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VUE SYNTHÉTIQUE DES POINTS DE COTÉ

lingère, qu'elle garde pendant de longues heures la position assise et qu'ainsi elle ne trouve pas dans la mise en action de ses muscles un puissant auxiliaire pour son estomac paresseux. D'ailleurs la modicité de ses gains ne lui permet que l'achat d'aliments grossiers ou malsains, aussi incapables de solliciter son appétit que d'activer sa digestion. Que de causes physiques réunies, sans parler des causes morales, suffisantes pour engendrer l'anémie, voire même la tuberculose ! Et c'est ce qui est arrivé chez celte femme qui présente ainsi des douleurs thoraciques de deux ordres : aux deux sommets de la poitrine, des points de côté de névrite, d'origine tuberculeuse ; à la partie latérale gauche, un point de côté de névralgie, d'origine chloro-anémique.

Pour en revenir maintenant aux points de côté en général, vous avez pu voir qu'eu égard à leur siège, il y a des points de côté :

1° Latéraux, ou des nerfs intercostaux, siégeant à l'espace correspondant au nerf intéressé, points de côté latéraux qui se subdivisent suivant la hauteur en supérieurs, moyens et inférieurs ;

2° De la base, ou des nerfs phréniques, avec irradiation à l'épaule gauche ou droite et au cou ;

3° Rétro-sternaux, ou du plexus cardiaque, avec irradiations possibles à l'épaule et au diaphragme, si le phrénique est intéressé.

A ces douleurs fondamentales et spontanées s'en ajoutent de concomitantes, ordinairement provoquées ; ce sont les douleurs des apophyses épineuses :

Comprenant, pour les névralgies intercostales, autant d'apophyses dorsales plus 1 qu'il y a de nerfs intéressés (c'est-à-dire pour un nerf malade, deux apophyses, pour deux nerfs, trois apophyses, etc.) ;

Comprenant, pour la névralgie du phrénique, les première deuxieme, troisième, quatrième et cinquième apophyses épineuses cervicales, avec prédominance de douleur pourladeuxième et la troisième ;

Comprenant, pour la névralgie du plexus cardiaque à peu près les mêmes apophyses cervicales que pour les phréniques.

De cette étude d'ensemble sur les points de côté, ce qui doit ressortir pour vous avec la plus haute évidence, c'est le rôle con- i sidérable qu'y joue la névralgie.

A l'exception, en effet, d'une lésion directe de la portion osseuse ou cartilagineuse de la poitrine, depuis la fpaotupe jusqu'à l'exostose ; à l'exception d'une lésion de la portion charnue, pleurodynie ou déchirure muscujaire, tout le reste n'est que névralgie, soit par névrite, soit par névrose.

Mais la nature névralgique de la douleur et le siège de celte névralgie une fois reconnus, vous n'avez encore accompli que la partie scientifique la plus facile et la plus brillante de votre tâche : c'est la physiologie de la pathologie que vous avez faite, et l'esprit seul de l'anatomiste est satisfait, tandis que la partie pratique, médicale, de la tâche, celle qui a moins en vue la salisfaction du médecin que le soulagement du malade, celle-là reste tout entière à accomplir. Vous avez encore, en effet, à déterminer la cause générale ou l'origine matérielle de cette névralgie.

Il ne faut pas vous payer de mots :

Quand vous avez dit névralgie alors que le malade disait douleur nerveuse, vous avez simplement traduit en grec ce qu'il disail en fort bon français ; vous n'avez encore rien fait de médical.

Là où vous commencez à faire acte de médecin, c'est quand vous reconnaissez que cette névralgie est symptomatique, qu'elle n'est qu'une fraction de la maladie, comme le nerf frappé n'est qu'une fraction de l'organisme.

Là où vous êtes plus médecin encore, c'est quand vous essayez de découvrir la nature et l'origine de cette névralgie, et que vous en recherchez les sources dans l'état général du malade; c'est quand vous arrivez à reconnaître qu'il est un névropathique ou un rhumatisant, un saturnin ou un syphilitique. Car, alors seulement vous pourrez porter un pronostic et instituer un traitement.

Je ne sais pas d'exemple plus probant des erreurs comme des dangers de l'analyse médicale exagérée que la description isolée des névralgies considérées en soi, comme maladies indépendantes. Rien de mieux que d'en avoir décrit soigneusement les symptômes, mais rien de pis que d'avoir cousu à ce travail de

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