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DOULEUR DU PLEXUS CARDIAQUE

gauches des plaques alhéromateuses ou calcaires qui rétrécissent leur orifice.

A l'auscultation, nous entendons, à la région aortique, un double souffle, l'un systolique dû aux rugosités de la tunique interne, l'autre diastolique dû à l'insuffisance aortique.

Par la percussion sur les troisièmes côtes gauche et droite, et sur la portion du sternum correspondante, la matité aortique, chez une femme saine, a une étendue habituelle de 2 centimètres et demi ; cette matité atteint 3 centimètres chez les femmes de grande taille, et 3 centimètres et demi chez celles qui ont eu plusieurs enfants; or, chez notre malade, la matité aortique a une étendue de 62 millimètres. L'aorte est donc très dilatée.. Vous avez pu remarquer qu'en percutant on provoque une douleur d'autant plus vive qu'on s'approche de la zone de matité ; c'est là une règle qui souffre peu d'exceptions ; dans l'aortite, la percussion provoque de la douleur ; quelquefois même la douleur s'étend en dehors des zones de matité en raison du rayonnement de la phlegmasie.

Nous avons aussi constaté une augmentation considérable de < la matité cardiaque, et, comme le choc du cœur est énergique, nous en avons conclu que le cœur était hypertrophié. Mais, par contre, vous avez pu remarquer que la percussion de la région précordiale ne provoquait pas de douleur.

En explorant systématiquement, avec l'index, la sensibilité par le palper ainsi localisé, on provoque de la douleur au niveau des premier, deuxième et troisième espaces intercostaux, mais on n'en trouve pas au niveau des quatrième et cinquième. Cette femme souffre donc de son aorte, mais non pas de son cœur.

J'ai soumis la malade à l'usage de l'iodure de potassium; je lui ai fait appliquer des vésicatoires et des pointes de feu sur la région préaortique ; je mettrai même un cautère à la pâte de Vienne qu'on entretiendra avec un pois. Dans les paroxysmes douloureux, on pratique une injection sous-cutanée de chlorhydrate de morphine, à la dose de 1, 2 et quelquefois 3 centigrammes, et la malade vous a dit elle-même combien la morphine la soulageait.

Peter. ~ Clin, méd, ,,, tn

6iC QUELQUES FAITS DE CARDIOPATHIE.

Cola (UL, je veux vous parler de la pathogénie de l'angine de poitrine.

Dans ma naïveté, j'avais cru naguère que ce point de doctrine était fixé par quelques recherches que j'avais faites. Je pensais avoir établi que le syndrome de l'angine de poitrine, exprimant la souffrance des nerfs du cœur (comme Laënnec et Gintrac l'avaient entrevu), était lié tantôt à une névralgie, tantôt à une névrite du plexus cardiaque; et j'avais décrit une angine par névralgie et une angine par névrite.

Voici, en effet, la démonstration analomique faite par moi à l'hôpital de la Charité sur deux sujets qui, atteints d'aorlite thoracique, avaient succombé à une angine de poitrine : il y avait lésion non douteuse des nerfs cardiaques ; il existait des adhérences fibreuses entre le péricarde pariétal, le péricarde viscéral périaortique et la tunique externe de l'aorte; le plexus cardiaque, englobé dans le tissu fibreux néoformé, était fortement injecté. Au microscope, les tubes nerveux apparurent dissociés et enserrés par le tissu fibreux, moniliformes, avec un cylindre-axe rompu ou absent par places, et une dégénérescence de la myéline périaxile.

Donc, à l'aortite avait succédé la périaortite, puis la périnévrite ; et l'altération des nerfs s'était manifestée par l'angine de poitrine.

D'autre part, m'appuyant sur les faits cliniques, j'affirmais que, dans certains cas, il y a une simple névralgie du plexus cardiaque. Ainsi, dans le rhumatisme articulaire aigu, on peut observer de l'angine de poitrine ; la névralgie du plexus cardiaque est due alors à la fluxion rhumatismale dans la région des nerfs du cœur. De même dans l'intoxication par le tabac, dans l'hystérie, dans la grippe même, comme je l'ai montré récemment (1), on peut observer de la névralgie du plexus cardiaque déterminant le même syndrome que la névrite.

L'angine par névralgie n'est ordinairement pas grave; les accès qu'elle détermine ne sont que des menaces de mort.L'an-

(1) Voir plus haut, leçon cvi.

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