‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 196 sur 287 · FORME DE LA MATITÉ PLEURÉTIQUE · texte numérisé non relu

FORME DE LA MATITÉ PLEURÉTIQUE

. meuse et sans coloration spéciale ; or, il me paraissait impossible qu'une pneumonie aussi étendue que l'aurait dû faire supposer .la matité constatée, pût exister sans donner lieu à l'expectoration caractéristique que vous connaissez.

Mais ce qui donnait au diagnostic un haut degré de certitude, c'était la forme toute spéciale, et pour ainsi dire géométrique, de la ligné de contour de la matité. En effet, la matité ne siégeait pas seulement aux points les plus déclives de la région dorsale, elle était limitée par une ligne courbe à convexité supérieure. Eh bien, ce signe, à lui seul, voulait dire « épanchement dans la plèvre et épanchement d'une certaine nature », ainsi que vous l'allez voir.

Arrêtons-nous un instant sur ce signe, découvert en 1843 par un élève très distingué du professeur Piorry, le docteur Damoiseau (1). Il y a là un problème clinique sur lequel il est bon d'arrêter un peu votre attention.

La courbe de cette matité est de l'ordre des sections coniques : c'est celle qu'on obtiendrait en faisant passer obliquement un plan sécant à travers la cavité du thorax. Or, rien n'est plus facile que de concevoir comment la matité d'un épanchement et d'un épanchement d'une certaine nature, est précisément limitée par une semblable courbe.

Ayez, je vous prie, présentes à l'esprit les données suivantes • la position du malade sur le plan incliné du lit, la forme du thorax la présence d'un épanchement dans la cavité pleurale, la nature de cet épanchement, enfin l'action de la pesanteur, et vous aurez tous les éléments de solution du problème de séméiotique dont je veux vous donner l'explication.

Si le malade était horizontalement couché sur le dos, le liquide obéissant à la pesanteur, se réunirait dans toute l'étendue de là gouttière costo-vertébrale, qui est la partie la plus déclive du dos; mais comme le malade est couché sur un plan incliné, le liquide se masse à la partie inférieure de cette gouttière. Voilà un premier fait tout physique, et où n'intervient que la pesanteur.

ta voici un autre, physique et physiologique à la fois, dans lequel va intervenir la nature ^liquide épanché. C'est pour n'avoir

peter. — Clin. méd. 3<= édit.

tenu aucun compte de la nature du liquide exsudé que Damoiseau n'a pas pu tirer de sa découverte tout le parti que je vais essayer d'en tirer moi-môme.

Supposons, en premier lieu, le liquide complètement séreux, c'est-à-dire ayant une fluidité comparable à celle de l'eau ; dès que le malade quittera la position couchée pour prendre la station assise, ou, en d'autres termes, dès que le tronc d'oblique deviendra vertical, le liquide, très fluide par hypothèse, et par suite très docile à la pesanteur, abandonnant la gouttière costovertébrale et glissant vers la base de la poitrine, se réunira sur le plan que lui offre le diaphragme. La percussion pratiquée alors donnera une ligne de niveau horizontale, et comme le thorax peut être comparé à un cône, le plan qui passerait par cette ligne de niveau aurait des contours à peu près circulaires.

Supposons maintenant le liquide entièrement fibrineux, c'està-dire à peine fluide ; lorsque le malade se mettra le tronc dans la position verticale, le liquide, doué de propriétés adhesives, n'obéira que lentement et difficilement à la pesanteur, et la plus grande partie en restera adhérente aux points de la gouttière costo-vertébrale primitivement occupés ; de sorte que l'exsudat, dans la position verticale qu'a prise le malade, conserve à peu près la môme disposition qu'il affectait quand le tronc était sur un plan incliné ; aussi la ligne de niveau de la matité - et c eâ là que j'en voulais venir - ne sera-t-elle plus horizontale comme tout à l'heure, mais oblique à l'axe du cône thoracique, et le plan qui passerait par cette ligne de matité donnerait une ligne d'intersection de forme à peu près parabolique.

Supposons enfin que l'épanchement soit séro-fibnneux : il si ramassera comme les précédents aux points les plus déclive dj thorax, le malade étant couché ; puis, dès qu'il s assoira la pa| lie séreuse de l'épanchement glissera vers la base de la poitrm et sur le diaphragme, laissant, comme une eau boueuse qui se retirj une épaisse couche de limon sur les points qu'elle abandonne sorte qu'on aura par la percussion : 1° aux points naguère occu-

l la présence de la matière flbrineuse restée collée aux

la poitrine; et X dans une zone inférieure, une matité piofan*

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