ÉTAT NAUSÉEUX ET CONTRO-STIMULISME
la maladie, et cela par l'intermédiaire de l'organisme. Que, par conséquent, dans un cas d'hémoptysie, ou plus généralement dans un cas d'hémorrhagie, on arrête l'écoulement du sang en modifiant l'état général par la saignée, par un vomitif, par la potion rasorienne, par un purgatif; il importe peu en soi; on a fait en tout cas du contro-stimulisme; on a indirectement coupé les vivres à l'hémorrhagie - c'est-à-dire à l'hypérémie. Et c'est pourquoi cette médication est également bonne pour la phlegmasie.
En résumé, il ressort de tout ce que nous venons de voir : •1" Que la médication vomitive n'arrête pas seulement l'hémoptysie, mais aussi toute espèce d'hémorrhagie, et qu'elle constitue ainsi une médication antihémorrhagique générale;
2° Qu'elle agit même sans faire vomir, par cela seulement qu'elle produit l'état nauséeux (ce qui prouve qu'elle n'agit pas mécaniquement par le vomissement) ; que le même résultat est obtenu par la médication évacuante, ainsi que le démontrent les faits du docteur Simon; et que la spoliation et l'hyposthénisation sont des caractères communs à ces deux méthodes de traitement;
3° Que le même résultat est obtenu par la saignée, qui spolie et hyposthénise, comme les deux méthodes précédentes. Mais, à égalité d'effet, la médication qui spolie le moins étant évidemment préférable, la médication vomitive ou purgative doit être considérée comme la meilleure.
11 ressort également de tout ceci que cel te médication vomitive n'est que l'application, dans un cas particulier, d'un système général, le contro-stimulisme, qui se trouve ainsi n'agir pas seulement contre laphlegmasie,mais contre l'hémorrhagie, en agissant par un procédé identique (la contracture réflexe des petits vaisseaux par action primitive sur le plexus solaire), en agissant, dis-je, par un procédé identique sur un élément morbide qui leur est commun, l'hypérémie Ce qui prouve indirectement que l'hémorrhagie est alors Quxionnair'e et non traumatique; c'est-à-dire ([ne si la rupture vasculaire est indispensable pour qu'il y ail hémorrhagie, il y a, dans ces hémorrhagies qu'arrête le vomitif,
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rupture de petits vaisseaux et non de gros, par fluxion péri ou paraphymique et non par ulcération au contact et par le fait d'une masse tuberculeuse. Ce qui tend à prouver encore que, dans ces hémorrhagies par ulcération d'un gros vaisseau, hémorrhagies tuberculeuses ultimes dont je vous ai parlé et où le sang coule à flots, le vomitif est moins indiqué et serait probablement impuissant à arrêter l'écoulement du sang.
Enfin, je crois vous avoir démontré par les faits que la médication vomitive ou nauséeuse dans l'hémoptysie est aussi efficace qu'elle est innocente. Et c'était là mon but.