‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 35 sur 287 · PREMIÈRE LEÇON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LEÇON

Asthénie cardio-vasculatre.— Toute lésion d'orifice ou do valvule cardiaque implique une lésion consécutive des vaisseaux , — des lésions organiques générales,— une altération du sang par anoxémie et anhématin, — une lésion plus considérable encore des organes et du cœur lui-même, entraîné comme les autres dans le tourbillon morbide. — Mort partielle, puis mort fiuale par asthénie cardio-vasculaire et asynergie généralisée, mais non par asyslolie.

— Rôle physiologique du cœur et des vaisseaux. — Cercle morbide des affections du cœur ; — Phase des troubles physiques, — des troubles chimiques,

— des troubles dynamiques ; — Phase de cachexie.

Messieurs,

Les hasards de la clinique ont réuni dans nos salles un grand nombre de malades atteints d'affections organiques du cœur. Grâce à ce concours de circonstances, nous pourrons étudier ces maladies non seulement quant à la lésion initiale et génératrice, mais quant aux phénomènes successifs auxquels cette lésion donne naissance : troubles fonctionnels et altérations organiques qui s'enchaînent dans le cours de la maladie, en déterminant une série d'accidents dont la mort est toujours la conséquence.

Grâce à ce môme concours de circonstances, nous pourrons peter. — Clin. mi'd. édil. i. 1

voir que les affections organiques du cœur constituent un véritable cercle morbide qui commence el qui finit au cœur, qui débute par une lésion d'orifice ou de valvule, produit de proche en proche des lésions vasculaires et se termine par l'altération du muscle cardiaque lui-même ; mais le mal n'est pas là seulement, il est partout; do sorte que les segments de ce cercle morbide ne sont autres qu'une série d'altérations organiques et de troubles fonctionnels successifs et hiérarchisés, lesquels entraînent des troubles dans la circulation de l'hématose et de l'hémalopoièse, el, comme conséquence nécessaire, une infime et profonde dyscrasie du sang; laquelle produit, à son tour, une altération plus considérable de l'organe où se trouvait l'origine première de tout ce mal.

Ainsi, le malade qui succombe à une affection du cœur meurt bien moins de l'altération de son cœur que de celle de son sang. Et nous voici bien loin déjà de la doctrine de l'asystolie, dont j'espère vous démontrer l'insuffisance. J'insiste donc sur ce fait, à savoir que celui qui meurt d'une maladie du cœur ne meurt pas, en réalité, d'une maladie de cet organe, mais d'une maladie de tout son organisme ; il n'est pas victime d'une asystolie, mais d'une asynergie générale, c'est-à-dire que, dans son organisme altéré, rien ne vaut plus rien ; aucune de ses molécules organiques n'est bonne, et il finit de vivre par le fait de l'altération de tous ses organes ainsi que de leur impuissance à fonctionner.

Cette théorie de l'asystolie (introduite dans la science par Beau, et dont la séduisante simplicité a surtout fait la fortune), je vais essayer de la discuter physiologiquement et cliniquement.

Voyons d'abord les arguments physiologiques.

11 est évident (pour qui lit avec attention ses écrits) que Beau s'est surtout préoccupé du cœur, et plus encore de la lésion valvulaire que de l'altération du muscle cardiaque.

Pour lui, tout est en quelque sorte dans la lésion primordiale. C'est elle qui trouble les fonctions de l'organe, lequel finit, après une lutte prolongée pendant un temps plus ou moins considérable, par être à bout de forces et par arriver à ce qu'il appelle Yasyslolie, qui est le ci résultat d'une contraction plus ou moins incomplète d'une ou plusieurs des cavités du cœur ». Je cite

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