‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 33 sur 287 · ADDITION A CETTE LEÇON · texte numérisé non relu

ADDITION A CETTE LEÇON

La rage Iiuinaînc avant et après les iuuculatiuus antirabiques.

DIurtalitê toujours la même avec et malgré ces inoculations (le tout d'après les chiffres offlcicls).

J'ai dit, redit, professé, que les inoculations prétendues antirabiques de M. Pasteur étaient, en principe, un nonsens et seraient, en pratique, une déception ; voici pour le prouver :

Avec une sincérité qui l'honore, mon savant collègue M. Dujardin-Beaumetz donne (1) les chilTres suivants pour la mortalité par la rage humaine dans le département de la Seine durant ces dix dernières années :

En 1880 4

cas.

Voici donc les chiffres officiels; or, si l'on compte la somme des cas de rage dans les quatre années qui ont précédé l'application de la méthode Pasteur, on a :

En 1882 o

38 eus.

(1) Rapport officiel au préfet de police, avril 1890.

Et si l'on fait la somme des cas de rage pendant les quatre années oîi l'on a fait l'application de cette méthode, on a :

En 1880 :i cas.

37 cas.

Mais le plus original et le plus démonstratif à la fois, c'est que la somme des cas des quatre années 1880, i88I, 1882 et 1883, est également de 38 :

En 1889 • 4 cas,

38 cas.

Ain^i, pour la Seine :

38 cas pour 4 ans avant Pasteur.

37 cas pour 4 ans depuis Pasteur.

Est-il possible de fournir une preuve plus éclatante de l'inanité de la méthode ?

D'ailleurs, les chiffres de M. Dujardin-Beaumetz ne présentent pas ce seul intérêt : on y voit qu'après des années où la mortalité par la rage est assez faible et relativement comparable (3 cas, 4 cas, 6 cas, 9 cas), la mortalité s'élève tout à coup dans des proportions également comparables (19 cas, 21 cas, 22 cas); et cela après des périodes sensiblement les mêmes de trois ou de quatre années. 11 est difficile de ne pas voir là une influence sidérale et la spontanéité de l'organisme vivant. Ce ne sont cependant pas les conclusions de M. Dujardin-Beaumetz, qui dit :

« Gomme la spontanéité n'existe pas pour la rage et^que les influences almospkériques et telluriques n'ont aucun rôle dans son développement, il faut bien admettre , pour expliquer les différences si tranchées, au point de vue de la rage, des années 1888 et 1889, qu'elles résultent de la sévérité plus ou moins grande que l'Administration a mise à e,xécuter la loi qui veut que tout chien

Page 1