SYMPTOMES DU CHOLÉIU NOSTRAS
ments ; vers l'inlestin, d'où diarrhée. C'est toujours le môme mécanisme, une hyperômie, mais sans irritation préalable. On a signalé aussi les émotions vives, produisant le môme résultat, avec un point do départ psychique.
On a encore incriminé les miasmes animaux, cause commune avec le choléra indien.
Les écarts de régime et la température élevée succédant brusquement au froid peuvent produire de petites épidémies saisonniè)-es. Ainsi le môme jour, 27 août, nous recevions trois malades atteints de choléra nostras. La température était des plus variables : à des pluies continues succédait brusquement une chaleur étouffante ; c'est dans ces conditions que se développa l'affection de nos malades.
L'un d'eux était un homme âgé de soixante-trois ans, de santé robuste, terrassier aux environs de Paris (à Boulogne), ne faisant pas d'excès alcooliques et n'ayant pas habituellement de troubles digestifs.
11 était bien portant le samedi 22 août ; il a mangé, comme d'habitude, de la soupe et du fromage à midi, et de la charcuterie le soir. Il a travaillé l'après-midi; il faisait très chaud, et il bul plus de trois litres d'eau.
La nuit, il a mal dormi et, vers le malin (dimanche 23 août), il a eu de la douleur à l'épigastre, puis des coliques dans tout le ventre. Peu à peu, il eut une sensation de brûlure à l'estomac, des nausées, mais ne vomit pas.
Dans la matinée, il a deux évacuations de matières fécaloïdes puis les selles deviennent liquides, et partent sans que le malade s'en aperçoive. Les coliques diminuent après chaque évacuation, mais ne tardent pas à reparaître.
Les évacuations se répètent deux à trois fois par heure dans toute la journée du dimanche. Le malade ne vomit point.
Vers le soir, il n'y a pas de fièvre; il se plaint, au contraire, de froid aux jambes, et rien ne peut le réchauffer. La bouche est sèche, la langue tellement desséchée qu'il ne parle qu'avec peine.
Le lendemain, les selles sont encore fréquentes, liquides. Le malade est épuisé.
Il a des crampes extrômement douloureuses dans les pieds, les mollets et les cuisses. Les mains mêmes sont prises de crampes, telles, dit le malade, qu'une fois fermées, il ne pouvait plus les ouvrir.
Môme état le mardi et le mercredi.
Le jeudi 27 août. Le malade est apporté à l'bôpital Necker. 11 ne peut tenir sur les jambes. Il a des vertiges quand on le fait asseoir sur son lit.
Il parle difficilement, la langue est rôtie, la voix est grêle, cassée. Les yeux sont excavés; la face est tirée, ridée profondément.
Le nez est effilé, froid.
Température : 36", 8. Pouls : 76, petit, faible, régulier.
Le malade se plaint de vives douleurs dans l'abdomen. La pression du creux épigastrique est très sensible. Le ventre est affaissé ; la peau, trop large, se laisse plisser et a perdu son élasticité.
Les membres inférieurs sont froids, un peu C5'-anosés — pas d'œdème. Cyanose également en plaques aux genoux et aux cuisses.
Quand on fait asseoir le malade sur le bord du lit, le déplacement des membres inférieurs réveille une crampe très douloureuse dans les jambes, qui restent roides et douloureuses quelques minutes. Pas de modification du réflexe rotulien (il est peut-être un peu exagéré à gaucbe).
Rien au cœur, ni à l'aorte; rien aux poumons.
Rate normale (pas d'épistaxis).
Trois selles liquides, jaunâtres, dans l'après-midi.
Traitement : Todd, opium, tbé.
28 août. Le malade a dormi un peu, il est moins abattu. La voix est moins faible. Pas de selles dans la nuit. Le ventre est déprimé, douloureux à la pression.
Température : 36°,2. Pouls : 80.
Urines rares, non albumineuses.
29 août. Température: 37°, 2. Les crampes ont disparu.
La langue est moins sèche; le malade peut s'asseoir un peu dans le lit.