‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 68 sur 287 · RÉTRÉCISSEMENT MITRAL ET A0RT1QUE · texte numérisé non relu

RÉTRÉCISSEMENT MITRAL ET A0RT1QUE

« La paroi du ventricule gauche mesure 1 centimètre et demi environ dans sa partie moyenne. La cavité est un peu distendue et contient un caillot cruorique peu volumineux. L'orifice mitral n'admet plus que le petit doigt. Il est fermé par une sorte de bourrelet arrondi, épais, opaque, blanchâtre, très dur et comme fibre-cartilagineux. Les deux valves sont également très épaissies et devenues opaques, et les cordages qui en partent ont subi un épaississement très considérable dans toute leur étendue, mais surtout au point où ils s'attachent aux valvules. Ils sont rétractés sensiblement; mais la disposition des deux lèvres de la valvule est telle que, même avec ce rétrécissement, elles s'appliquent parfaitement l'une sur l'autre, ce qui permet de comprendre l'absence de toute insuffisance.

« Vu par l'oreillette, l'orifice mitral se présente sous la forme ' d'un croissant lunaire à bords arrondis. Cette cavité offre, d'ailleurs, un endocarde épaissi et blanchâtre; elle est notablement dilatée.

« L'orifice aortique est sensiblement rétréci ; en effet, bien que les valvules soient libres et peu altérées, elles sont soudées l'une à l'autre, deux à deux, dans l'étendue de S cà 6 millimètres, ce qui ne donne pas à l'orifice qu'elles circonscrivent une étendue de plus de 6 centimètres, tandis que l'orifice fibreux en a 7. Immédiatement au-dessus, l'aorte présenLe des plaques athéromateuses jaunâtres très épaisses et nombreuses, qui s'étendent à l'aorte thoracique et qu'on retrouve d'ailleurs jusque dans l'aorte abdominale.

« La fibre charnue du cœur présente une teinte comme feuillemorte, et au microscope l'universalité des fibres cardiaques est en dégénérescence granulo- graisseuse très avancée. On n'en trouve pas qui aient conservé leur striation normale.

« Les deux poumons, refoulés par les viscères abdominaux, sont reliés à la paroi thoracique, comme le cœur l'était au péricarde, par des adhérences celluleuses serrées, très solides, qui rendent leur extraction difficile. D'ailleurs, leur tissu ne présente d'autre altération qu'une congestion généralisée évidente et une légère infiltration œdémateuse des bases. Point de tubercules ; point d'inrarclus pulmonaires. Dans une branche do l'artère pul-

monaire, à droite, se trouve circulant librement un caillot flbrineux, grenu, en grappe grisâtre, formé, selon toute vraisemblance, entre les cordages du ventricule droit.

« A l'ouverture de l'abdomen, on trouve les anses intestinales très distendues. ï/épiploon et les franges graisseuses sont surchargés de graisse. Il n'existe que quelques verres d'un liquide trouble dans la cavité du péritoine.

« Le foie n'offre rien de particulier, en dehors d'un certain état de congestion. La rate, retenue par quelques adhérences celluleuses, est tuméfiée sensiblement, d'un rouge vineux et ramollie.

« Les reins ont presque doublé de volume et de poids. Ils sont le siège d'une congestion excessive avec teinte rouge foncée des deux substances. D'ailleurs, la membrane muqueuse des calices et du bassinet est injectée et présente comme un véritable purpura hémorrhagique sous-muqueux. La vessie renferme une urine

sanglante, boueuse.

« Le corps de l'utérus, les ovaires et les trompes n'offrent rien à noter ; mais le col utérin est devenu diffluent, ramolli à peu près comme le tissu splénique; il s'en va en putrilage noirâtre et fétide à la moindre pression. »

Cette observation n'est pas seulement intéressante en raison de la concordance entre les signes stéthoscopiques et les lésions cardiaques, elle offre encore des particularités que je veux faire ressortir.

Et d'abord, au point de vue de la concordance, vous remarquerez que nous avions diagnostiqué une insuffisance triglochine, malgré l'absence de pouls veineux, et que cette insuffisance existait bien, causée qu'elle était par la présence de trois tumeurs (dont l'une exceptionnellement volumineuse) à la surface des valves, qui ne pouvaient absolument plus se juxtaposer. Ainsi le bruit de souffle sous-mamelonnaire, au premier temps et vers la base de l'appendice xiphoïde, était bien le signe de cette insuffisance triglochine.

D'autre part, le souffle sus-mamelonnairc, également an premier temps, correspondait bien a un rétrécissemenl aortique. Mais il y avait un rétrécissement milral très considérable, cl

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