SYMPTOMES DU CHOLÉRA NOSTRAS
30 août. Teinte subictérique des conjonctives ; pas de selles. Langue saburrale.
Foie : 13 centimètres, 2 centimètres de trop ; il est de plus légèrement douloureux à la pression.
Le malade demande à manger.
3 septembre. Le ventre n'est plus douloureux. Selles normales. Le malade demande à sortir. 11 est encore faible sur ses jambes.
Le second malade est un homme de vingt-cinq ans, de bonne santé habituelle ; pas d'excès alcooliques. Le mardi 25 août, il travaille, comme d'habitude, à chauffer les fours à gaz. Il boit beaucoup d'eau dans l'après-midi ; vers cinq heures, au moment de rentrer chez lui, il est pris de crampes et de vives douleurs à la région épigastrique, puis il se met à vomir. Les vomissements se succèdent coup sur coup, d'aliments d'abord, puis bilieux; en une demi-heure, il se trouve tellement abattu qu'il ne peut rentrer à pied chez lui, et qu'on le ramène en fiacre.
La nuit suivante, il vomit tout ce qu'il prend et il a deux selles diarrhéiques.
Le mercredi, les vomissements continuent; diarrhée liquide, en cinq ou six évacuations.
Vers le soir, le malade a des crampes, des contractures très douloureuses dans les jambes et les bras. Sensation pénible de refroidissement.
Le 27, le malade est apporté à Necker.
Température : 37 degrés. Pouls : 76, petit.
Le faciès est tiré, les yeux excavés, le nez pincé.
Le ventre est rétracté, sensible à la pression ; le malade est très abattu, couché sur le dos, somnolent. Épigastre très sensible.
Point de côté droit accusé par le malade, sans que l'examen du poumon ou du foie révèle rien de particulier.
Urines rares, non ictériques ni albumineuses ; deux selles diarrhéiques dans la soirée.
28 août. Malade moins abattu ; pas de vomissement, ni de diarrhée.
20 août. Il veut quitter l'hôpital, Température : 37 degrés. Encore faible.
Le troisième malade a vingt-quatre ans j il travaille, la nuit, aux Halles. C'est un garçon de robuste conslitution, mais excès alcooliques fréquents ; pas de dyspepsie habituelle. Travaille aux Halles de 9 heures du soir à 8 heures du malin, dort le jour.
Le mercredi 26 août, il mange quelques fruits et boit 1 litre de vin dans l'après-midi. A 7 heures du soir, il dîne comme d'habitude, mange encore des fruits, et se prépare à travailler. A 9 heures, déjà un peu malaise, il se refroidit en sortant de chez lui. A 11 heures, il a un premier vomissement de matières alimentaires ; puis, quelques minutes après, il a des vomissements bilieux. Il rejette tout ce qu'il boit et, à 1 heure du matin, il peut à peine tenir debout. Il se fait presque porter cJiez lui par deux camarades, qui l'avaient conduit chez un marchand devin. Il boit du thé au rhum dans la nuit, mais continue ù vomir tout ce qu'il prend.
Il est amené à Necker le jeudi 27, dans l'après-midi. Il ne peut tenir debout. Il se plaint de vives crampes dans tout le ventre, et de nausées. Il n'aurait eu que deux selles diarrhciques depuis la veille.
Température : 36°, 8. Pouls : 84, petit, faible.
Yeux excavés, faciès tiré. Abattement profond, ventre déprimé.
Extrémités refroidies, mais pas de crampes.
Le malade a encore un vomissement dans l'après-midi.
Glace, lavement laudanisé, Todd.
28 août. Le malade a dormi (température : 36», 5), n'a pas eu de nouveau vomissement ; il est encore très abattu.
29 août. Température : 36", 6. Le malade retourne chez lui, les jambes encore faibles.
Ces trois malades ont guéri par une médication des plus simples ; mais il n'en est pas toujours ainsi. Chaque année, il y a de ces cas de choléra qui sont mortels, et les malades succombent comme on meurt dans les cas de choléra dit « indien ».
C'est qu'il y a, en effet, une série morbide naturelle, constituée par le choléra infantile, le choléra morbus européen et le choléra morbus asiatique.
La suite des faits nous le fera voir ; mais, auparavant, reve*