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CE QUE VAUT LA LYMPHH DE KOCH

Or, voici que les parasilistes sont forcés de reconnaître que le môme microbe peut ôtre « saprogène » (ou bienfaiteur) et «pathogène « (ou malfaiteur) ; que vous et moi nous avons normalement dans l'intestin le bacille de la dothiénentérie et dans la bouche celui de la diphlhérie (justifiant ainsi le dogme fondamental d'Hippocrate : Quse faciunl in dominé sano acliones sanas, eadem in jîgroto morbosas » . — Quse, c'est le microbe ou la cellule vivante, qui ne peuvent rien sans la prédisposition du Lout organique : homo sanus ou wgrotus).

Bien plus, les parasitistes reconnaissent aussi que des alcaloïdes toxiques sont normalement engendrés par les cellules vivantes, en dehors de toute action microbienne.

Vous voyez que les premiers pas sont faits et que nous finissons par nous accorder.

P. 5. — Le.S décembre 1890, quinze jours après mes réserves du 20 novembre, mes collègues des hôpitaux, les docteurs Ferrand, Guffer et Thibierge, sont venus révéler à la Société médicale des hôpitaux de Paris les résultats déplorables de la prétendue médication antiphthisique de Koch.

M. Perrand a démontré qu'aucun des faits observés à Berlin ne permet d'attribuer à ce remède (?) mystérieux une puissance curative dans la phlhisie, et que, par conséquent, une prudente réserve est de rigueur.

Dans le service du professeur Senator, M. Guffer a vu plusieurs cas de phthisie pulmonaire évoluer avec une marche extrêmement rapide à la suite des injections de la lymphe de Koch, bien que celles-ci eussent été pratiquées avec toute la prudence possible. C'est ainsi qu'elles ont provoqué une phthisie galopante, à forme broncho-pneumonique avec fièvre intense, — qui a enlevé rapidement une femme de quarante-deux ans chez laquelle rien de semblable n'existait avant les injections. Dans d'autres cas, sans aller jusqu'à entraîner la mort hic et nunc, l'aggravation a été manifeste. Les signes slélhoscopiques du ramollissement

pulmonaire ont augmenté^ ainsi que les bacilles dans l'expectoration.

Mêmes résultats déplorables dans certains cas de pleurésie. Ainsi, sur un malade qui présentait simplement un léger point pleurétique à la base du poumon gauche, la première inoculation amena une prostration extrême et une douleur tellement atroce, que le professeur Senator pensa un moment à une gangrène pulmonaire et pleurale.

En désespoir de cause, on affirmait que, si la tuberculose pulmonaire résistait aux inoculations virulentes, au moins la tuberculose cutanée, le lupus, était guéri par elles. Or, il n'en est rien. En effet, M. Thibierge n'a pas vu à Berlin un seul cas de lupus guéri, el cela même chez des malades inocules dès le début des expériences, c'est-à-dire depuis plus de deux mois. Pour un cas présenté comme exemple de guérison, il ne lui fut pas difficile de mettre en évidence de petits nodules ayant tous les caractères des tubercules lupiques.

Enfin, et pour couronner l'œuvre, une jeune fille de dix-sept ans, atteinte de lupus, a succombé à Insbruck, .en Autriche, trente-six heures après la première injection qui avait été faite sur elle avec la lymphe de Koch. — Deux autres lupeux sont morts ainsi à Bâle et à Bruxelles !

On croira difficilement, dans une vingtaine d'années, à toutes ces témérités homicides de la pathologie expérimentale (1) !

(l) Voir, à la fin du volume, les Pièces justificatives.

LA CELLULE EST CltÉATHlCE.

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