KYSTE PURULENT DE LA PLÈVRE
je dus l'abandonner et laisser reposer le malade pendant quelques jours, durant lesquels cependant je lui fis respirer des vapeurs de teinture d'iode, afin de modifier quelque peu par l'intermédiaire de la fistule pleuro-bronchique l'intérieur du kyste purulent, et à la tin d'août je commençai les injections d'eau alcoolisée au vingtième; à la suite des premières injections ébriété passagère, pendant laquelle le malade a la sensation et le goût de l'alcool dans la bouebe. Le pus devint alors séreux et sanguinolent, et la quantité en diminua rapidement, au point que bientôt je ne laissai plus de sonde à demeure. De temps à autre, quand un peu d'oppression se manifestait, le malade remettait sa sonde, par laquelle il ne s'écoulait qu'une petite quantité de sérosité rosée. Alors aussi je recommençais l'injection alcoolisée.
A la fin d'août, voici quel était l'état des choses ; la matité persistait dans toute la moitié inférieure ; mais, au lieu de l'abolition complète du murmure respiratoire, on percevait comme un léger bourdonnement qui indiquait le déplacement du poumon vers la base de l'organe. Des frottements pseudo-crépitants se faisaient entendre sur les confins de la inatité. Il n'y avait ni souffle ni égophonie.
Le 3 septembre, l'ouverture fistuleuse est considérablement rétrécie, le malade ne tousse plus. Depuis trois ou quatre jours il sort à peine dans les vingt-quatre heures deux ou trois cuillerées de sérosité légèrement sanguinolente.
La sonde pénètre très difficilement dans la cavité pleurale; le chemin est plus court et plus tortueux.
Le malade non seulement ne tousse plus, mais il n'a plus le goût du liquide injecté, comme il l'avait dans la bouche pendant les huit ou dix premiers jours où les injections furent pratiquées. Ces deux choses démontrent évidemment que la fistule pleuro- . bronchique est fermée.
Quand le malade veut faire une profonde inspiration, il se sent gêné, dit-il, dans le côté gauche ; cependant, progrès considérable, la respiration s'entend presque jusqu'au bas du poumon, faible, il est vrai, mais enfin perceptible. Quant à la matité, clic est toujours très prononcée.
L'état général est excellent; le malade mange avec appétit,
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dort sa nuit entière; toutes les grandes fonctions s'accomplissent et les forces renaissent. Le malade reprend de L'embonpoint.
Le dS septembre, on cesse les injections d'eau alcoolisée ; il ne s'écoule de la fistule qu'une cuillerée à soupe environ par vingtquatre heures, tandis qu'il y a quinze jours on en obtenait en» core de 6b à 80 grammes. Cette sérosité a toujours une odeur d'alcool très prononcée ; elle est rosée par suite de la présence de globules de sang, dont les uns sont normaux et les autres déformés ; elle contient quelques globules graisseux. La sonde ne s'introduit qu'avec peine dans la fistule.
Du 16 septembre au 6 octobre, époque durant laquelle on n'injecta plus d'alcool, le liquide qui s'écoulait par la sonde resta pendant quelques jours dans les proportions de 20 à 30 grammes environ, pour augmenter bientôt jusqu'à atteindre la quantité de 50 à 60 grammes. Pour en finir avec cette sécrétion intarissable, j'injectai le 7 octobre une solution de nitrate d'argent au deux-centième. Le lendemain la fistule semblait fermée, et il! n'en sortait aucun liquide. Le surlendemain 9 octobre, la lislule se rouvrit et il s'en écoula environ 80 à 90 grammes d'une sérosité louche et d'un jaune rougeâtre. Le 10, la sérosité a le même aspect et sort avec la même abondance; on supprime alors les injections de nitrate d'argent pour en revenir à celles d'eau alcoolisée du mois précédent; au bout de deux ou trois jours, la quantité de sérosité retombe de 8U à 40 grammes, et bientôt elle n'est plus que de 20 à 25 grammes environ en vingt-quatre heures. Le 20 octobre, il ne sort plus par la plaie qu'une cuillerée de sérosité rosée qui remplit à peine le fond d'un verre à expérience. La santé est excellente, l'appétit très vif, et les forces sont revenues.
Quant à l'état local, il était à peu près le même qu'un mois auparavant ; on entendait la respiration jusqu'à trois travers de doigt de la fistule, nonobstant la persistance de la matité à la
base de la poitrine.
Dans les premiers jours de novembre, ce n'était plus que quelques gouttes de sérosité louche plutôt que purulente, quis'écou laient par vingt-quatre heures de la lislule. Le malade pouvait donc être considéré comme guéri. Je l'engageai à reprendre sd