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GOITRE EXOPHÏHALMIQUE ET RHUMATISME

A l'entrée de la malade, le visage est très altéré. Les lèvres et la langue sont desséchées, fuligineuses, et la langue est tremblottante. Les articulations des deux genoux, de la main droite, sont gonflées et douloureuses. On y constate de l'épanchement.

La température est de 3Q'',A le matin, de AO degrés le soir. 11 y a dé l'albumine en abondance dans les urines. Le pouls bat 128 pulsations. On porte le diagnostic de rhumatisme à tendance infectieuse.

Comme traitement, potion de Todd avec extrait de quinquina. Sulfate de quinine, 25 centigrammes.

Jusqu'au 11 novembre, la malade est sensiblement dans le même état ; on la maintient au même traitement.

Le 12 novembre, les jointures sont dégonflées, les douleurs moins vives ; la fièvre est moindre : 38<',4; mais le pouls est toujours à 128.

C'est alors qu'un certain nombre de faits nouveaux attirent notre attention.

Nous constatons d'abord que la malade a un goitre assez volumineux, qa'elle avait dissimulé dès son entrée avec le plus grand soin.

Puis nous remarquons que les globes oculaires sont nettement projetés en avant.

Pourtant la malade ferme bien ses paupières; les pupilles ne sont pas dilatées. Mais il est certain qu'il y a dans le regard quelque chose d'anormal, d'étrange.

La malade éprouve en outre des palpitations. L'impulsion du cœur est énergique. Lapointe bat sur la ligne axillaire antérieure. Il y a un léger souffle milral au premier temps.

Le pouls est toujours très fréquent et oscille entre 100 et 128, chiffre souvent constaté.

Notons encore que de temps à autre les malléoles présentent un peu d'œdème sans douleur.

Les battements des carotides sont très apparents. Les jugulaires sont dilatées et flexueuses. Pas de pouls veineux.

Enfm agitation nerveuse se traduisant par une volubilité de

langage extrême, par un peu d'embarras de la parole, par le

tremblement de la langue. D'ailleurs, en mettant les mains de Petisr. — Clin, méd. ,„

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la malade sur les épaules, on constate qu'elle est agitée d'un tremblement général, que tout son ôtre vibre en entier.

Kniin, et bien qu'elle ait cessé de souffrir, cette malade est immobile, et comme ligée dans son lit ; on la dirait atteinte de paralysie généralisée; par le fait de cette immobilité, il se forme même une eschare au sacrum.

Le 2 décembre, la malade se meut plus facilement, et comme l'eschare s'est étendue, on la place quelques heures sur un fauteuil.

Peu à peu l'amélioration de l'état général s'accentue. L'état nerveux est moindre, mais le cœur est toujours déchaîné, le pouls à 120, les yeux saillants et le goitre immuable.

Le 2 janvier, cette femme sort très améliorée; elle marche sans difficulté, et c'est elle qui demande sa sortie quand elle voit le service encombré parles grippées.

Une fois sortie, elle écrivit fi mon chef de clinique, M. Marfan, et à moi, des lettres qui sont bien caractéristiques de son état mental impulsif, et dont je vais vous citer quelques extraits :

tt Elle ne peut résister au besoin de son cœur, qui est de témoigner sa reconnaissance à M. Marfan, dans les termes les plus vifs. — Elle l'appelle tantôt « docteur» et tantôt « directeur », puis elle ajoute à mon adresse :

«J'avais tout d'abord une peur respectueuse de M. le professeur Peter, quand il m'auscultait d'un air moitié sérieux, moitié narquois, « d'un air un peu grand seigneur » , expliquant à ses « courtisans » (les internes) les phases de telle maladie, ou les symptômes de telle autre ! — M. Peter m'a surtout taquinée à cause de mon gros cou, que j'eusse voulu que l'on ne vit pas du tout — coquetterie de femme ! »

11 n'y a là que de l'exalta Lion assaisonnée d'esprit, exaltation que la reconnaissance peut expliquer; mais voici que six jours plus tard elle éprouve le besoin de m'écrire, et cela le croiriezvous, à propos de questions doctrinales !

Jugez plutôt :

« N'est-il pas vrai, là, mais vrai sans réplique possible, que vous croyez, monsieur Peter, au microbe, cette petite bestiole, ■qui entre dans nos poumons sans nous dire gare encore, ricû-'

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