KYSTH PURULENT DE LA PLÈVRE
ti Lé s'élevait d'un à deux crachoirs dans les vingt-quatre heures.
Quand, au contraire, la fistule cutanée était largement ouverte, les linges de pansement étaient chaque jour baignés de pus, et dans ces cas le malade en expectorait une quantité bien moindre. 11 y avait donc une sorte de balancement clans le rendement du kyste pleural par la bouche et par la peau. Comme la sécrétion purulente était continue, quand la fistule cutanée donnait peu, le pus s'accumulait, puis se faisait jour de vive force par la fistule bronchique.
Cet état si pénible durait ainsi depuis plusieurs mois; le malade déclinait chaque jour, perdait son appétit et ses forces; il avait de temps à autre des frissons assez prononcés, des sueurs la nuit, le sommeil était constamment troublé par la toux, lorsque enfin au mois de juillet, voulant mettre un terme à ces accidents, je résolus de faire pratiquer une contre-ouverture à la paroi Lhoracique, d'y passer un drain, et de vider ainsi cette cavité pleurale transformée en un véritable kyste purulent. Je pensais faire des injections détersives d'abord, excitantes ensuite, pour arriver à tarir cette abondante sécrétion de pus et amener la rétraction des parois de la plèvre chroniquement enflammée. J'espérais obtenir ainsi la cicatrisation de la fistule pleuro-bronchique.
Il va sans dire que j'auscultais fréquemment le malade pour voir si la tuberculisation ne viendrait pas compliquer la situation et aggraver fatalement l'état du malade, qui, d'ailleurs, déclinait chaque jour.
Indépendamment de l'amaigrissement qui allait croissant, les extrémités inférieures commençaient à s'œdématier. Cependant, en dépit de l'atteinte profonde portée à l'hématose, aucun signe' de tuberculisation pulmonaire ne se manifestait. Du côté gauche delà poitrine la matité était évidente dans la moitié inférieure du poumon, en arrière comme en avant et latéralement. Un peu au-dessus il n'y avait que de la submatité ; quant au tiers supérieur, il conservait une sonorité à peu près normale. Les vibrations thoraciques étaient complètement abolies dans tous les points où se percevait la matité, et le murmure respiratoire ne 9 y entendait pas davantage. Au contraire, la respiration se fai-
(586 LES PLEURÉT1QUES.
sait entendre avec son rhythme et son timbre normaux au som- 1 met du poumon gauche ; du côté opposé la sonorité et la respiration étaient absolument normales.
Eu conséquence, je priai M. Duplay d'examiner avec moi le malade, et de me donner son avis relativement à la contre-ouverture que je projetais de lui faire faire. M. Duplay introduisit avec une grande difficulté une bougie élastique, et trouva un trajet tortueux où la sonde s'engageait très peu profondément. En quelque sens qu'il la tournât, la bougie se trouvait toujours arrêtée, excepté en haut, où la sonde pénétrait obliquement, bien qu'avec peine.
Cette exploration faite, M. Duplay ne fut pas d'avis de pratiquer une contre-ouverture, ne sachant pas où la faire porter, attendu l'incertitude du chemin parcouru par l'instrument investigateur.
Cette ressource m'étant ainsi enlevée, je résolus de dilater l'ouverture fistuleuse au moyen de petits coins de laminaria digitata, me réservant d'agir plus activement ensuite. Ces choses se passaient vers la fin de juillet; au bout d'une semaine le trajet oblique fut suffisamment élargi dans une certaine étendue, pour que je pusse y introduire une sonde de gomme ordinaire du calibre de 6 millimètres environ. Le premier jour de l'application, de la sonde (Ier août), il s'écoula environ un litre de pus par 1* sonde, et le malade en éprouva un grand soulagement. Les jours suivants, le pus continua à couler, mais avec moins d'abondance que le premier jour, dans une vessie de caoutchouc vulcanisée que j'adaptai à la sonde.
A partir de ce moment, la teinte grise et plombée du visage commença à diminuer, l'appétit revint en partie, et l'œdème dej jambes disparut complètement. La respiration s'accomplirait mieux, et le malade ne se sentait plus gonflé comme autn
après ses repas.
Cette amélioration ne me suffisait pas; je tentai vers la Un d'août d'obtenir la guérison du kyste à l'aide d'injections estantes J'injectai d'abord de la teinture d'iode très étendue ; mai. il en résulta presque aussitôt une oppression des plus pénibles, et le malade en rejeta une petite quantité par la bouche avec des quintes de toux très fatigantes. Ce moyen étant trop douloureux,