L'ALCOOL ET COMMENT IL AGIT. *'9B
santé, et qu'on a ainsi ramené sa température à un niveau plus voisin de la normale. Le lapin, bien portant avant l'expérience, a été jeté par elle dans la maladie; et c'est en le rendant malade, très malade, qu'on a fait baisser sa température au-dessous du niveau physiologique. Au contraire, l'homme malade, convenablement traité, est mis dans un état meilleur, et c'est en le faisant mieux aller qu'on a diminué sa température. 11 n'y a pas eu là d'action directe exercée sur la chaleur fébrile, mais une action liés indirecte. Ce qui nous conduit bien loin de la question de savoir si l'alcool fait ou non de la chaleur, s'il se brûle ou non dans l'organisme.
Notez bien que je ne nie pas (on ne nie pas un fait) que la substance alcoolique ne s'évapore en partie par les voies respiratoires et cutanée; qu'elle ne produise ainsi du refroidissement; qu'elle n'en produise également en provoquant la sueur ; mais c'est là le petit côté de la question ; car c'est en tant que liquide stimulant — alimentaire ou non, cela ne me fait rien à moi, thérapeute (que les physiologistes s'entendent avec les chimistes sur ce sujet, s'ils le peuvent) — c'est en tant que stimulant et tonique qu'il agit et que je suis autorisé à le prescrire. Est-il maintenant des expériences d'accord, enfin, avec la tradition séculaire et universelle? Eh bien ! oui; — et ce n'est pas malheureux !
Parker et Wollowicz, de Londres ( I), ont essayé de déterminer l'action de l'alcool sur l'organisme à l'aide d'expériences faites non point sur un animal quelconque, mais sur un homme, et un homme robuste.
Pendant six jours cet homme prit : le premier jour, 1 once (28,4 centimètres cubes) d'alcool absolu, et par petites doses, clans le courant de la journée; le deuxième jour, une dose double; le troisième jour, une dose quadruple; les cinquième • et sixième jours, huit fois autant d'alcool que le premier; il fut remis au régime de l'eau pendant six jours, puis il prit journellement, pendant trois jours, 12 onces (341 centimètres cubes) d'eau-de-vie fine à 48 pour 100, et finalement il resta encore trois
(1 ) A. Parker et G. Wollowicz, De l'action de l'alcool sur l'organisme humain l'/vceed. of the Royal Suc. of London, t. XVIII, p. 30a), analyse dans Archives dr médecine, mai 1873, p. 625).
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jours âne boire que de l'eau. L'alcool était donné par petites el par fortes doses, tout en évitant cependant l'ivresse. La nourriture était régulière et prise à des heures déterminées.
La température axillaire, mesurée journellement lotîtes les heures de huit heures du matin jusqu'à dix heures du soir, ne sembla nullement modiliée ni par l'alcool ni par l'eau-dc-vie. La température rectale, mesurée trois fois par jour (à huit heures du matin, à deux heures de l'après-dînée et à six heures du soir), sembla s'éleveb, légèrement, il est vrai, mais d'une manière évidente et constante, après l'ingestion de l'alcool et de l'eau-de-vie.
Ces faits sont donc en contradiction avec les résultats de la plupart des expérimentateurs, qui ont signalé un abaissement constant de la température après l'usage de l'alcool ; mais Parker et Wollowicz font judicieusement remarquer qu'ils ont toujours évité de produire les signes de l'ivresse, ou des phénomènes ^empoisonnement, et qu'ils n'ont employé que des doses raisonnable* d'alcool sur un sujet robuste et bien portant. Aussi admettent-ils parfaitement que l'alcool produise un abaissement de température sur des sujets débilités, malades, ou bien quand il est absorbé à dose toxique. Tout cela — faits, raisonnements et conclusions — est trop d'accord avec ce que je vous ai dit pour que je ne m'y associe pas.
Le pouls, compté toutes les deux heures, devenait plus fréquent ci plus plein pendant les périodes d'absorption d'alcool et d'eaude-vie. L'action de l'alcool sur la circulation des petits vaisseaux de la peau était très prononcée; la face, les oreilles et le cou rougissaient; il y avait même un léger gonflement de la face les jours où la quantité d'alcool absorbée était plus forte; le sujet en expérience trouvait lui-même que la peau du tronc et de la face était plus chaude; la tête lui semblait lourde, comme si les vaisseaux intra-crâniens avaient subi également une dilatation; de plus, il y avait une sensation de chaleur au niveau de L'épigastre. Les auteurs ont encore recherché les altérations produites par l'alcool clans le tracé sphygmographique. La ligne d'ascension était beaucoup plus marquée sous l'influence de 1 alcool; elle était plus rapide et plus élevée; le sommet était quelquefois pointu; mais généralement il restait arrondi. La ligne