PATHOGÉNIE DU CHOLÉRA INFANTILE
« Dans une Iroisiôme variété, où les vomissements et la diarrhée sont de môme intensité, tantôt on trouve le microbe pathogène, tantôt on ne le trouve pas (1). »
Ainsi, les vomissements seraient dus à une irritation de l'estomac (par le lait altéré), et la diarrhée serait causée par un microbe pathogène « qui tantôt existe et tantôt n'existe pas ». Fort bien ! Mais, quand il «n'existe pas », comment et pourquoi cette diarrhée? — Je crois inutile d'insister. Le rôle (?) du microbe pathogène (?) me paraît ici nettement défini par son partisan môme.
La suite de ces leçons fera voir la part que j'attribue au plexus solaire dans l'ensemble des phénomènes cholériques. Ce plexus est empoisonné par les ptomaïnes qui se développent dans l'appareil digestif, sous l'influence des fermentations résultant d'une alimentation mauvaise ou indigeste. Or, déjà Rilliet et Barthez avaient signalé le rôle du sympathique dans la pathogénie du choléra infantile.
Dans leurs expériences physiologiques sur les plexus solaire et mésentérique, Rudje et Pincus ont provoqué une diarrhée profiise et un catarrhe intestinal, les deux plexus étaient rouges, gonflés, présentant çà et là des ecchymoses (2). Huberwald admet que le point de départ du choléra infantile est une affection primitive des nerfs abdominaux sympathiques. Ceux-ci, malades, paralysent les capillaires de l'intestin; d'où transsudation abondante et diarrhée. Il y a là une analogie bien lointaine avec le choléra ; mais ce qui est incontestable, c'est la diarrhée qui résulte de l'irritation (ici traumatique) des plexus viscéraux de l'abdomen.
(1) Id., Ibid., p. 38.
(2) Voir plus loin, leçon cxvr, l'état analomique du plexus solaire dans le choléra indien.