‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 34 sur 287 · INEFFICACITÉ DES INOCULATIONS ANTIRABIQUES · texte numérisé non relu

INEFFICACITÉ DES INOCULATIONS ANTIRABIQUES

mordu par un animal enragé soit déclaré et immédiatement abattu. »

Il y a là une double pétition de principe : d'une part la négation (négation sans preuve) de la spontanéité du développement de la rage chez le chien, et, d'autre part, la négation (également sans preuve) de l'influence des modifications atmosphériques sur ce développement. Aussi M. Dujardin-Beaumetz est-il entraîné à admettre, sans conviction d'ailleurs, une sorte d'intermittence dans le zèle de l'Administration, intermittence qui expliquerait la différence de mortalité pour 1888 et 1889 (où il y a 19 cas, puis 6 cas). Eh bien, n'est-ce donc pas la même chose pour 1880 et 1881 (où il y a 4 cas, puis 21 cas) et pour 1884 et 1885 (où il y a 3 cas, puis 22 cas)?

Faut-il donc admettre aussi la périodicité dans l'intermittence du zèle de l'Administration, une périodicité qui serait tantôt tierce et tantôt quarte?

Mais voici où l'intérêt est à son comble, et toujours de par les citations textuelles de M. Dujardin-Beaumetz ;

« Les observations de rage humaines faites en 1889 à Paris comprennent trois enfants et trois adultes,

« Sur ces SIX personnes qui ont succombé à l'hydrophobie rabique, trois avaient suivi le traitement, trois ne s'étaient pas présentées à l'Institut Pasteur. »

Voilà qui est brutal, et après quoi, si l'on n'est pas édifié sur le néant de la méthode Pasteur, c'est que l'on a sur les yeux les écailles dont parle l'Écriture !

Du reste, ce néant de la méthode est implicitement et mélancoliquement confessé par le rapporteur lui-même, qui termine en disant que « le traitement de Pasteur n'empêche pas la persistance de la rage : pour la supprimer, il faudrait, ajoute-t-il, que les prescriptions de la loi du 21 juillet 1881 et du décret du 22 juin 1882 fussent rigoureusement appliquées ».

Alors à quoi bon les inoculations antirabiques ?

En résumé, les chiffres officiels nous apprennent que la mortalité par la rage, à Paris, était de 38 par période de quatre années avant Pasteur, et qu'elle a été de 37 pour les quatre années où sa méthode a été appliquée.

Peter. — Clin. méd. ,„ o.

1s PATHOLOOIK GÉNÉRALE CLINIQUE.

Quel résultat après de telles promesses !

Je dis maintenant que ce chiffre de 37 est trop bas, parce que, involontairement peut-ôtre, on n'a pas fait figurer dans les statistiques officielles mortuaires de la rage les cas de mort par i^age paralytique à forme dyspnéique, cas oîi le pneumo -gastrique pulmonaire est frappé de paralysie, et oti l'on met sur l'étiquette du cercueil de l'inoculé lapinien : « congestion pulmonaire », au lieu de « paralysie rabique du poumon », qui est le fait vrai.

Qu'y a-t-il à dire de plus et de plus convaincant?

6 juillet 1890.

MiOROfiES ET ALCALOÏDES. 49

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