‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 44 sur 287 · CONGESTIONS MORBIDES INDÉPENDANTES · texte numérisé non relu

CONGESTIONS MORBIDES INDÉPENDANTES

les congestions movbides indépendantes et sur ce qu'on pourrait considérer, bien à tort, comme un cas d'asyslolie à marche rapide : il s'agit du malade qui vient de succomber au n° 1 de notre salle Saint-Paul.

L'autonomie vasculaire qui fait les congestions fonctionnelles indépendantes, ainsi que nous l'avons vu clans ma première leçon a propos de la glande parotide en fonction, fait aussi les congestions MORBIDES indépendantes.

Sans doute, ainsi que nous le verrons plus tard, il y a, par le fait des affections cardiaques, des congestions passives nécessaires; néanmoins il en est de partielles, qui se font spontanément, pour ainsi dire, et qui conduisent à la pblegmasie ou à l'hémorrhagie, mais à la production desquelles la gêne habituellé de la circulation prête assurément son concours.

Ainsi, chez certains sujets, le foie se congestionne avant les poumons, et toujours à un plus haut degré que ces organes, quand ceux-ci se congestionnent : ce qui est en désaccord avec l'hydraulique de la circulation (si l'hydraulique était le seul agent de ces congestions); et ce qui ne se peut concevoir que par l'intervention de l'autonomie vasculaire indépendante.

De telle sorte que parfois une cause, insuffisante en d'autres circonstances, est capable, la langueur circulatoire aidant, de déterminer une congestion phlegmasique partielle. Et c'est là, pour le dire à cette occasion, l'extrême et continuel péril des individus atteints de maladies du cœur que l'imminence où ils sont d'être atteints de congestions phlegmasiques graves sous l'influence d'une cause qui pour d'autres serait innocente.

Mais, avant d'aborder l'étude du malade du n° 1 , je dois mentionner ce fait, à savoir, que la gravité d'une congestion est eu raison, d'une part, de l'importance hiérarchique de l'organe congestionné — ou de l'importance de sa fonction — et en raison, d'autre part, de l'étendue de cette môme congestion. Par exemple, une congestion cérébrale peut donner la mort par sidération du' système nerveux. Une congestion pulmonaire peut entraîner pareille terminaison, mais c'est alors par suspension de l'hématose et entrave directe à la circulation. En effet, une congestion est d'autant plus redoutable que l'organe congés-

tionné est plus vasculaire, puisqu'il en résulte une plus grande entrave à la circulation. Supposons une congestion du foie, il y a gêne de la circulation des veines porte et sus-hépatiques, mais la circulation est intacte dans la veine cave supérieure, intacte aussi dans la veine cave inférieure, en tant que circulation des parties inférieures du tronc et des membres abdominaux. Ainsi en est-il à plus forte raison de la congestion des reins ; attendu qu'à travers ces organes ne passe pas tout le sang qui doit circuler dans l'organisme entier. Ainsi, avec la congestion de ces organes il y aura des troubles fonctionnels plus ou moins graves : une acbolie plus ou moins complète et de l'ictère, une anurie plus ou moins prononcée avec ou sans albuminurie ; mais la vie est encore compatible avec cet état, au moins pendant quelques jours, au bout desquels pourront enfin apparaître les symptômes de l'ictère grave ou de Yurémie, si la congestion est générale et prolongée. Mais que la congestion soit aux poumons, la chose est bien différente : d'une part, toute la circulation est entravée, et il y a des troubles généraux par troubles vasculaires de toutes les fonctions ; d'autre part, il y a diminution, puis suspension de la fonction de l'hématose.

Mais cette fonction ne peut être suspendue sans compromettre immédiatement l'existence, de sorte qu'une congestion pulmonaire intense et généralisée détermine la mort, et la mort par asphyxie.

Or, il est bien évident que si les poumons ou mieux les vaisseaux des poumons refusent de se laisser traverser par le sang, le cœur finira par ne plus pouvoir leur en envoyer et qu'ainsi la circulation finira par s'arrêter. Mais il est bien évident aussi que le point de départ de cet arrêt se trouve dans les poumons, et que si le cœur en arrive à cesser de battre, c'est parce que les poumons l'en ont empêché : la cause de la mort a donc été dans les poumons et non dans le cœur ; il y a donc eu mort par asphyxie et non par asystolie.

En effet, que l'on meure parce que le sang ne peut plus arriver au contact de l'air ou parce que l'air ne peut parvenir au contact du sang, le phénomène qui fait alors mourir est exactement le même, c'est Yanhématosie. Soit, par exemple, un cas de croup ;

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