a eu des sueurs profuses qui ont détermine une rubéfaction de la peau et des sudamina si confluents, que vous pouvez constater aujourd'hui une exfoliation décidera» tout à fait semblable à celle de la scarlatine. J'appelle surtout votre attention sur ce fait, intéressant au point de vue pratique comme il est important au point de vue doctrinal, à savoir : que la fièvre a précédé l'arthrite. D'où il suit qu'il est inexact de dire que l'arthrite est la cause de la fièvre : fièvre et arthrite sont les manifestations, l'une générale, Vautre locale, d'une même affel tion, le rhumatisme.

Il arrive parfois que le type pathologique soit atténue, et que la fièvre soit si peu accusée, que les malades s'en aperçoivent a

^Notee jeune malade a une affection du cœur dune gravité toute particulière, car il y a lésion de deux orifice, hn effet outre le bruit de souffle de l'insuffisance mitrale qu on < nh fort bien chez elle au-dessous de la mamelle et dans le point

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