‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 195 sur 287 · VINGT-SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-SIXIÈME LEÇON

Pleurésie et ses signes physiques. - Matité à forme parabolique et matité a ligne de niveau. - La forme parabolique due au décubitus et à la nature de l'exsudat.- Expérience du flacon. - Valeur diagnostique et pronostique de la courbe parabolique dans la pleurésie. - Souffle avec égophonie et souffle sans égophonie. - Vastes épanchements et moignon pulmonaire. - Toux pleuretique et son mode de production. - Quintes de toux par brusque déplacement du malade; pourquoi. - Valeur séméiotique de la quinte de toux par déplacement, suivant que celle-ci est sèche ou humide. - Pourquoi la toux cesse quand augmente l'épanchement. - Décubitus dans la pleurésie - Decubitus unilatéral forcé dans les vastes épanchements. - Suffocation suinte dans le décubitus opposé. - Valeur de ce signe. - Comment se tient et marche un pleurétique qui porte un vaste épanchement

Messieurs,

Au n° 41 de notre salle des hommes se trouve un malade de rente-quatre ans, maigre, pâle, et d'une assez médiocre constitution : il n'a aucun antécédent fâcheux, et paraît n'avoir jamais été sérieusement malade. Il y a huit jours, il fut pris de frisson en rentrant chez lui ; ce frisson n'avait rien de l'éclat ni de l'intensité qui caractérisent le frisson initial d'une phlegmasie parenhymateuse ; c'était plutôt une horripilation avec sentiment de iro.d. Bientôt après, il ressentit une douleur dans le côté droit ûe la poitrine, puis une gêne assez marquée de la respiration et un besoin irrésistible de tousser ; cette gêne était notablement augmentée par la douleur, laquelle s'exaspérait au momeiUdes

quintes de toux; le malade était couché sur le dos et ne pouvait garder aucune autre position.

Voilà déjà quelques signes qui permettent de soupçonner l'affection dont cet homme est atteint; ces signes nous sont fournis par le mode de l'invasion. Dans la pneumonie, en effet, le frisson est éclatant et violent; la douleur, tardive et profonde, n'est que faiblement accusée par les malades. Dans la pleurésie, au contraire, le frisson est modéré, et la douleur, prompte à se manifester, est extrêmement aiguë, ainsi qu'il est arrivé chez notre malade. L'époque d'apparition de la douleur et son acuité, aussi bien que le degré d'intensité du frisson, tels sont les points de repère dans le diagnostic de la pneumonie et de la pleurésie au début. De plus, la matité occupait en totalité les deux tiers inférieurs de la gouttière costo-vertébrale droite. Nous voici donc déjà, même sans le secours de l'auscultation, plus avancés que les anciens pour lesquels douleur pleurétique voulait simplement dire « douleur de côté », et qui désignaient sous le nom de pleurésie toute maladie « avec point de côté ». Y avait-il expectoration, c'était la pleurésie humide ; l'expectoration manquait-elle, c était la pleurésie sèche, c'est-à-dire, en réalité, la véritable pleurésie. Ces mots de pleurésie sèche et humide ont reçu de nos jours une tout autre acception.

Poursuivons notre diagnostic. Le lendemain de son entrée, le malade avait une fièvre intense et la peau chaude ; la température s'était élevée à 40 degrés dans l'aisselle. L'auscultation révélait, vers la base du côté droit, une crépitation très évidente, qui remontait vers la partie moyenne de ce côté de la poitrine; un bruit de souffle sans rudesse au-dessous du point où se percevait la crépitation, et un retentissement de la voix qui se rapprochait plus de la bronchophonie que de l'égophonie. Vous le voyez, messieurs, deux nouveaux signes militaient en faveur d un pneumonie, à savoir : la crépitation et l'élévation marquée de a température, Wuuderlich n'ayant presque jamais vu, dans « pleurésie, la température s'élever au-delà de 39 degrés Le k ndemain, néanmoins, malgré la persistance de la crep.lat.o, la température constatée la veille, vous m avez vu mainlem mon diagnostic : l'expectoration était, en effet, uniquement spu

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